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Nom : The Mummy
Père : Lee Cronin
Date de naissance : 15 avril 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : USA
Taille : 2h14 / Poids : NC
Genre : Horreur
Livret de Famille : Jack Reynor, Laia Costa, May Calamawy, Nathalie Grace…
Signe particulier : Très sanglant.
Synopsis : Une jeune fille disparue dans le désert égyptien réapparaît mystérieusement huit ans plus tard. Mais les retrouvailles tournent vite au cauchemar. Alors que son comportement devient de plus en plus inquiétant, sa famille se lance dans une course contre la montre pour comprendre l’origine du mal. Ce qu’ils vont découvrir dépasse tout ce qu’ils imaginaient.
LA MOCHE AU BOIS DORMANT
NOTRE AVIS SUR LE RÉVEIL DE LA MOMIE
Vu de loin, pas grand-chose n’inspirait confiance sur ce Réveil de la Momie, nouveau film d’épouvante distribué par Warner Bros. Blumhouse à la production, un marketing qui tente de se raccrocher aux branches à succès de la saga Conjuring, un film montré tardivement et en catimini à la presse… L’affaire démarrait mal, sachant qu’avec Jason Blum, il y avait 9 chances sur 10 de se retrouver avec une série B molle de l’horreur et calibrée pour les ados prépubères en mal de petits frissons gentillets. Et le coup du « Par le studio qui vous a présenté Conjuring » sonnait un peu comme un aveu de « On ne sait pas trop comment vous vendre la chose alors on vous dégaine un film que vous connaissez tous histoire d’appâter le chaland ». Alors que concrètement, Le Réveil de la Momie n’a strictement rien à voir avec le Conjuring-verse et ses spin-of daubés en sauce (les Annabelle, La Malédiction de la Dame Blanche).
Mais vu de près maintenant, deux choses intriguaient. D’abord, le nom de Lee Cronin aux manettes. Le jeune cinéaste irlandais avait fait bonne impression avec son premier long, The Hole in the Ground en 2019, avant de malheureusement décevoir quatre ans plus tard avec son Evil Dead Rise néanmoins bourré de bonnes intentions. Et puis il y a eu cette info transmise quelques jours avant la sortie. Le Réveil de la Momie est si violent qu’il vient d’être classé « Interdit aux -16 ans ». Un film d’horreur hardcore par Lee Cronin avec quand même James Wan parmi les coproducteurs ? C’est beaucoup mieux vu comme ça.
Au Caire, la fille d’un couple d’américains disparaît, kidnappée par une mystérieuse femme. Huit ans plus tard, la petite Katie est retrouvée. Du moins ce qu’il en reste. Les retrouvailles familiales vont vite tourner au cauchemar car l’enfant semble possédée par un Mal puissant et destructeur. Une sombre histoire de momie ancestrale dit-on…

Alors, ce Réveil de la Momie, énième pantalonnade semi-horrifique qui n’a d’horrible que l’aspect ou vrai film d’épouvante à la personnalité racée qui réveille vraiment la flippante figure égyptienne ? Clairement, l’interdiction aux moins de 16 ans fait toute la différence. Tombé dans la marmite du cinoche de genre quand il était petit, Lee Cronin a une haute opinion de l’horreur et se verrait bien devenir un de ces masters of horror qui fait claquer des dents les spectateurs en leur imprimant des images inoubliables dans le crâne. Si Le Réveil de la Momie ne surprend guère par son intrigue somme toute assez convenue ou son imagerie qui récite des scènes graphiques que l’on a déjà beaucoup vu ces temps-ci, il surprend en revanche par son horreur franchement craspec multipliant les scènes vraiment dégueu. Dès sa scène d’introduction, Lee Cronin donne le ton avec un gore bien rouge vif teinté d’un petit côté old school. La suite donnera moins dans la bisserie vintage mais les effets oscilleront quand même entre le grand-guignolesque à la Lucio Fulci et le crado moderne aux plans flippants et surtout sacrément sanglants. Le cinéaste ne se retient vraiment pas et lâche les chevaux -probablement encore influencé par son amour pour Evil Dead– larguant généreusement une horreur viscérale et répugnante. De quoi donner une identité au film à l’heure où trop de productions sont standardisées et lisses comme le cul d’une princesse Disney.
Pour le reste, car se contenter de produire des images ragoûtantes n’est pas une fin en soi, Le Réveil de la Momie tente de porter des intentions, s’appliquant notamment à imposer une tension macabre lorgnant du côté de La Malédiction ou de L’Exorciste, et surtout à respecter une efficacité plutôt bien tenue, seulement gênée dans sa marche en avant par des longueurs d’avance prévisibles. 2h15 affichées au compteur, c’est long. Beaucoup trop long. Une durée identique à celle du dernier opus de la saga Conjuring (puisqu’on la convoque dans la promo) dont on avait déjà pointé du doigt le pesant étirement. Lee Cronin aurait très certainement gagné à couper un peu pour aller davantage droit au but mais il a au moins le mérite d’essayer de poser sa mythologie modernisant le mythe de la momie, et de planter des personnages auxquels on s’attache.
À l’arrivée, on craignait le pire avec cette résurrection qui se devait de faire oublier la connerie avec Tom Cruise il y a 9 ans et sa momie plus sexy que terrifiante. Ici, pas de Sofia Boutella sous bandelettes mais une gamine incroyablement flippante (excellente Nathalie Grace), porteuse de la malédiction au plus profond de sa chair. Lee Cronin noue son angoisse horrifique sur un solide récit de deuil familial qui fonctionne bien, à l’image de ce Réveil de la Momie finalement, qui se suit sans déplaisir. C’est pas brillant, c’est pas spécialement novateur, c’est assez prévisible, c’est indéniablement trop long, mais les amateurs d’horreur rentre-dedans auront quelque chose à se mettre sous la dent.
Par Nicolas Rieux

