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LES VOLETS VERTS de Jean Becker : la critique du film

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Nom : Les Volets Verts
Père : Jean Becker
Date de naissance : 2021
Majorité : 24 août 2022
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h35 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de Famille : Gérard DepardieuFanny ArdantBenoît Poelvoorde, Stéfi Celma, Anouk Grinberg…

Signes particuliers : Un joli film porté par un excellent Depardieu. 

Synopsis : « Les Volets verts » dresse le portrait d’un monstre sacré, Jules Maugin, un acteur au sommet de sa gloire dans les années 70. Sous la personnalité célèbre, l’intimité d’un homme se révèle.

RADIOGRAPHIE D’UN MYTHE

NOTRE AVIS SUR LES VOLETS VERTS

On ne pas se mentir, ça fait bien longtemps que l’on n’a pas été touché par le cinéma doucereux de Jean Becker, qui cumule depuis de longues années maintenant, les films mièvres au possible, souvent pétris dans une incommensurable naïveté et fadeur cinématographique. Qu’attendre donc de son petit dernier coécrit avec son fidèle compère, le regretté Jean-Loup Dabadie, d’après un roman de Simenon ?  A vrai dire, pas grand-chose. Mais malgré tout, la curiosité était quand même là. Probablement parce que Les Volets Verts entretient un intrigant mélange entre la réalité et la fiction. Porté par Gérard Depardieu, le film dresse le portrait d’un monument de la scène cinéma & théâtre usé par le poids des années, par le métier très demandeur, par un physique qui fatigue, par les excès de bouffe et d’alcool. Portrait d’un acteur fictif ou… portrait de Gérard Depardieu ?

Nombreux sont ceux qui avaient noté le troublant rapprochement entre l’acteur Depardieu et le Maigret qu’il incarnait chez Patrice Leconte récemment. Depardieu était Maigret, Maigret était Depardieu. Cette idée est encore plus poussée dans Les Volets Verts tant le portrait de ce monstre de scène que dresse Jean Becker est follement proche de la réalité de celui qui l’incarne à l’écran. C’est un Gérard Depardieu presque mis à nu que le film nous donne à voir et le résultat, troublant, est finalement touchant. Les Volets Verts est une belle immersion dans les coulisses du « métier » habitées par ces ogres très vivants, presque trop vivants. Ce Jules Maugin de fiction (Depardieu donc) est tout, un irascible, un gouailleur, un mélancolique, un excessif, une figure attachante, touchante, généreuse et difficile. Mais au-delà du seul regard sur un personnage qui symbolise l’acteur qui l’interprète, Les Volets Verts est aussi un beau film sur un monde qui change, celui des comédiens qui ont tout connu et qui arrivent au bout du chemin dans un « actuel » qui ne ressemble plus à ce qu’ils ont connu autrefois, dressant un bilan qui peut être à la fois impressionnant et désespérément vide.

Les tares du cinéma de Jean Becker sont encore là, elles n’ont pas été balayées d’un coup de cuillère à pot. Le film paraît très artificiel dans l’écriture comme dans sa confection, très souligné, très apprêté, très « mis en scène » (très faux diront certains) et surtout parfois bien naïf. Néanmoins, par l’interprétation de sa star comme de ceux qui l’entourent (Poelvoorde, Fanny Ardant, Stéfi Celma tous très touchants) ou par quelques moments de grâce qu’il ménage tout au long de son incursion dans l’intimité d’un homme derrière la légende publique, Les Volets Verts émeut et captive au-delà de ses défauts évidents et de son manque de personnalité artistique.

 

Par Nicolas Rieux

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