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THE DESCENT de Neil Marshall : critique et test Blu-ray 4k

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Nom : The Descent
Père : Neil Marshall
Date de naissance : 1er juillet 2026
Type : sortie en Blu-ray collector
Nationalité : Angleterre
Taille : 1h39 / Poids : NC
Genre : Horreur, Epouvante

Livret de Famille : Molly KayllNatalie Jackson MendozaShauna Macdonald

Signes particuliers : L’un des films les plus flippants des 30 dernières années.

Synopsis : En plein milieu du massif des Appalaches, six jeunes femmes se donnent rendez-vous pour une expédition spéléologique. Soudain, un éboulement bloque le chemin du retour. Alors qu’elles tentent de trouver une autre issue, elles réalisent qu’elles ne sont pas seules. Quelque chose est là, sous terre, avec elles… Quelque chose de terriblement dangereux décidé à les traquer une à une…

 

SIX COPINES AU FOND DU TROU

NOTRE AVIS SUR THE DESCENT

On ne va pas y aller par quatre chemins, ce serait une perte de temps inutile : The Descent est tout simplement l’un des meilleurs films d’horreur des 30 dernières années (voire plus). A plus forte raison si l’on considère, comme définition du genre, qu’il est destiné à foutre la trouille. A ce petit jeu-là, The Descent se pose clairement en champion toutes catégories.

A sa sortie en 2005, l’anglais Neil Marshall appartenait à cette nouvelle génération de cinéastes talentueux qui tentaient de faire revivre l’horreur britannique, aux côtés des James Watkins, des Christopher Smith et consort. Après un premier long déjà pas si mal, Dog Soldiers, qui s’était fait remarqué en raflant pas mal de prix dans divers festivals spécialisés, Neil Marshall revenait trois ans plus tard pour donner sa définition personnelle de la terreur sur grand écran. Chef-d’oeuvre du genre, The Descent nous avait fait flipper comme aucune autre péloche ne l’avait fait depuis un sacré bail, et ce n’était pourtant pas un pari gagné d’avance car, comme bien des mordus de cinéma horrifique, on n’était plus surpris par grand-chose question trouille. Il fallait se lever de bonne heure pour nous en coller une bleue, et Neil Marshall s’était manifestement réveillé aux aurores.

Marshall avait compris un truc simple, que les codes d’un genre sont faits pour être détournés si l’on veut parvenir à surprendre le public. Chez lui, rien ne sera donc prévisible, on pouvait s’attendre à tout (cf : la séquence d’introduction en voiture). Au passage, le bonhomme avait aussi compris qu’un casting féminin très sexy, ce n’était pas pour déplaire aux gros geeks arriérés que nous étions. Avec The Descent, il réalisait ainsi un tour de force aussi bien technique (les grottes sont un lieu de tournage complexe à filmer comme à éclairer) que scénaristique (sa proposition comportait deux films en un, avec une première partie relevant du pur survival à suspense, tétanisant et claustrophobique, et une seconde relevant du vrai film d’horreur à base de monstres). Profitant de tous les matériaux à sa disposition, à commencer par son cadre qui va devenir comme un personnage horrifique à part entière dans l’histoire, et qu’il va filmer avec une astucieuse utilisation de ses caméras (la sienne en tant que réalisateur et le caméscope de ses personnages pour les vues subjectives) doublé d’un gros boulot sur l’éclairage pour renforcer la terreur de chaque scène, Marshall accouchait d’un bijou du genre réussissant l’exploit de dépasser les limites de l’écran pour se muer en expérience de cinéma unique et immersive, comme le signalait à juste propos l’affiche. Et pour une fois, ce n’était pas du baratin commercial relevant de l’escroquerie.

On en dira peu pour ceux qui auraient la chance de ne pas l’avoir encore vu -même si c’est peu probable car il fut un immense succès avant de devenir un film culte- mais The Descent est sans pitié, sombre, imprévisible, traumatisant, une expérience viscérale où la tension n’a d’égale que la trouille et l’envie que le cauchemar cesse (où continue au contraire car au fond, on est un peu maso). Neil Marshall est un gaillard généreux, il nous donnait enfin ce que les amateurs cherchaient depuis longtemps, ressentir cette émotion que l’on avait tout gamin devant un film d’horreur. Il nous donnait un concentré de peur en flacon de 100 minutes. 1h40 d’intense calvaire qui ne nous lâchera pas d’une semelle et auquel on ne pourra échapper qu’avec les yeux cachés derrière ses mains (et encore), éventuellement planqué sous le fauteuil (et encore), ou en se prenant ses jambes à son coup pour s’enfuir (mais ça, c’est bien dommage). Depuis, beaucoup ont essayé, peu ont réussi à accoucher d’une telle flippe.

