Mondociné

LA FIN D’OAK STREET de David Robert Mitchell : la critique du film

Partagez cet article

Nom : The End Of Oak Street
Père : David Robert Mitchell
Date de naissance : 12 août 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h39 / Poids : 80 M$
Genre : SF, Aventure

Livret de famille : Anne HathawayEwan McGregorMaisy Stella

Signes particuliers : Sympa mais décevant… ou l’inverse.

Synopsis : Suite à un étrange événement cosmique, le quartier d’Oak Street se retrouve transporté en un lieu mystérieux. Les Platt, qui ne reconnaissent plus leur environnement familier, ne tardent pas à comprendre qu’il leur faut absolument rester unis s’ils veulent s’en sortir…

DES DINOS ET DES HOMMES

NOTRE AVIS SUR LA FIN D’OAK STREET

Certains attendaient le 12 août pour admirer la spectaculaire éclipse solaire, d’autres pour foncer en ligne droite vers le cinéma le plus proche afin de découvrir le spectaculaire La Fin d’Oak Street. Au cœur d’un été brûlant, Oak Street vient rappeler le concept même du blockbuster estival tel qu’il a été pensé en 1975 avec Jaws. Un pitch simple, un peu de pognon mais pas trop, un divertissement ludique offrant du spectacle et une palette d’émotions. Réalisé par l’estimé David Robert Mitchell (l’inoubliable It Follows), dont on avait un perdu la trace depuis son magnétique Under The Silver Lake en 2018, La Fin de Oak Street allèche le chaland avec un plot basiquement excitant : un mystérieux évènement cosmique transporte un quartier résidentiel à l’époque… des dinosaures ! Anne Hathaway et Ewan McGregor se retrouvent à cavaler dans tous les sens dans les ruelles de leur voisinage pour essayer d’échapper à des raptors, des spinosaures, des ptérodactyles et autres T-Rex.

Quand bien même l’idée n’avait rien de révolutionnaire, le postulat de La Fin d’Oak Street avait tout pour faire passer un bon moment de cinoche décomplexé. Parce qu’on aime ce genre de délire SF mainte et mainte fois exploité à base de propulsion temporelle dans une époque déstabilisante (Nimitz, Retour vers le Futur, le coréen Heaven Soldiers ou Les Visiteurs dans un registre comique). Et puis parce que notre âme de gosse biberonné à Jurassic Park se réveille en ruant dans les brancards dès qu’on nous colle des gros dinos à l’écran (voir notre état de jubilation devant le régressif Primitive War). Forcément, le mariage matchait direct. Surtout, on avait follement envie de l’aimer cette série B emballante vendant une grosse aventure décalée et trépidante.

Et on l’a aimé… un peu, pas vraiment beaucoup et jamais passionnément. Parce que David Robert Mitchell semble faire tout ce qu’il peut pour atomiser le potentiel XXL de son concept. Tellement dommage. Oui, La Fin d’Oak Street est fringuant, et oui on s’amuse quand même pas mal devant cette course à la survie contre des dangers préhistoriques débarqués au beau milieu d’une jolie banlieue résidentielle toute propre sur elle. Passée une entame un peu longuette sur les bords plantant des personnages si archétypaux qu’ils semblent avoir été générés par une IA spécialisée dans le script, Mitchell lance son survival aux allures de rencontre entre The Time Machine et Jurassic World, sans machine mais avec un max de jurassic. Le film se charge en intensité, jouant autant avec son postulat SF inexpliqué qu’avec ses créatures terrifiantes. Comment expliquer ce phénomène absurde ?! On y pensera plus tard, là on a des crocs de la taille d’une PlayStation aux fesses alors courrons et on verra ça après !

Et le cinéaste de s’amuser (et de vouloir nous amuser) tout en tentant de donner un cachet à son entreprise, à travers un décorum eighties plein de clins d’œil (l’histoire se passe en 1982), à travers une mise en scène étonnante jouant beaucoup avec des effets vintage comme la dioptrie séparée si chère au De Palma des années 80, à travers aussi une imagerie un peu sanglante ou pas mal de touches humoristiques titillant le second degré. Oak Street ne manque pas d’arguments visant à séduire le spectateur avides de sensations un peu fortes mais pas trop non plus (on reste dans l’idéologie du frisson léger à la Jurassic Park/World). Pour à l’arrivée, un film « sympa mais décevant ». Sympa si l’on essaie de ne pas trop bouder son plaisir devant ce genre de tentatives de divertissement un peu régressif dans l’idée, qui se veut simplement fun et haletant. Décevant en revanche si l’on superpose les attentes nées de son énorme potentiel et le résultat final.
Car Oak Street ne manque pas non plus d’éléments ayant le don d’agacer à des degrés divers. Comme sa B.O à la limite de la caricature de ce qui se fait de pire en terme de musique de soutien. Comme ses comédiens par moments livrés à eux-mêmes dans un surjeu assez lunaire. Comme l’imagerie artistique de son bestiaire préhistorique hésitant entre un réalisme scientifique anti-Jurassic Park et des inventions graphiques surprenantes (des raptors plus authentiques mais pas à la bonne taille, du poil sur presque tous les dinosaures). Comme des références évidentes à Spielberg (E.T par exemple), Hitchock ou De Palma sans qu’elles aient vraiment de sens. Mais surtout comme une paresse caractérisée par une effroyable petitesse d’écriture. Le festival commence avec l’éternel ressort de la famille idéale américaine qui doit se reconstruire dans l’adversité (on en peut plus franchement). Puis il se poursuit avec un manque d’imagination confondant, des idées absurdes, d’autres grotesques (put*** ce chien, mais BOU-FFEZ-LE comme dirait Clavier dans Les Bronzés) ou encore un final à twist qui vient gâcher ce que le film nous a montrés de meilleur et surtout de plus surprenant. Ou comment flinguer la seule scène qui nous a écarquillé les yeux… À cela s’ajoutent des effets spéciaux à géométrie variable comme des effluves de sang numérique (beurk), un récit qui aurait gagné à aller plus loin dans ses idées, à être un peu plus trash ou plus déjanté (surtout compte tenu de sa finalité), une narration qui tourne parfois un peu en rond…

On ressort de là avec l’étrange sensation de s’être un peu amusé mais d’être surtout frustré car ç’aurait pu être tellement mieux avec davantage d’audace et de panache. Un peu comme une journée à Disneyland où l’on n’aurait pas fait assez de manèges à cause des files d’attente. Oak Street promettait quelque chose de bandant, il finit un peu en eau de boudin, comme si, piégé par son mode « pilotage automatique », il avait du mal à concrétiser ses bonnes intentions et à aller au bout de ses idées.

 

Par Nicolas Rieux

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Close
Première visite ?
Retrouvez Mondocine sur les réseaux sociaux