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A PERFECT FAMILY de Malou Leth Reymann : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : En Helt Almindelig Familie
Père : Malou Leth Reymann
Date de naissance : 2019
Majorité : 19 août 2020
Type : sortie en salles
Nationalité : Danemark
Taille : 1h41 / Poids : NC
Genre : Drame, Comédie dramatique

 

Livret de famille : Kaya Toft Loholt, Mikkel Boe Folsgaard, Neel Rønholt…

Signes particuliers : Une fable joyeuse défendant l’idée que le concept de « famille normale » est d’un autre âge.

MON PAPA EST UNE FEMME

NOTRE AVIS SUR A PERFECT FAMILY

Synopsis : Emma, une adolescente, grandit au sein d’une famille tout à fait ordinaire jusqu’au jour où son père décide de devenir une femme.Ce bouleversement au sein de cette famille aimante conduit chacun à se questionner et à se réinventer…

 

C’est devenu comme un adage que l’on a souvent répété sur ces pages (encore récemment pour le très beau film argentin Les Meilleures Intentions) mais quand on se lance dans son premier long-métrage, il est parfois bon d’essayer de tourner autour de choses que l’on maîtrise, tout est plus « facile ». La réalisatrice danoise Malou Leth Reymann peut en témoigner à son tour. Alors qu’elle s’embourbait dans l’écriture laborieuse d’un premier film, la néo-cinéaste a changé son fusil d’épaule pour aller puiser dans son propre vécu, de quoi raconter une histoire intéressante. Et pour le coup, si tout le monde n’a pas forcément quelque chose d’intéressant à raconter, ce n’était pas son cas, elle qui a grandi auprès d’un père transgenre. Pas banal, d’actualité, elle tenait l’histoire de A Perfect Family, un film qu’elle a tenté d’ériger quelque part dans une zone trouble entre la comédie et le drame. Une comédie dramatique donc ? Même pas. Plus subtil. Le cinéma danois s’est souvent montré adroit pour ces mélanges cassant les lignes et donnant lieu à des efforts au style indéfinissable. A Perfect Family en est une nouvelle démonstration tant il est difficile de catégoriser son joli récit intimiste entre l’apprentissage et la libération.

Quand une mère en colère balance en plein repas familial à base de pizzas fraîchement commandées que le couple va divorcer car papa a décidé de devenir une femme, la tête déconfite des enfants pousse au rire. La surprise lâchée est orchestrée comme un élément comique mais A Perfect Family va vite dériver vers une tonalité plus dramatique, rendant son humour plus tragicomique que comique tout court. Car au final, si le film de Malou Leth Reymann soutire quelques sourires au détour de situations pas banales, ce sont les scènes dramatiques qui vont le mieux fonctionner et procurer les émotions les plus fortes, permettant au passage au film d’éviter le burlesque malaisant. Néanmoins, la metteur en scène ne va pas sombrer dans cette voie du pathos qui aurait pu s’offrir à elle. D’un bout à l’autre et malgré des passages difficiles qui raclent un peu le fond de la gorge, A Perfect Family ne va cesser d’être lumineux, tendre, positif, fruit du vécu d’une auteure qui a certes été ébranlée à l’époque par ce choix lourd alors qu’elle n’était qu’une enfant, mais qui avec le recul, n’en garde pas un souvenir plombant prétexte à exprimer ou expliquer quelque névrose. Léger tout en étant grave, ou plutôt grave tout en restant léger, A Perfect Family est une petite réussite, pas forcément parfaite mais qui touche par sa sensibilité, son regard atypique sur une histoire atypique, et la justesse de ses situations. Avec au passage, un propos fort sur la compréhension et l’acceptation, les deux clés de toutes les ouvertures d’esprit, et surtout sur le concept d’une famille « normale ». Est-ce que cela existe encore aujourd’hui ? La notion a t-elle seulement encore un sens ? Enfin, impossible de ne pas mentionner l’épatante distribution, de l’excellent Mikkel Boe Folsgaard en paternel transgenré à la fragile Kaya Toft Loholt qui incarne la jeune Emma, fillette qui essaie d’apprendre à vivre avec ce nouveau modèle parental compliqué quand on est dans une période de sa vie où tout est déjà changeant et ressenti au centuple.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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