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UNDERTONE de Ian Tuason : la critique du film

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Nom : Undertone
Père : Ian Tuason
Date de naissance : 12 août 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h34 / Poids : NC
Genre : Epouvante

Livret de famille : Nina KiriMichelle DuquetKeana Lyn Bastidas

Signes particuliers : Une déception.

Synopsis : Animatrice d’un podcast consacré aux phénomènes paranormaux, Evy retourne dans la maison de son enfance pour veiller sa mère mourante. Un jour, elle reçoit d’étranges enregistrements. En les diffusant dans son émission, Evy réalise que les événements décrits semblent déteindre sur la réalité. Les sons deviennent de plus en plus troublants, comme si quelque chose cherchait à lui parler. Plus elle écoute, plus la menace se rapproche.

UN FILM D’HORREUR QUI S’ÉCOUTE

NOTRE AVIS SUR UNDERTONE

Le phénomène horrifique de l’été se nommera t-il Undertone ? C’est en tout cas ce que son habile marketing tente de nous faire croire. Son auteur est un quasi-inconnu (Ian Tuason) mais le film peut compter sur le nom de son studio : A24. Après dix ans d’activité dans la production, A24 a su s’imposer comme une marque forte engageant exigence et volonté de qualité. Des Oscars avec Moonlight à Cannes avec La Zone d’Intérêt, A24 est devenu comme une sorte de label sous-entendant un métissage anti-commercial entre le divertissement et l’auteurisme pour des films plus pointus et dotés d’un certain prestige artistique. Côté cinéma de genre, un créneau où A24 est très engagé, cela a donné les derniers Ari Aster depuis Midsommar, le Heretic de Scott Beck et Bryan Woods, le Substitution des frères Philippou ou encore le récent Backrooms. Undertone était donc une promesse, d’originalité notamment. Comprenez par là que le film se réclame d’une vision, à l’opposé des productions formatées à la Blumhouse par exemple. Celle de Ian Tuason est de faire le film d’épouvante le plus sensoriel qui soit, un film qui s’écoute autant qu’il se regarde, jouant essentiellement avec le pouvoir du son.

Evy et Justin animent un podcast consacré aux phénomènes paranormaux. Un jour, ils reçoivent une série de dix étranges fichiers audios. En les écoutant dans leur émission, ils sont confrontés à une menace qui semble désormais se rapprocher d’eux.

Le postulat artistique d’Undertone était de faire passer le récit et l’angoisse par le son. L’écoute de ses fichiers aussi troublants que terrifiants va titiller un imaginaire horrifique qui, privé de l’image correspondante, travaille et avance dans une peur immatérielle, la meilleure de toute. Avouons que découvert dans des conditions optimales (dans le noir avec un système sonore adéquat – donc au cinéma idéalement), Undertone produit quelque chose d’assez singulier. Plus qu’un simple film d’épouvante, Undertone cherche à être une expérience sensorielle flippante où le moindre bruit tend l’ambiance, crispe et vise l’effroi. D’autant que le film évolue en huis-clos dans la maison d’une Evy isolée derrière son casque d’écoute. Justin, son partenaire de podcast, n’est qu’une voix à distance et la seule autre présence humaine dans les lieux est sa mère mourante, clouée tel un fantôme dans son lit à l’étage. Un contexte qui renforce l’atmosphère pesante. Clairement, la mise en scène de Tuason cherche à nous mettre nous-aussi dans cette position d’isolement propice à une terreur planante instillée avec patience. Sauf que le pari est à double-tranchant.

Car si Undertone s’emballe sur le tard dans un final qui tente de cristalliser soudainement toutes les balises de trouille qu’il a minutieusement installé depuis le début, le souci est de voir le film payer son risque incalculé d’avoir joué longtemps avec un tempo pas loin du soporifique. Pendant une bonne heure, Ian Tuason prépare son ambiance cloisonnante en espérant nous avoir piégés au moment d’accélérer dans l’horreur. Malheureusement, le temps paraît si long, l’entreprise si minimaliste, le récit si rébarbatif, qu’au moment de plonger dans l’effroi, on a décroché depuis belle lurette. Le seul espoir d’Undertone était alors de parvenir à surprendre dans son sprint final à haute intensité. Mais il ne fait pas vraiment car en définitive, ce qu’il a à raconter ne présente rien de fondamentalement bien original pour les amateurs de cinéma de genre rompus à ce type d’histoires de malédictions galopantes. Scénaristiquement, Tuason ne renverse pas la table pour nous clouer dans notre fauteuil. Techniquement, on lui reconnaîtra volontiers une certaine habileté dans sa gestion de l’espace, du temps et du son, mais alors que le film entend capitaliser à fond sur ce dernier élément, on se souvient avec bien plus d’émotion d’un Pontypool ou d’un Berberian Sound Studio, autres films ayant joué (plus brillamment et efficacement) avec la terreur sonore. Tuason envisage néanmoins une trilogie avec un second film qui reviendrait sur l’histoire derrière ces fichiers audios écoutés dans le premier film. Pour le coup, on est intrigué et cela pourrait donner une autre lecture à ce premier chapitre pour l’heure, peu convaincant.

 

Par Nicolas Rieux

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