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MANO DE OBRA de David Zonana : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : Mano de Obra
Père : David Zonana
Date de naissance : 2019
Majorité : 19 août 2020
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h23 / Poids : NC
Genre : Drame

 

Livret de famille : Luis Alberti, Hugo Mendoza, Jonathan Sánchez…

Signes particuliers : Un premier long-métrage d’une grande maîtrise.

RICHES vs PAUVRES : LA RAGE DU DÉSESPOIR

NOTRE AVIS SUR MANO DE OBRA

Synopsis : Francisco voit son frère mourir d’un accident sur le chantier où ils travaillaient ensemble. N‘obtenant aucun dédommagement du propriétaire, Francisco invente une façon inédite de se venger de lui.

 


Opposer les classes sociales en jouxtant côte à côte riches et pauvres pour mieux souligner l’indécente proximité qui les sépare tel un fossé béant, le principe n’a certes rien de nouveau et encore récemment, le Parasite de Bong Joon-ho a su faire des merveilles sur cette thématique éculée. On quitte l’Asie et la comédie noire avec Mano de Obra, drame mexicain qui prend racine au cœur du chantier d’une luxueuse villa en construction. Sur place, des ouvriers mal payés et exploités érigent à la sueur de leur front, un temple de richesse auquel ils ne pourront jamais prétendre, ni de près ni de loin. La richesse s’étale sous leurs yeux, ils la manipulent, ils l’installent, mais eux sont condamnés à seulement la regarder briller. Quand un accident coûte la vie à un ouvrier, son frère va se battre pour obtenir des droits qui lui seront refusés.

A l’inverse de Parasite, Mano de Obra ne fait pas dans le rire grinçant pour asséner son propos. Mais le film de David Zonana ne cède pas non plus aux sirènes du drame social dépressif à la Ken Loach. Le cinéaste utilise le genre, plutôt le thriller en l’occurrence, pour mettre en exergue l’injustice sociale qui oblige les « faibles » à employer tous les moyens, y compris à se mettre hors-la-loi, pour se défendre contre les puissants et faire valoir leurs droits. D’un profond sentiment d’empathie à une sensation d’inconfort, Mano de Obra gère habilement ses ruptures, ses relances, sa progression, sa dynamique et plus important, la trajectoire escarpée de son « héros » tour à tour attachant et émouvant dans son combat désespéré, puis inquiétant voire difficile à défendre quand il va employer des méthodes discutables pour parvenir à ses fins. Car l’injustice sociale peut-elle tout justifier ? C’est toute la question qui va hanter le spectateur au sortir d’un film choc.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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