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LES MAÎTRES DE L’UNIVERS de Travis Knight : la critique du film [Prime Video]

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Nom : Masters of the Universe
Père : Travis Knight
Date de naissance : 22 juillet 2026
Type : disponible sur Amazon Prime Video
Nationalité : USA
Taille : 2h12 / Poids : 170 M$
Genre : Fantasy, Action, Comédie, Science-fiction

Livret de Famille : Nicholas GalitzineCamila Mendes, Jared Leto, Idris Elba, Alison Brie, Kristen Wiig, James Purefoy, Morena Baccarin…

Signe particulier : Fibre nostalgique touchée.

Synopsis : Le Prince Adam se transforme en un guerrier appelé Musclor, et devient le dernier espoir du pays magique d’Eternia, ravagé par la technologie et le maléfique Skeletor.

PAR LE POUVOIR DU CRÂNE ANCESTRAL !

NOTRE AVIS SUR LES MAÎTRES DE L’UNIVERS

De Barbie à Musclor. Les jouets de Mattel continuent de prendre vie en chair et en films au cinéma. Pour toute une génération née dans les années 70-80, Les Maîtres de l’Univers, c’est ultra-culte. Pour certains, cela évoque les célèbres figurines articulées ou les mini-comics qui allaient avec. Pour d’autres, ce sera le dessin animé narrant les aventures de Musclor contre Skeletor. Pour d’autres encore, ce sera le jeu vidéo sur Atari ou le nanar cinématographique de 1987 avec Dolph Lundgren. Oui, la licence a déjà connu plusieurs vies et la nostalgie actuelle autour des madeleines ayant bercé quantité d’enfances dans les eighties pouvait lui redonner un coup de projecteur. À condition que le projet se concrétise (pas comme les rêvés Rahan de Christophe Gans ou Cobra d’Alexandre Aja). Et à condition qu’il ne se concrétise pas en purge ridicule aussi savoureuse qu’un poireau bouilli à l’eau tiède (style Les Chevaliers du Zodiaque).

Déjà, pour bien commencer sans dérailler au départ, l’idéal et le bon sens indiquaient de choisir un gars qui connaisse et comprenne l’univers qu’il s’apprêtait à adapter. Le choix de Mattel Studios s’est porté sur le talentueux Travis Knight (l’excellent Kubo, la bonne surprise Bumblebee). On valide. Suivait l’épineuse question de la distribution. C’est sur le peu connu Nicholas Galitzine (vu dans des comédies romantiques de plateforme) qu’est tombée l’épée du Prince Adam alias le héros Musclor. Camila Mendes (la série Riverdale) est la sexy Tila, tandis que Jared Leto incarne le méchant Skeletor. Idris Elba, Alison Brie, Kristen Wiig, James Purefoy ou encore Morena Baccarin complètent le voyage au pays d’Eternia.

Eternia, terre de rêve magnifique où tout le monde vivait heureux et en harmonie… jusqu’à ce que débarque le vil Skeletor, désireux de s’emparer de l’épée de Pouvoir. Après un vif combat, Skeletor va prendre possession du Royaume et le transformer en terre de désolation. Seul le jeune prince Adam échappera au chaos, envoyé hâtivement avec l’épée convoitée sur terre, la planète d’origine de sa mère. Quinze ans plus tard, le prince Adam trouve enfin le moyen de rentrer sur Eternia, avec l’ambition de sauver son peuple en devenant le sauveur attendu : Musclor.

Il y avait plusieurs façons d’aborder un tel projet. Celle de Travis Knight était-elle la bonne ? Pas vraiment selon le box office américain, totalement selon les fans et les amateurs qui ont su accueillir avec joie cette adaptation balancée entre la Fantasy, l’action et la comédie. Plutôt que de prendre le truc frontalement avec un premier degré qui n’aurait fait qu’accentuer l’anachronisme de cette adaptation d’un truc trop vintage pour une époque qui a radicalement changé, Travis Knight a choisi la voie de l’humour et préféré jouer la carte du second degré pour ainsi mieux conserver et réfléchir l’essence de Musclor, sans pour autant qu’il ne soit trop ridiculisé par le gap temporel qui sépare son époque de la nôtre. Rien que le nom en dit long… Musclor… si évocateur de puissance et de virilité dans les 80’s, si ridicule, cheap et caricatural aujourd’hui. C’est ce type d’enjeu que Travis Knight devait combattre et c’est ce type de challenges qu’il a su relever. Car qu’on se le dise, Les Maîtres de L’univers est super-cool ! Sans doute l’une des adaptations les plus fun d’un trésor d’enfance non oublié.

Travis Knight a concocté un cocktail dont tous les ingrédients convergent vers la joyeuse détente amusante et régressive, servie dans un verre rétro. Esthétique vintage proche du pastiche kitsch, humour volontairement débile, références en pagaille, générosité du spectacle et des effets spéciaux, Les Maîtres de l’Univers est un savoureux délire qui ne se prend jamais au sérieux mais qui trouve justement dans ce recul, un équilibre entre le respect de l’œuvre originelle et la lecture moderne de ce qu’elle a été et de ce qu’elle représente aujourd’hui. Travis Knight trouve la bonne distance pour signer un bonbon jubilatoire qui iconise tout en se moquant gentiment. Le film évolue en équilibriste sur une étroite ligne de crête. Les Maîtres de l’Univers, c’est quand même l’histoire d’un Prince qui se transforme en héros musclé et fringué comme un Village People grâce à une épée réagissant à une sorte de formule magique. C’est aussi une sorcière, un tigre de combat verdâtre qui parle, un méchant à tronche de squelette, un robot, une guerrière hyper sexy, un combattant qui s’appelle Fisto avec une main métallique surpuissante, un autre qui est monté sur ressorts et file des coups de boule de l’espace.. Comment rester sérieux face à ça ? Et en même temps, c’est toute notre enfance !

Travis Knight opte donc pour ce style quelque part entre Les Gardiens de la Galaxie et le Donjons et Dragons avec Chris Pine. Désamorcer le risible par le rire, désamorcer les moquerie par l’auto-parodie. Et même s’il force un peu trop l’idée en abusant toutes les cinq secondes du « eh t’as vu comme c’est cool ! », force est d’admettre que ça marche. La crédibilité de l’univers passe comme une lettre à la poste parce que la grosse rigolade l’accompagne, et Les Maîtres de l’Univers, c’est au final un peu comme si le Andy de Toy Story ressortait ses vieilles figurines pour s’inventer une histoire de gentils attachants et de méchants manichéens où tout est possible, avec une intrigue légère et des facilités grossières à la pelle. Aucune subtilité, tout est bête et simpliste… mais en vrai qu’est-ce qu’on s’amuse !

Par Nicolas Rieux

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