
Nom : Disclosure Day
Père : Steven Spielberg
Date de naissance : 21 octobre 2026
Type : sortie blu-ray & DVD
Nationalité : USA
Taille : 2h25 / Poids : NC
Genre : Science-fiction, Thriller
Livret de Famille : Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth…
Signes particuliers : Un film imparfait mais qui reste en mémoire.
Synopsis : Si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, ça te ferait peur ? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable… Disclosure Day.

LE GRAND RETOUR DE SPIELBERG A LA SF
NOTRE AVIS SUR DISCLOSURE DAY
Chaque nouveau film de tonton Spielberg est un petit événement. Mais alors un nouveau film de tonton Spielberg sur les extraterrestres, les promesses sont instantanément décuplées au carré de l’hypoténuse multiplié par Pi (ok ça veut dire mais on s’en fout). Des effluves de E.T, de Rencontres du Troisième Type ou de La Guerre des Mondes remontent en mémoire, et forcément avec elles, une excitation sans pareille. Dire que Disclosure Day était l’un des films les plus attendus de l’année serait un doux euphémisme. Rien que le titre à consonance complotiste avait de quoi foutre les poils (grosso modo « Le Jour de la Divulgation »).

Spielberg et la science-fiction, une association qui a souvent matché pour le meilleur, et qui a généré des images emblématiques de l’histoire du cinéma. Disclosure Day va t-il en ajouter de nouvelles au panthéon du genre ? Carte doute. C’est un fait, Spielberg a vieilli. C’est triste, mais c’était inéluctable. À près de 80 ans, le cinéaste toujours animé par sa fougue et son envie de croire qu’il existe d’autres formes de vie quelque part là-haut dans le ciel, signe un film différent à la fois de ses précédents mais aussi de ce qui se fait (ou s’est fait) de manière générale ces dernières décennies. Un film plus posé, davantage dans la réflexion plus que dans le spectacle tonitruant, un film qui se pose -et nous pose- des questions intéressantes sur la croyance, le partage de l’information, le droit ou non de cacher une vérité universelle.

Mais en dépit de qualités indéniables, d’une solide construction narrative, d’une remarquable gestion du suspense et des révélations ou d’une mise en scène capable d’élans de grâce comme seul Spielberg sait les créer, Disclosure Day ne parvient pas à convaincre totalement. Pourquoi ? Pourtant, l’introduction est formidable, la conclusion magnifique et d’une puissance émotionnelle phénoménale, et entre les deux Spielberg entretient la mécanique huilée de son long-métrage avec une poignée de séquences assez folles. Le sujet est captivant, le scénario est souvent malin, le suspense captive, l’ambiance et le parfum de mystère aussi, Spielberg parvient encore à se montrer créatif après plus d’une trentaine de films, Josh O’Connor, Emily Blunt et Colin Firth font un bon boulot d’incarnation (surtout Emily Blunt dont la performance est à saluer), la musique de John Williams (probablement sa dernière composition avant une retraite méritée) est prenante… Tout pointe vers une réussite indiscutable. Mais voilà, l’expression consacrée dit que le diable se cache dans les détails.

Au final, Disclosure Day donne l’étrange impression d’être un grand film handicapé dans sa course vers le génie par une jambe un peu flottante. Car malgré ses défauts pourtant assez visibles, ce retour de Spielberg à la science-fiction n’a rien d’un acte manqué. Pour preuve, plusieurs jours après sa découverte, le film travaille encore, intrigue, tourne et retourne en mémoire… et se bonifie même. Etonnant. A vrai dire, quoiqu’il en soit, on a envie de l’aimer passionnément, à la folie. Pourquoi ? Parce qu’on se surprend à constater qu’il en reste quelque chose de profondément fort et émouvant. En réalisant son film le plus spielbergien depuis longtemps, tonton Steven partage de manière hyper touchante et surtout très sincère son envie quasi enfantine de croire. Et avec lui, poussé par son éternel désir d’émerveillement si communicatif, on se plaît à avoir envie de croire aussi. À travers son histoire de conspiration gouvernementale et d’ovnis cachés, Disclosure Day est un œuvre foisonnante qui mélange le thriller de mystère et d’enquête, le film de complot paranoïaque, le roller coaster d’aventure, de poursuite et d’action, la romance aussi, et bien sûr la SF… dans sa plus pure expression.
Il en ressort un long-métrage fascinant, brillant, et bourré de trouvailles visuelles et narratives. Mais le tout reste dominé par cet amour inconditionnel des grandes histoires de cinéma comme Spielberg sait les créer, en les racontant à juste distance entre l’intime et l’épique. Quelque part à mi-chemin entre X-Files et le Signes de Shyamalan, Disclosure Day est ce que l’on peut qualifier de « blockbuster intelligent », mais un vrai, un qui ne triche pas, pas un de ces machins prétentieux à la Nolan. Ou quand l’incroyable d’une grande aventure n’a d’autre dessein que de servir un propos simple et d’une profonde sensibilité. Décidément, les années passent et une chose ne change pas : Spielberg a toujours cet âme d’enfant intacte, la même qui lui permet depuis tout ce temps de nous livrer des fables empreintes d’une magie renversante.

LE BLU-RAY DE DISCLOSURE DAY
Même si elle ne revisalise pas avec l’édition UHD (littéralement renversante), l’édition Blu-ray standard éditée par Universal est du très bel ouvrage. Image d’une netteté saisissante, étalonnage parfait, respect des couleurs et des contrastes, l’expérience visuelle est excellente. Petit bémol côté son en revanche. Si les puristes se régaleront avec une VO bénéficiant d’un Dolby Atmos plutôt solide et parfaitement spatialisé, les amateurs de VF eux n’auront pas cette chance. Pire, ils n’ont même pas droit à un DTS-HD Master Audio sans perte audio et devront se contenter d’un simple 7.1 Dolby Digital+ plus compressé.
Côté suppléments, toutes les éditions HD proposent un long making-of d’environ une heure qui survole un peu toutes les facettes du film, de sa conception aux effets spéciaux en passant par les comédiens ou les cascades. Un second module s’attarde plus spécifiquement sur l’énième collaboration entre Steven Spielberg et son compositeur fétiche John Williams.
Par Nicolas Rieux
