Nom : Evil Dead Burn
Père : Sébastien Vaniček
Date de naissance : 08 juillet 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h50 / Poids : NC
Genre : Horreur
Livret de Famille : Souheila Yacoub, Hunter Doohan, Luciane Buchanan…
Signes particuliers : Une bombe d’horreur !
Synopsis : Après l’enterrement de son mari, Alice se rend dans la maison isolée de sa belle-famille pour partager un dernier repas à sa mémoire. Mais la réunion familiale bascule dans l’horreur lorsque ses proches se transforment en créatures démoniaques. Confrontée à cet enfer, Alice découvre que les vœux prononcés autrefois continuent de la lier à son mari… bien au-delà de la mort.

VANICEK REDONNE VIE A EVIL DEAD
NOTRE AVIS SUR EVIL DEAD BURN

Il n’y a rien de plus jouissif que ce moment où une hype colossale est dépassée par le résultat qu’elle promettait. Concrètement, et pour la faire sans détour ni enrobage, on espérait monts et merveilles d’Evil Dead Burn. Eh bien, il est encore meilleur qu’escompté ! Sébastien Vaniček n’a pas vu son talent fondre dans la forge hollywoodienne, au contraire le cinéaste a su le mettre au service d’un film qui fait exactement ce que son prédécesseur n’a pas su faire, renouer avec l’esprit des Evil Dead originels, à savoir un savoureux mélange d’horreur terrifiante, de gore hardcore et d’humour quasi cartoonesque. Evil Dead Burn est une bombe qui vient dynamiter et moderniser la licence en convoquant le plaisir jubilatoire des débuts il y a 45 ans. Sans nul doute, le folie furieuse de Vaniček est le plus Evil Dead des Evil Dead post Sam Raimi. Le film qui a le mieux compris et digéré l’héritage des classiques des années 80, s’y connectant avec une énergie dingue. Même le très bon opus de Fede Alvarez n’avait pas su se hisser à de tels sommets.

La force du film est d’avoir su prendre un vrai fond humain et dramatique comme socle (évoquant le déracinement, le deuil, les violences faites aux femmes) et d’y avoir couler par-dessus le délire d’un film profondément fun, qui n’occulte pas les thématiques sociales ou politiques (notamment sur le dévissement de la société américaine) mais qui n’en fait pas non plus une finalité absolue au point de supplanter l’horreur ou d’en dicter la marche. Tout est une question de (bon) dosage sur Evil Dead Burn. Comme celui entre le respect et l’hommage à la trilogie de Sam Raimi et le désir de s’en affranchir un peu pour s’inventer un style propre. Evil Dead Burn n’est pas avare en petits clins d’œil savoureux pour les fans, mais jamais il ne verse dans le fan service étalant une kilotonne d’easter eggs jusqu’à l’overdose pour bien se faire voir de la fanbase. Vaniček s’approprie très personnellement la mythologie de Raimi et fait « son truc à lui ». Les codes sont là, l’essence d’Evil Dead aussi, mais son film n’est ni une redite ni un spin off fade n’ayant rien à ajouter à la saga. L’idée était vraiment de conjuguer un regard français et la puissance horrifique d’Evil Dead. Et le mariage est pleinement réussi. Contrairement à trop de films américains paresseux épousant des formules, Evil Dead Burn repose avant tout sur des personnages prépondérants et écrits avec soin, de sorte qu’ils deviennent les vecteurs principaux du voyage au cœur de l’épouvante. On s’attache ainsi très vite à Alice (Souheila Yacoub), cette Française émigrée aux Etats-Unis dont le destin vire au carnage. Et c’est parce qu’on a une réelle connexion avec elle, que son cauchemar grand-guignolesque (digne de celui de Marilyn Burns dans Massacre à la Tronçonneuse – auquel le film glisse une furtive micro-référence) va être vécu aussi intensément.
D’une séquence introductive viscéralement terrifiante à un final complètement dément de brutalité et d’intensité en passant par une série de séquences dingues ou enragées, Evil Dead Burn déroule l’un des meilleurs films d’épouvante de l’année, voire de ces dernières années. Une pure folie passionnément evildeadesque qui bouscule, horrifie, régale, dérange, amuse. Vaniček signe une sacrée claque jouissive et jubilatoire, aussi brillamment maîtrisée qu’énormément fun. On vous le redit : quel pied !
Par Nicolas Rieux
