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DESTROYER de Karyn Kusama : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Destroyer
Mère : Karyn Kusama
Date de naissance : 2018
Majorité : 20 février 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h03 / Poids : NC
Genre : Polar

Livret de famille : Nicole Kidman, Toby Kebbell, Tatiana Maslany…

Signes particuliers : Nicole Kidman comme on l’a jamais vu (et quelque part, tant mieux).

UN POLAR QUI S’AUTODÉTRUIT

LA CRITIQUE DE DESTROYER

Synopsis : La détective du LAPD Erin Bell a jadis infiltré un gang du désert californien, ce qui a eu de conséquences dramatiques. Lorsque le chef de la bande réapparaît, elle doit fouiller dans le passé pour se défaire de ses démons.

Lorsqu’elle s’est révélée avec son Girlfight aux débuts des années 2000, Karyn Kusama était une cinéaste prometteuse que l’on avait envie de suivre et de voir grandir pour affirmer son talent entrevu. Malheureusement, non seulement la réalisatrice américaine ne confirmera jamais mais pire, son nom deviendra synonyme de crainte. Entre le franchement moyen Aeon Flux, le médiocre Jennifer’s Body et l’oubliable The Invitation, la carrière de Kusama ne plaide pas vraiment en sa faveur au moment d’aborder Destroyer, un thriller sombre et nihiliste censé relancer une Nicole Kidman à la ramasse depuis quelques années en lui offrant un rôle intense dans lequel elle pourrait briller à nouveau. La star y incarne une agent du LAPD qui a jadis infiltré un gang de braqueurs californiens, et qui porte aujourd’hui sur elle et en elle, les cicatrices d’une issue dramatique. Lorsque le chef de la bande réapparaît 15 ans plus tard, Erin Bell va partir en croisade et devoir affronter ses vieux démons.

Construit à cheval sur deux temporalités (voire plus) qui se répondent pour dessiner en flashback le panorama complet de l’histoire anxiogène qu’il orchestre, Destroyer essaie de se montrer moderne en se la jouant façon True Detective. Malheureusement, Karyn Kusama n’a pas le talent nécessaire pour tenir son ambitieuse narration et Destroyer va s’effondrer comme un château de cartes soufflé par le vent de la nanardisation. Les premières cartes à s’écrouler sont ses fameux espoirs de modernité qui chutent d’emblée, plombés par une mise en scène poussiéreuse et sans la moindre inspiration, laquelle ne réussit jamais à mettre en valeur les qualités d’un script pourtant intéressant et à fort potentiel, mais qui se voit réduit à néant à l’écran. Non sans une légère prétention fort déplacée, Kusama explique avoir voulu faire un film dans la veine de Serpico et French Connection. Rien que ça. On en rigole encore car rien n’est virtuose dans ce film en papier mâché qui transpire l’artificialité à chaque instant au point que l’on n’y croit pas. On ne croit pas en cette histoire mal fagotée qui étire l’inintéressant et oublie de développer ce qui aurait mérité de l’être, on ne croit pas en ce background balancé sans finesse ni intelligence, pas plus que l’on ne croit en cette anti-héroïne scarifiée par son passé. D’autant que Kusama empile à l’excès les motifs glauques pour bien pointer du doigt son désespoir. A l’écran, Nicole Kidman en fait des tonnes pour interpréter les lignes descriptives d’un scénario sur-écrit, visage défoncé, air hagard, démarche zombiesque, façon de parler hébétée. On a assez vite compris mais le film semble nous prendre pour plus débiles que nous sommes et continue d’en rajouter des couches et des couches au point que la tartine au beurre ressemble plus à du beurre à la tartine. Et si Kidman tente de surnager comme elle peut avec une sincérité que l’on veut bien admettre, rien ne va l’aider dans cet interminable thriller écrasé par ses mauvais choix. Comme de grossières facilités d’écriture, comme une construction foutrement mal conduite, comme un rythme aux abois, comme un terrible manque d’épaisseur et une inconstance tragique pour agencer son désordre narratif. Petit à petit, Destroyer glisse du thriller moyen vers le nanar souffreteux, qui pardessus le marché se croit malin avec son twist de fin, là où il n’est qu’un effort mineur qui s’oublie assez vite, bien plus vite qu’il ne se regarde malheureusement du haut de son intrigue faussement complexe et en réalité très bête quand on la remet à plat. Du vieux cinéma pataud et ampoulé qui regarde de loin les modèles qu’il voudrait tutoyer, sans vraiment les comprendre.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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