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ROCKETMAN de Dexter Fletcher : la critique du film [Cannes 2019]

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Rocketman
Père : Dexter Fletcher
Date de naissance : 2018
Majorité : 29 mai 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : Angleterre
Taille : 2h01 / Poids : NC
Genre : Biopic, Musical

Livret de famille : Taron Egerton, Jamie Bell, Richard Madden, Bryce Dallas Howard…

Signes particuliers : Un « biopic » à l’image d’Elton John.

L’HISTOIRE D’UN MYTHE DOPÉE PAR TARON EGERTON

LA CRITIQUE DE ROCKETMAN

Synopsis : Rocketman nous raconte la vie hors du commun d’Elton John, depuis ses premiers succès jusqu’à sa consécration internationale. Le film retrace la métamorphose de Reginald Dwight, un jeune pianiste prodige timide, en une superstar mondiale. Il est aujourd’hui connu sous le nom d’Elton John. Son histoire inspirante – sur fond des plus belles chansons de la star – nous fait vivre l’incroyable succès d’un enfant d’une petite ville de province devenu icône de la pop culture mondiale.

Le succès tonitruant (et assez inattendu avouons-le) de Bohemian Rhapsody dans le rétroviseur, place maintenant à Rocketman ! Un gros changement d’univers puisque l’on passe du rock de Queen à la pop d’Elton John. Contrairement à l’idée reçue, Rocketman n’est pas à proprement parlé un « biopic » mais un film inspiré de la vie de la légendaire icône britannique et ficelé à partir de ses souvenirs (qu’il minimise ou exagère parfois). A l’écran, l’interprète de Candle in the Wind est campé par l’excellent Taron Egerton, sous la direction de Dexter Fletcher, que le jeune acteur retrouve trois ans après le succulent Eddie the Eagle.

Alors, mieux ou moins bien que Bohemian Rhapsody ? C’est la comparaison facile que tout le monde aura en tête, les deux « biopics musicaux » sortant à quelques mois d’intervalle et partageant exactement la même histoire en substance. Car on ne va pas se mentir, que ce soit sur Freddie Mercury ou sur Elton John, les deux films partagent un récit sensiblement proche. Une enfance compliquée, un père autoritaire, une ascension fulgurante, le goût du fantasque exubérant, une perte de repère, l’homosexualité, la dépression sur fond d’alcool et de drogues, des divorces avec certains proches, un besoin d’amour inlassable, et une réconciliation tardive avec son passé pour trouver l’apaisement. Mercury et Elton, deux stars différentes pour un schéma similaire. C’est l’un des petits problèmes qui handicapait d’ailleurs ce Rocketman au lancement de la fusée. Bohemian Rhapsody est encore dans tous les esprits et le film de Dexter Fletcher (enfin « le nouveau film de Fletcher » puisqu’il n’avait fait que terminer  Bohemian Rhapsody après le licenciement de Bryan Singer) devait trouver un moyen d’être différent de son prédécesseur tout en ayant ce souci de raconter peu ou proue la même chose.

Bref, mieux ou moins bien disait-on ? Différent. Comme les deux stars l’étaient, les deux films le sont. Du moins dans la mise en scène et sur le fond à défaut de l’être côté récit. Mais au-delà de ça, c’est surtout quelque chose de l’ordre du personnel qui entrera en piste au moment d’appréhender le film. C’est à la fois triste et simple en soi mais en gros, si vous êtes fan ou amateur d’Elton John, Rocketman saura vous satisfaire. Le film égrène ses tubes, rend compte de son côté doux-dingue original, coloré et survolté et impose sa pop-rock à l’écran avec un caractère frénétique séduisant. Pour les moins fans de sa musique, difficile de le préférer à Bohemian Rhapsody qui bénéficiait de l’imposante et génial héritage de Freddie Mercury et qui dès lors, pouvait faire davantage vibrer musicalement. Mais oublions la comparaison et les préférences musicales personnelles. Objectivement, force est de reconnaître que le film de Dexter Fletcher est réussi. Le cinéaste a su s’imprégner de son homme-sujet, de la légende musicale qu’il met en scène, de la folie de sa vie, et signe un film à son image, peut-être un moins complaisant que ne l’a été Bohemian Rhapsody sur Freddie Mercury. Car si feel good spirit il y a, Rocketman n’hésite pas à embrasser les démons de son héros. Elton John a été (et est toujours) une star planétaire haute en couleurs, fantaisiste, démesurée, cachant une grande sensibilité derrière ses apparats de couleurs et de paillettes. Rocketman est comme ça, un film-somme résumant sa vie en en faisant un spectacle musical, un film pop, coloré, parfois esthétiquement fou voire audacieusement psychédélique. Un film lancé à 1000 à l’heure sur le tempo du show avec des parenthèses sombres, torturées, sensibles et émouvantes ou Elton/Egerton se raconte.

Et puisque l’on en parle, Rocketman c’est aussi (et surtout serait-on tenté de dire) Taron Egerton. Impressionnant d’un bout à l’autre, le jeune Kingsman livre une prestation dantesque qui l’inscrit immédiatement parmi les plus grands de son métier. Une performance XXL qui pourrait bien lui valoir un Oscar précuit. Car on est loin de la simple performance typique des « biopics ». « Le plus dur pour un acteur, ce n’est pas de pleurer mais de savoir retenir ses larmes » disait quelqu’un. Egerton en fait la démonstration. Il danse, il chante (vraiment et tout du long), il fait rire, il tire des larmes, il joue sur la corde de l’à fleur de peau, il conjugue déchaînement fantasmagorique et retenue bouleversante. Immense. Et là où il bouleverse le plus, c’est justement quand il essaie de contenir des larmes. Il dégage une puissance à la hauteur de l’entreprise qu’il fait vivre avec son jeu total et entier. 

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

 

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