LE BLU-RAY STEELBOOK 4K DE THE DESCENT

Pour les 20 ans du film, Pathé -en collaboration avec le cinéaste lui-même- s’est lancé dans une entreprise de restauration du classique de Neil Marshall. Et à l’arrivée, une superbe édition steelbook collector avec le film en UHD (ainsi qu’en Blu-ray simple pour ceux qui voudraient cette jolie pièce de collection sans pour autant être équipés d’un lecteur ou d’une télé 4K). On avait hâte de retourner faire un tour dans les grottes terrifiantes de The Descent.

L’expérience fut particulièrement éprouvante et sensorielle en 2005, bonne nouvelle, elle n’a rien perdu de sa superbe horrifique. Pour restaurer le film, Pathé est reparti des négatifs 35mm originaux, scannés ensuite en 5K. Le boulot effectué ne se contente pas juste de rafraîchir l’image, il lui redonne une nouvelle force assez impressionnante. Outre une netteté sidérante, on redécouvre le film avec un nouvel étalonnage plus travaillé (notamment dans les couleurs chaudes) et une texture organique qui rappelle l’expérience cinéma. Film dont l’action se concentre en grande partie sous-terre, un effort particulier a été accordé aux noirs, de sorte à les rendre plus profonds et plus intenses tout en y gagnant en lisibilité. Les détails des images ressortent comme jamais et l’atmosphère générale gagne en pouvoir oppressant. Mais parce qu’il se passe essentiellement dans une ambiance diurne, le travail sur le son était particulièrement attendu. N’oublions pas que The Descent est un film sensoriel où l’ouie remplace souvent la vue. En VF comme en VO, la galette propose des pistes DTS-HD Master Audio 5.1. Même si l’on recommandera toujours la VO car le son originel a toujours plus de profondeur, les deux pistes redimmensionnent parfaitement la terreur. L’ensemble est remarquablement spatialisé pour piéger le spectateur dans une toile audio enveloppante où les moindres détails sonores vont faire leur travail pour susciter la peur panique. Techniquement, cette édition est de très haut niveau.

Côté suppléments, ils sont nombreux. Anniversaire oblige, on en attendait pas moins. D’abord, pas une mais deux pistes de commentaires audio ! La première associe le réalisateur et son équipe technique, la seconde le réalisateur et son casting. Entre anecdotes, analyse technique sur la complexité du tournage et bonne ambiance, ce retour en arrière est passionnant, ludique et généreux. Suit Les secrets enfouis de The Descent, un long entretien de près de 45 minutes en compagnie de l’équipe, revenant sur toutes les facettes du film. Le complément idéal à l’ancien making of de nouveau proposé (41 minutes), lequel nous offrait déjà une vue complète sur la génèse du film, sa création, son tournage, le travail sur les décors, la conception des créatures… Un module de 9 minutes est par ailleurs consacré à la musique du film, et toute une série d’autres modules évoquent en vrac la spéléologie, les cascades, le casting féminin, les effets spéciaux… Après tout ça, on a la sensation de sortir d’un long documentaire ayant disséqué le film sous toutes ses coutures. Et ce n’est même pas fini puisque l’on retrouve également la masterclass de Neil Marshall à Gerardmer cette année, un bêtisier, un comparatif entre les storyboard et les scènes tournées, une petite poignée de scènes coupées ou étendues, la fin américaine censurée (et oui, d’ordinaire on a le contraire en Blu-ray -une version uncut par rapport à celle en salles- mais chose amusante cette édition nous révèle à quel point cette fin US « modifiée » était débile)…

Une partie de ces nombreux suppléments n’est pas inédite puisque certains étaient présents sur les anciennes éditions. Mais en les reprenant pour les ajouter aux nouveaux tournés, le tout accompagnant une nouvelle version du film splendidement restauré, et on se retrouve avec une édition ultime de The Descent, qui ravira les fans du film et les collectionneurs. Avec des objets pareils, le support physique a encore de beaux jours devant lui. Et pour pas si cher que ça puisque l’édition est à 39€. Une somme certes, mais on s’attendait à bien pire compte tenu de son contenu gargantuesque.

 

Par Nicolas Rieux

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