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EVIL DEAD BURN de Sébastien Vaniček : la critique du film

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Nom : Evil Dead Burn
Père : Sébastien Vaniček
Date de naissance : 08 juillet 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h50 / Poids : NC
Genre : Horreur

Livret de Famille : Souheila YacoubHunter DoohanLuciane Buchanan

Signes particuliers : Une bombe d’horreur !

Synopsis : Après l’enterrement de son mari, Alice se rend dans la maison isolée de sa belle-famille pour partager un dernier repas à sa mémoire. Mais la réunion familiale bascule dans l’horreur lorsque ses proches se transforment en créatures démoniaques. Confrontée à cet enfer, Alice découvre que les vœux prononcés autrefois continuent de la lier à son mari… bien au-delà de la mort.

VANICEK REDONNE VIE A EVIL DEAD

NOTRE AVIS SUR EVIL DEAD BURN

La Mission Impossible du jour : éviter l’emballement sinon la hype s’autodétruira en cinq secondes. Il y a trois ans, l’idée de voir le prometteur Lee Cronin aux manettes d’un nouveau Evil Dead était follement excitante. Pourtant, à l’arrivée, Evil Dead Rise sera une belle bouse frappée du label 100% Inutile. Aujourd’hui, la même idée de voir le franchie Sébastien Vaniček aux commandes d’un nouveau nouveau Evil Dead était encore plus follement excitante. Mais chat échaudé craint l’eau froide comme dit le proverbe, on a donc essayé de tempérer nos attentes. Fort du succès de son excellent Vermines, Vaniček et son talent incontestable ont tapé dans l’œil d’Hollywood, et plus particulièrement dans celui du légendaire Sam Raimi qui a fait des pieds et des mains pour faire venir le français. Mais là où la hype rejoint des promesses vraiment salivantes, c’est que Vaniček n’est pas venu comme un simple exécutant.
Le studio et Sam Raimi ont laissé une grande liberté au jeune cinéaste, qui a pu écrire lui-même son scénario, composer lui-même son casting et gérer lui-même sa direction artistique. Certes, il y aura quelques petites frictions/négociations au moment de causer « final cut » mais le français sortira satisfait de ses victoires. Résultat, on se retrouve avec un Evil Dead Burn conjuguant le meilleur d’Evil Dead et du cinéma de genre français, réalisé par un français, avec une actrice française (la formidable Souheila Yacoub), une B.O rétro invitant Brel ou Alain Barrière, et une histoire qui implique un récit voire des dialogues français. Clairement, Vaniček n’est pas venu jouer les pantins, il a pu imposer sa patte sur ce nouveau volet de la saga horrifique culte. Et on vous le dit tout de suite : quel pied !

Il n’y a rien de plus jouissif que ce moment où une hype colossale est dépassée par le résultat qu’elle promettait. Concrètement, et pour la faire sans détour ni enrobage, on espérait monts et merveilles d’Evil Dead Burn. Eh bien, il est encore meilleur qu’escompté ! Sébastien Vaniček n’a pas vu son talent fondre dans la forge hollywoodienne, au contraire le cinéaste a su le mettre au service d’un film qui fait exactement ce que son prédécesseur n’a pas su faire, renouer avec l’esprit des Evil Dead originels, à savoir un savoureux mélange d’horreur terrifiante, de gore hardcore et d’humour quasi cartoonesque. Evil Dead Burn est une bombe qui vient dynamiter et moderniser la licence en convoquant le plaisir jubilatoire des débuts il y a 45 ans. Sans nul doute, le folie furieuse de Vaniček est le plus Evil Dead des Evil Dead post Sam Raimi. Le film qui a le mieux compris et digéré l’héritage des classiques des années 80, s’y connectant avec une énergie dingue. Même le très bon opus de Fede Alvarez n’avait pas su se hisser à de tels sommets.

Drôle – trash – terrifiant : Evil Dead Burn ressuscite le trio gagnant cher à Sam Raimi. Le film de Vaniček intègre ces préceptes directionnels dans un récit bien écrit et illustre le tout avec une mise en scène que l’on qualifiera sans emphase aucune, de particulièrement inspirée voire géniale ! Entre des séquences horrifiques intenses et très imaginatives, des raccords de montage désopilants, un gestion du suspense et de la terreur aux p’tits oignons et surtout des plans séquences hallucinants et follement immersifs, notamment dans un furieux dernier acte assez dingue de violence déchaînée, Evil Dead Burn est de loin l’un des Evil Dead les plus « aspirant ». Comprenez par là que l’on n’est pas seulement spectateur du film, on est happé sans ménagement dans un roller coaster à sensations fortes semblable à deux heures de cauchemar dans le tambour d’une machine à laver réglée sur fonction essorage maximal.

La force du film est d’avoir su prendre un vrai fond humain et dramatique comme socle (évoquant le déracinement, le deuil, les violences faites aux femmes) et d’y avoir couler par-dessus le délire d’un film profondément fun, qui n’occulte pas les thématiques sociales ou politiques (notamment sur le dévissement de la société américaine) mais qui n’en fait pas non plus une finalité absolue au point de supplanter l’horreur ou d’en dicter la marche. Tout est une question de (bon) dosage sur Evil Dead Burn. Comme celui entre le respect et l’hommage à la trilogie de Sam Raimi et le désir de s’en affranchir un peu pour s’inventer un style propre. Evil Dead Burn n’est pas avare en petits clins d’œil savoureux pour les fans, mais jamais il ne verse dans le fan service étalant une kilotonne d’easter eggs jusqu’à l’overdose pour bien se faire voir de la fanbase. Vaniček s’approprie très personnellement la mythologie de Raimi et fait « son truc à lui ». Les codes sont là, l’essence d’Evil Dead aussi, mais son film n’est ni une redite ni un spin off fade n’ayant rien à ajouter à la saga. L’idée était vraiment de conjuguer un regard français et la puissance horrifique d’Evil Dead. Et le mariage est pleinement réussi. Contrairement à trop de films américains paresseux épousant des formules, Evil Dead Burn repose avant tout sur des personnages prépondérants et écrits avec soin, de sorte qu’ils deviennent les vecteurs principaux du voyage au cœur de l’épouvante. On s’attache ainsi très vite à Alice (Souheila Yacoub), cette Française émigrée aux Etats-Unis dont le destin vire au carnage. Et c’est parce qu’on a une réelle connexion avec elle, que son cauchemar grand-guignolesque (digne de celui de Marilyn Burns dans Massacre à la Tronçonneuse – auquel le film glisse une furtive micro-référence) va être vécu aussi intensément.

D’une séquence introductive viscéralement terrifiante à un final complètement dément de brutalité et d’intensité en passant par une série de séquences dingues ou enragées, Evil Dead Burn déroule l’un des meilleurs films d’épouvante de l’année, voire de ces dernières années. Une pure folie passionnément evildeadesque qui bouscule, horrifie, régale, dérange, amuse. Vaniček signe une sacrée claque jouissive et jubilatoire, aussi brillamment maîtrisée qu’énormément fun. On vous le redit : quel pied !

 

Par Nicolas Rieux

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