Nom : Clayface
Père : James Watkins
Date de naissance : 21 octobre 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h49 / Poids : NC
Genre : Thriller, Epouvante, Fantastique
Livret de Famille : Tom Rhys Harries, Naomi Ackie, Max Minghella, Eddie Marsan…
Signes particuliers : Une très bonne surprise !
Synopsis : L’ascension fulgurante de Matt Hagen, de gamin des rues de Gotham à star hollywoodienne, est brutalement interrompue lorsqu’un baron du crime le laisse atrocement défiguré. Abandonné de tous et n’ayant plus rien à perdre, Matt se tourne vers un traitement expérimental qui lui rend miraculeusement son apparence… mais altère profondément sa perception de la réalité. Il sombre alors dans une spirale destructrice, consumé par un irrépressible désir de vengeance.

UNE GUEULE DE FONDUE HOLLYWOODIENNE
NOTRE AVIS SUR CLAYFACE
La moindre des choses que l’on puisse reconnaître au nouveau DCU depuis qu’il a été repris en main par James Gunn et Peter Safran en 2022, c’est qu’il ne manque pas d’audace. Inaugurer l’univers avec une version de Superman radicalement différente des précédentes en évacuant le côté Origin Story, fallait oser (même si le film était une purge). Poursuivre avec Supergirl sachant que les films de super-héros au féminin sont toujours casse-gueule au box office, fallait oser aussi. Et choisir en troisième position dans le peloton de départ la figure du super-vilain Gueule d’Argile (alias Clayface), c’était encore couillu. Rebooter Batman, Wonder Woman ou Aquaman aurait été plus simple ou facile en terme de rentabilité que se lancer dans un thriller horrifique. Encore une fois, fallait oser. Au moins, Gunn et Safran ont su s’entourer des bonnes personnes. Clayface, super-héros exfiltré de l’univers de Batman, est porté par James Watkins (Eden Lake, Speak no Evil) à la réalisation et Mike Flanagan (Oculus, Life of Chuck) au scénario. Deux noms réputés du cinéma de genre.


Et le résultat est plutôt réussi. Clayface a un ton, un point de vue, une bonne narration, une mise en scène joueuse et efficace. Et un propos en guise de crise sur le carnage, sur le cynisme du star system et les dangers de l’IA. James Watkins trouve un bon équilibre entre l’esprit comics, le pur film d’horreur et la tragédie déchirante. Le spectacle est au rendez-vous d’un film sombre et captivant quelque part entre le Darkman précité de Sam Raimi et La Mouche de David Cronenberg. Chose intéressante en terme de continuité, il s’insère parfaitement dans la mythologie de Gotham sans pour autant ressentir le besoin de convoquer Batman trop tôt pour appâter le chaland. De quoi poser un mini-pierre préparatoire pour une suite (d’envergure ?) ou le développement soigné d’un univers inter-connecté.
Proposition sincère et dénuée de cynisme, Clayface affiche une vitalité qui lui permet de tirer énergiquement les cordes du harboiled, du drame douloureux, du gore, du sexy et même de l’humour, afin de les nouer ensemble autour d’un univers violent duquel émerge un personnage à la fois attachant et terrifiant, formidablement incarné par un Tom Rhys Harries (Le Retour d’Ulysse), dont la palette passe de l’angélisme émouvant à la terreur incontrôlée.
Par Nicolas Rieux
