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LA SAISON DES FEMMES de Leena Yadav : la critique du film

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la_saison_des_femmesMondo-mètre
note 4 -5
Carte d’identité :
Nom : Parched
Mère : Leena Yadav
Date de naissance : 2015
Majorité : 20 avril 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : Inde
Taille : 1h56 / Poids : NC
Genre : Drame, comédie dramatique

Livret de famille : Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte, Surveen Chawla, Lehar Khan, Riddhi Sen, Mahesh Balraj…

Signes particuliers : L’un des beaux coups de cœur du mois !

UNE BIEN BELLE SAISON

LA CRITIQUE

Résumé : Inde, Etat du Gujarat, de nos jours. Dans un petit village, quatre femmes osent s’opposer aux hommes et aux traditions ancestrales qui les asservissent. Portées par leur amitié et leur désir de liberté, elles affrontent leurs démons, et rêvent d’amour et d’ailleurs.la_saison_des_femmes_3L’INTRO :

L’idée commence à être entendue depuis pas mal de temps mais c’est toujours bon de le rappeler, non le cinéma indien ne se limite pas seulement aux longues œuvres chantées d’un Bollywood tout en délicieuse kitscherie. A l’image d’un pays aux mille visages, la production cinématographique indienne embrasse plusieurs facettes et de cette diversité, naît régulièrement quelques pépites qui parviennent à traverser les frontières. C’est le cas de La Saison des Femmes, succulente comédie dramatique réalisée par la cinéaste Leena Yadav.la_saison_des_femmes_6L’AVIS :

La Saison des Femmes n’est pas une ode aux femmes, c’est une ode à LA femme. La femme courageuse, la femme qui écoute, la femme qui rayonne, la femme qui est belle, la femme qui vit, qui fait vivre, qui épaule, qui enfante, la femme-épouse, la femme-amie, la femme-mère ou la femme de foyer, la femme qui encaisse, la femme qui travaille dur, la femme féminine, la femme qui aime, la femme qui se cache, la femme qui fantasme ou qui respecte ses devoirs, la femme bienveillante, la femme moderne, la femme qui veut vivre, qui vit ou qui rêve de vivre… Inscrite dans une démarche engagée visant à donner la parole à toutes ces femmes victimes d’une Inde encore trop enfermée dans sa vision d’une société patriarcale voire phallocratique, Leena Yadav signe un film social et progressiste, véritable hymne à la liberté dénonçant la condition difficile voire tragique de cette gente féminine pour laquelle le bonheur n’a pas le droit d’être une finalité, ni même un souhait lointainement espéré. Et pourtant, « Nous aussi on veut notre part de bonheur ! » s’exclame puissamment l’une des héroïnes de La Saison des Femmes, portrait absolument magnifique et bouleversant de quelques figures d’un village reculé de l’Inde, encore régi par un conseil d’hommes et par un traditionalisme archaïque et révoltant. Mais parce que le cinéma combattif et « en réaction », ici défendant le droit des femmes face aux oppressions diverses, n’a pas à forcément rimer avec lourdeur et austérité, Leena Yadav signe une pépite pleine de douceur, de chaleur, de drôlerie et d’émotions. Une pépite dont le charme délectable se mêle à une splendide poésie enchanteresse pour les yeux, mélodieuse pour les oreilles, respirant la grâce et la lumière.la_saison_des_femmes_4Ce courage et cette beauté de la femme dans toute sa splendeur, se retrouvent dans les pores d’un film qui, malgré le drame, la dureté ou l’horreur de ce qu’il peut raconter, garde sans cesse une énergie folle, un optimisme dévorant, comme un sourire qui se dessinerait sur un visage triste en guise de réponse fondeuse au malheur. Plus son propos est dur, plus il s’éclaire, plus ses images sont accablantes, plus il souffle un air d’exaltation revigorante, plus il montre le malheur, plus il en tire une leçon de vie ensoleillée. La Saison des Femmes passerait presque pour un feel food movie grisant, pour une fable lumineuse fabuleusement amoureuse de ses personnages aux allures de vraies héroïnes du monde. Et devant leur magnificence, leur force et leur étourdissante joie de vivre, on ne met que quelques minutes nous aussi avant de les aimer passionnément, de les adorer même. En un sourire, Radhika Apte séduirait le monde entier, en une danse enflammée, Surveen Chawla désarmerait une légion entière, en un regard profond, Tannishtha Chatterjee ferait taire une foule. Ce trio féminin à l’exquis pouvoir de séduction, domine avec panache un film vibrant, plein d’espoir et d’enthousiasme, rêvant de jours meilleurs pour les femmes du monde entier encore ostracisées. La Saison des Femmes est régal coloré et parfumé, qui parvient à mettre fièrement en avant ses idéaux défendus au détour d’une histoire poignante, mais sans jamais verser dans le misérabilisme. C’est d’ailleurs ce qui en fait toute la saveur douce-amère, relevé par un ton pétillant des plus adorable.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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