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MATA de Rachel Lang : la critique du film

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Nom : Mata
Mère : Rachel Lang
Date de naissance : 27 mai 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h49 / Poids : NC
Genre : Thriller, Espionnage

Livret de Famille : Eye HaïdaraJoséphine JapyRaphaël Personnaz, Chloé Jouannet, Hakim Jemili, Mélanie Laurent…

Signes particuliers : Efficace, oubliable.

Synopsis : Blessée lors d’une opération clandestine au Niger, MATA, agente du service action de la DGSE, perd la trace d’ANTOINE, son compagnon capturé sur place. À son retour, elle est affectée à la Sécurité Intérieure du Territoire et se saisit d’une mission de contre-espionnage dans les Alpes : une ombre semble relier ce dossier à l’embuscade en Afrique. Convaincue que ses supérieurs lui dissimulent des informations et hantée par la captivité d’Antoine, elle se lance dans une course contre la montre, hors de tout cadre officiel… au risque de tout perdre.

CLASSÉ CONFIDENTIEL

NOTRE AVIS SUR MATA

Avec Mon Légionnaire il y a cinq ans, Rachel Lang explorait déjà la thématique de ces hommes ou femmes engagés pour la France, qui sacrifient parfois leur vie ou leur famille pour accomplir avec dévotion leur devoir envers la patrie. Après le monde opaque des légionnaires, c’est celui encore plus opaque des services de renseignement qui intéresse la cinéaste avec Mata (prénom très équivoque renvoyant à la célèbre Mata Hari).

Thriller d’espionnage sous tension et minutieux dans son regard, Mata suit le parcours d’une agent du service Action de la DGSE. Blessée lors d’une mission clandestine au Niger, Mata est rapatriée en France alors que son partenaire a été capturé. Le temps de sa convalescence, elle est affectée à une mission de formation à la Sécurité Intérieure. Une position frustrante alors qu’elle ne désire qu’une chose, prendre part aux opérations pour libérer son compagnon d’arme. Rongeant son frein, elle se saisit d’une mission de contre-espionnage… et va vite réaliser qu’un lien existe entre les deux affaires. Il semble évident qu’on lui cache des choses car elle n’est qu’un petit maillon d’une grande mécanique qui la dépasse.

Loin des séries B d’action modernes à la Taken, Mata entend s’inscrire dans le pur thriller d’espionnage tout en se gardant un angle plus intimiste teinté de drame personnel. Rachel Lang ne s’éparpille pas dans les péripéties artificielles et s’applique à tenir sa démarche ne cherchant pas l’énergie spectaculaire mais la tension rampante habitant des couloirs occultes où la politique officieuse déverse ses répercussions. Ainsi, Mata se suit surtout pour sa proposition sur les coulisses effectifs du pouvoir, là où des hommes et des femmes se retrouvent confrontés à des choses qu’ils aimeraient comprendre mais qui les dépassent car les liens tissés remontent jusqu’à des sphères auxquelles ils n’ont pas accès. On a souvent vu au cinéma ce ressort du simple flic qui se retrouve sur la route d’enjeux touchant à la sécurité nationale et aux secrets défense. Ce qui est intéressant avec Mata, c’est que Rachel Lang ne cible pas justement un « simple flic face à une conspiration qui le dépasse » mais une héroïne qui a un pied dans ce monde des secrets… Un pied, mais pas le deuxième. Son devoir commence là où elle a été assignée et doit se finir dans un cadre limité et cloisonné. Au-delà, ce n’est pas pour elle. C’est agaçant, frustrant, mais c’est ainsi. Mata est le portrait de héros qui dévouent leur vie à la Nation… tout en ayant conscience que la Nation n’a pas à se dévouer à eux.

Globalement, Mata se suit sans déplaisir, misant essentiellement sur son enquête tortueuse naviguant les yeux bandés dans un univers opaque où les mystères sont nombreux, car il est difficile de voir l’entièreté d’un puzzle quand on ne dispose que de quelques pièces. Bien ficelé, le film de Rachel Lang entretient un bon suspense et s’appuie sur sa solidité générale. Néanmoins, l’écriture reste cousue au gros fil avec son lot de rebondissements et de clichés, et le long-métrage demeure au final assez anecdotique. Mata ne marquera certainement pas l’année mais il captive sur l’instant, porté par sa bonne distribution (Eye Haïdara, Joséphine Japy, Raphaël Personaz notamment).

 

Par Nicolas Rieux

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