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SIMONE, LE VOYAGE DU SIÈCLE d’Olivier Dahan : la critique du film

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Nom : Simone, le voyage du siècle
Père : Olivier Dahan
Date de naissance : 2021
Majorité : 12 octobre 2022
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 2h20 / Poids : NC
Genre : Biopic

Livret de Famille : Elsa ZylbersteinRebecca MarderÉlodie Bouchez

Signes particuliers : L’archétype même du biopic poussiéreux et sans imagination. 

Synopsis : Le destin de Simone Veil, son enfance, ses combats politiques, ses tragédies. Le portrait épique et intime d’une femme au parcours hors du commun qui a bousculé son époque en défendant un message humaniste toujours d’une brûlante actualité.

 

EN VOITURE SIMONE !

NOTRE AVIS SUR SIMONE, LE VOYAGE DU SIECLE

Il y a 5 ans, la France perdait une illustre figure de son histoire contemporaine : Simone Veil. Après d’innombrables hommages dont une entrée au panthéon, la magistrate/politicienne/militante/auteure/icône du combat contre la discrimination des femmes, a droit à son hommage cinématographique. Réalisé par un Olivier Dahan qui décidément ne lâche pas les grandes figures  féminines légendaires (Edith Piaf avec La Môme, Grace Kelly avec Grace de Monaco), Simone – le voyage du siècle retrace la vie et le destin d’une femme qui aura été à la fois témoin privilégiée et partie prenante de l’histoire de la France du XXème siècle. Elsa Zylberstein et Rebecca Marder incarnent Simone Veil à différents âges de sa vie. Et pendant ce temps-là, Olivier Dahan dit du… Olivier Dahan.
Le cinéaste, pourtant déjà peu réputé pour sa finesse, sort ses plus gros sabots cinématographiques pour pondre un biopic que l’on pourrait qualifier de caricature du genre (pour ne pas dire, ce qui se fait de pire et de plus poussiéreux). Le recours à la construction éclatée (fait d’allers-retours temporels) pour prétendument donner du rythme, les envolées lyriques, beaucoup de violon, l’héroïsme vanté, le noir et blanc pour souligner le « passé sombre », l’intercalage mathématique de séquences à emphase, notamment émotionnelle, l’écriture très didactique et hagiographique… Tout y est. Plat et polissé à outrance, Simone – Un voyage du siècle est ce qui se fait de plus banal et ampoulé dans le genre.

 

Dahan réduit constamment l’icône Veil aux grandes lignes de sa biographie Wikipedia, qu’il illustre au mieux mollement, au pire avec une mise en scène de voltigeur (étonnants tous ces moments où la caméra n’arrête pas de bouger et de tourner, valsant sans aucune utilité artistique). Simone donne cette impression d’un film cynique produit pour être dans l’air du temps (vague féministe = on ressort la figure tutélaire Simone Veil) mais sans la moindre vision, incarnation du personnage ou volonté de le creuser au-delà du très connu de tous. Passe-plat de la pire espèce, le film énumère, résume, restant toujours à distance, dans l’illustration fadasse. En résulte une production hommage d’une lourdeur plombante, téléfilmesque dans l’allure, vide comme une coquille dans le fond, et incapable de susciter l’émotion sincère. Au moins La Môme avait pour lui la prestation habitée de Marion Cotillard. Simone n’a même pas cette chance, Elsa Zylberstein -figée dans ses prothèses défigurantes- glissant sur le rôle avec la conviction d’un ministre des finances et le charisme d’un meuble en formica. Fort heureusement, Rebecca Marder (Simone Veil jeune) est là pour sauver ce qu’il reste à sauver.
L’idée générale était qu’un portrait de Simone Veil donnait à contempler l’histoire de la France du XXème siècle, l’insouciance des années 30, l’horreur de la guerre, les espoirs des lendemains, la société changeante, la montée du féminisme, la construction de l’Europe, la politisation de la fin du siècle, les combats incessants… Mais Dahan n’en fait pas grand-chose si ce n’est un film cousu à l’emporte-pièce, ne rendant jamais justice au destin passionnant de Simone Veil. N’importe quel documentaire sera toujours plus passionnant que cette œuvre à la banalité grotesque.

 

Par Nicolas Rieux

12 thoughts on “SIMONE, LE VOYAGE DU SIÈCLE d’Olivier Dahan : la critique du film

  1. Très beau film. Tant par le passé qu’il convient sans cesse de montrer que face à un futur fragile, pour lequel rien n’est acquis… Que les jeunes générations ne se privent pas d’aller voir ce film quand bien même aurait-il des faiblesses !!!!

  2. Tout à fait d’accord avec la critique !!
    Ce film est d’une pauvreté et manque cruellement de perspective et de profondeur, au regard encore plus du «  personnage » Veil ….
    Dommage !!

  3. Les critiques sont toujours à contre courant. Je suis allée voir le film aujourd’hui en avant première. La salle est restée scotché à la fin. On a même applaudi. J’en suis ressortie bouleversée. N’en déplaise aux critiques professionnelles.

    1. Je suis tout à fait d’accord avec votre critique.
      J’ai rarement été bouleversée par un film. Et la c’était le cas . Pour moi c’est chef d’œuvre !

  4. Pas d’accord avec cette analyse …..
    J’ai trouvé ce film super à tt point de vue
    Je n’étais pas là seule la salle a applaudi lorsque la lumière est revenu ……

  5. La vie de Madame Veil nous est connu par ses écrits et ses prises de position bravo ..
    Pourquoi nous avoir infligé ses décors macabres,ses corps noircis,meurtris,ses visages de morts vivants,ses trains de l enfer,ses marches interminables ..dans une noirceur glauque…elle l a vécu,elle a su le relater mais par pitié ..qu il est difficile de supporter cela pendant beaucoup trop longtemps..Madame Veil et ses engagements valait mieux..gardons l’idee de cette grande Dame :européenne digne et décidée.

      1. Maints documentaires ont transcript le drame inhumain des camps de concentration.
        Mais ce que nous voyons dans ce film, personne ne l’avait déjà produit.
        Avec ce film, on a l’impression que c’est un membre de notre famille qui est retenu dans ces camps et martyrisé.
        On ressent aussi toute la force de Simone Veil pour ne pas reproduire ce qu’elle avait subi et vécu.
        « Le violé devient le violeur »
        « L’outragé, l’outrageur »
        « Le persécuté, le persécuteur »
        On voit aussi toute l’humanitude de Me VEIL et sa largeur d’esprit et de justice.

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