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THE FURIOUS de Kenji Tanigaki : la critique du film

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Nom : The Furious
Père : Kenji Tanigaki
Date de naissance : 10 juin 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : Hong-Kong, Chine
Taille : 1h53 / Poids : NC
Genre : Action

Livret de Famille : Xie MiaoJoe TaslimSahajak Boonthanakit

Signes particuliers : Brutal et spectaculaire.

Synopsis : Après l’enlèvement de sa fille par un réseau criminel et face à l’inaction de la police, Wang Wei se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié, Navin, est un journaliste tenace dont la femme a disparu. Unis par un même désir de vengeance, les deux hommes vont affronter les ravisseurs dans un face-à-face explosif mêlant arts martiaux et justice sans merci.

TOUT EST DANS LE TITRE

NOTRE AVIS SUR THE FURIOUS

Si vous êtes en manque de grosses bourrinades décomplexées à la The Raid et autres John Wick, ne cherchez plus votre prochaine dose, c’est par ici que ça se passe. The Furious, c’est l’excitante promesse -simple et efficace- de deux heures de bastons homériques sur la foi d’un scénario prétexte et anti-poétique. En gros, tout est dans le titre !

Des trafiquants d’enfants kidnappent la gosse d’un chinois muet qui sait se battre. Il part en croisade pour la récupérer et leur foutre la rouste de leur vie. Voilà pour le pitch, merci, au revoir.

Petit bonbon calibré par amuser les fans de films de bastons épiques, The Furious est une question de mélanges. Un mélange d’inspirations d’abord, le film rappelant à la fois The Raid, Taken, Old Boy, John Wick mais aussi les délicatesses indonésiennes style Ong Back ou encore l’indien Kill ou le Farang de notre frenchie Xavier Gens. Mélange des nationalités aussi puisque The Furious est un film hongkongais, réalisé par un japonais, avec des acteurs chinois, indonésiens et thaïlandais… Et enfin, le meilleur pour la fin, mélange des styles de combats. Les clients du genre retrouveront du Wing Chun chinois, du silat indonésien, du karaté japonais et même du judo, art martial trop rare à l’écran et pourtant tellement cinématographique. Un mélange riche et éclectique peu étonnant quand on sait que Kenji Tanigaki est, avant tout, un chorégraphe martial d’expérience et d’exception qui a notamment travaillé avec Donnie Yen sur Blade II, SPL ou Flashpoint ou encore plus récemment sur l’impressionnant City of Darkness de Soi Cheang.

Première minute, première baston fabuleusement chorégraphiée par Tanigaki. Pourquoi perdre du temps quand on peut aller à l’essentiel en ligne droite et sans virages ? Des coups sont assenés, ça se bat à un contre dix, des os se broient, du sang gicle, c’est violent et brutal. Bref, le ton est donné. Le style aussi. Car passée une petite mise en route où le cinéaste va exposer ses quelques personnages et ses enjeux minimalistes, The Furious va reprendre sa marche en avant en appuyant à fond sur le champignon, et au passage justifier pleinement son titre. Furieux, c’est bel et bien le mot qui le caractérise. Plus de 90 minutes d’action non-stop vont se déverser à l’écran à travers des empoignades dantesques d’une violence inouïe, fricotant parfois avec le gore. Le seul maître mot dictant la conduite du film de Tanigaki est le plaisir jubilatoire, étalé à la louche avec fun et générosité. Quand on pense qu’il n’y en a plus, eh bien y’en a encore. Que ce soit de nouveaux méchants à exploser à coups de pieds ou de poings, ou que ce soit de nouvelles bastons qui viennent s’ajouter à toutes les précédentes. Avec, bien sûr, la plus folle et la plus XXL pour la fin, alors que l’on sortait déjà d’une longue séquence ininterrompue et harassante. Complètement taré !

Comme d’autres gourmandises du même genre, The Furious n’a au fond qu’un seul postulat : deux heures à haute intensité où ça se cogne sévère et non stop. Avec une logique de jeu vidéo. Comprenez par là, des niveaux de plus en plus difficiles à un ou deux contre cinq, puis dix, puis trente… Et à la fin, les big boss à dégommer. C’était déjà le principe d’exécution des The Raid il y a quelques années. Et comme pour The Raid, la marque de fabrique est la violence hardcore. Les coups de pieds ou de poings c’est cool, mais les coups de machettes ou de marteaux c’est encore mieux ! Et s’il y a des bouteilles en verre, des échelles ou des vélos, pourquoi bouder son plaisir ? Pas étonnant que The Furious soit aussi sanglant.

Le kiff ultra-régressif aurait pu être parfait si l’entreprise n’était pas un peu lassante sur la durée faute de savoir se renouveler en cours de route. Rares sont les films comme The Raid justement, qui arrivent à se réinventer en chemin pour éviter de tomber dans la redondance. Après plusieurs bagarres épiques, le film de Kenji Tanigaki trahit un peu le fait qu’il n’a plus grand-chose à raconter pour faire progresser son histoire et ses personnages. Et The Furious de commencer à répéter des combats quasi identiques et interchangeables, l’effet d’amusement s’écorne légèrement et le danger de l’ennui point le bout de son museau. Peut-être en était-il lui-même conscient mais toujours est-il que c’est au bout de 1h30 que Tanigaki dégaine alors la bonne idée de vriller vers la folie semi-intégrale. Une folie que l’on aurait aimé voir bien avant. Dans un ultime chapitre brutal (et limite grand-guignolesque) au sein d’un commissariat, le cinéaste lâche enfin les chevaux et embrasse un côté plus délirant dans sa mise en scène comme dans ses chorégraphies. Histoire de finir sur la note la plus optimale possible cette folie hardboiled complètement frappée du ciboulot.

 

Par Nicolas Rieux

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