LA VIE D’UNE FEMME de Charline Bourgeois-Tacquet : la critique du film [Cannes 2026]

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Nom : La vie d’une femme
Mère : Charline Bourgeois-Tacquet
Date de naissance : 09 septembre 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h38 / Poids : NC
Genre : Comédie dramatique

Livret de famille : Léa DruckerMélanie ThierryCharles Berling

Signes particuliers : Comme on dit, « c’est bien gentil tout ça mais »…

Synopsis : Gabrielle se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu’une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?

NOUVEAU PORTRAIT DE FEMME

NOTRE AVIS SUR LA VIE D’UNE FEMME

Maintenant c’est clair et limpide, Charline Bourgeois-Tacquet a une affection toute particulière pour les portraits de femme. Après Les Amours d’Anaïs il y a quatre ans, la cinéaste revient avec La Vie d’une Femme. Pour le coup, le titre est explicite. Charline Bourgeois-Tacquet nous propose de suivre le quotidien d’une femme, en l’occurrence celui de Gabrielle (Léa Drucker), chef du service de chirurgie maxillo-faciale d’un grand hôpital. Son boulot, c’est presque tout son monde, et il ne tolère jamais de pause. Quitte à y sacrifier un peu de sa famille et beaucoup de sa vie. Avec le temps, Gabrielle a fini par trouver un rythme aussi chirurgical que son métier.

Sélectionné en Compétition à Cannes, La Vie d’une Femme faisait partie de ces quelques longs-métrages qui paraissaient un peu « petits », un peu légers pour prétendre sérieusement à concourir dans la compétition reine. Comme The Man I Love d’Ira Sachs ou Histoires de la Nuit de Léa Mysius. À eux trois, ils composaient une tête de gondole trahissant une édition 2026 de l’un des plus grands festivals de cinéma au monde finalement assez moyenne et avare en formidables coups d’éclats. Le pire dans tout ça, c’est que La Vie d’une Femme n’est même pas un mauvais film en soi. Mais peut-être que de l’avoir ainsi exposé sur le tapis rouge, lui a conféré une attente qu’il n’était pas en mesure de supporter.

Avec LLa Vie d’une Femme, Charline Bourgeois-Tacquet épouse bien les codes de la chronique portraitiste. Comme la vie elle-même, le film (et à travers lui son personnage) est balancé entre le drame, l’humour, la romance, le social, le réel et les à-côtés inattendus qui peuvent s’y inviter. C’est à la fois la force et la faiblesse du film. Si l’on peut lui trouver un côté un peu feel good movie d’auteur, reste que Charline Bourgeois-Tacquet a un peu de mal à conjuguer la chronique réaliste et l’inattendu plus cinématographique qui s’y invite par surprise. Tout le paradoxe du film va tenir là au final. La Vie d’une Femme se veut en prise avec le réel, il se veut authentique, presque documentarisé dans son regard sur son héroïne et l’univers de l’hôpital public dans lequel elle évolue. Mais à côté de cela, tout y paraît très (trop ?) cinématographique, trop écrit, trop mis en scène, trop joué. La Vie d’une Femme n’a pas ce naturel minimaliste qu’il semble pourtant poursuivre dans ses intentions.

Néanmoins, à défaut d’être brillant ou même juste bon, La Vie d’une Femme évite au moins d’être désagréable. Avec la légèreté qui est la sienne malgré des sujets sociaux et sociétaux importants, le film de Charline Bourgeois-Taquet se regarde sans déplaisir, d’autant qu’il a le mérite d’être court.

 

Par Nicolas Rieux

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