SI TU PENSES BIEN de Géraldine Nakache : la critique du film

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Nom : Si tu penses bien
Mère : Géraldine Nakache
Date de naissance : 16 septembre 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : France
Taille : 1h34 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de Famille : Monia ChokriNiels SchneiderClémentine Célarié

Signes particuliers : Géraldine Nakache surprend dans le drame.

Synopsis : Lorsque Gil rencontre Jacques, leur amour est évident. Mais l’intensité des débuts laisse place à une relation où elle se sent de plus en plus enfermée, jusqu’à en perdre ses repères. Jacques la rassure : si elle pense bien, il ne lui arrivera que du bien. Peu à peu, Gil comprend le contrôle qu’il exerce sur sa vie…

AMOUR ET EMPRISE

NOTRE AVIS SUR SI TU PENSES BIEN

On la connaît actrice gouailleuse et rigolote, parfaite incarnation de la bonne copine/cliente qui carbure à la bonne humeur, mais il ne faut pas oublier que Géraldine Nakache est aussi une réalisatrice. De talent ? La question restait encore en suspens. Si l’on s’était régalé de la fraîcheur de son Tout ce qui brille qu’elle avait porté avec son amie Leïla Bekhti, ses deux longs-métrages suivants n’avaient malheureusement pas convaincu. D’abord, Nous York, qui était une affreuse pseudo-suite de Tout ce qui brille sans charme. Puis J’irai où tu iras, embarrassante nouvelles retrouvailles avec Leïla Bekhti dans une comédie à l’éclat éteint. Si tu penses bien marque un tournant dans sa carrière. Géraldine Nakache laisse de côté le registre de la comédie qui l’a rendue célèbre et s’essaie au drame intimiste avec l’histoire de Gil (Monia Chokri). Lors d’un séjour à Dubaï, elle fait la connaissance de Jacques (Niels Schneider). Ils tombent amoureux. Mais au fil des années, leur idylle va souffrir du judaïsme de son homme, qui devient de plus en plus envahissant, voire étouffant.
Si tu penses bien n’est pas juste un pas de côté inattendu, c’est la découverte d’une autre Géraldine Nakache. La réalisatrice surprend avec un film fin et intelligent qui parvient à mettre des ressentis en images et des images sur des ressentis. Drame conjugal observé avec une grande justesse, Si tu penses bien scrute la manière dont une idylle digne une jolie comédie romantique se transforme pas à pas en prison psychologique bâtie à petits coups de déséquilibre relationnel, de jalousie, de rapports de domination, de culpabilisation puis d’emprise perverse. Le tout sur fond d’une religion à la géométrie plus imposée que vécue sainement ensemble. Et comme beaucoup de femmes, Gil ne voit rien venir car les étapes sont discrètes, puis elle subit et fait le dos rond en pensant que les bons moments, les excuses et les promesses feront oublier les accrocs. Mais les crises deviennent de plus en plus fortes et fréquentes, la naïveté se dissipe pour laisser place au constat implacable, l’isolement est devenu un quotidien, la relation est dangereusement toxique et le Moi a été complètement détruit par le Nous.

Le film s’inscrit dans l’air du temps à l’heure où la société pousse les femmes à s’exprimer et à se libérer de toute forme de masculinité toxique et de domination patriarcale. Il y avait eu le Mon Roi de Maïwenn ou le plus récent L’amour et les forêts de Valérie Donzelli. Si tu penses bien s’inscrit dans leur lignée. Portée par une mise en scène inspirée (à la fois élégante, sensible et très intime) et surtout par des comédiens épatants, le film de Géraldine Nakache emporte dans son désespoir et bouleverse par son intensité psychologique. Son angle d’approche questionnant l’instrumentalisation de la foi pour justifier une attitude d’emprise révoltante lui permet de se trouver une identité propre. Certes imparfait, notamment avec ses flashbacks qui tronçonnent parfois un peu trop le récit, Si tu penses bien affiche néanmoins une maîtrise impressionnante dans sa manière de naviguer entre le drame conjugal et le thriller anxiogène et surtout de capter les signaux furtifs d’une relation qui dévie vers l’inquiétant.

 

Par Nicolas Rieux

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