Mondociné

LES LENDEMAINS DE VEILLE de Loïc Paillard : la critique du film

Partagez cet article
Spectateurs


Nom : Les Lendemains de Veille
Père : Loïc Paillard
Date de naissance : 2021
Majorité : 21 septembre 2022
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h32 / Poids : NC
Genre : Comédie dramatique

Livret de Famille : François Pouron, Lucile Krier, Marie-Camille Soyer, Denis Eyriey, Bérénice Coudy, Etienne Beydon, Natacha Brief, Valérian Behar-Bonnet, Sylvain Mossot…

Signes particuliers : La nouvelle merveille du talentueux Loïc Paillard, idéale pour oublier le blues de la rentrée !

Synopsis : L’histoire de Vincent, Malo, Lola, Matéo, Blaise et Xavier. À l’époque ils étaient jeunes et avaient un rêve, celui de vivre ensemble ; libres et autonomes. Et ce rêve avait un nom : « La communauté des lendemains de veille ». Leur groupe a pourtant fini par faire comme tout le monde et ils se sont progressivement perdus de vue. Ils ne s’étaient pas donné rendez-vous dans le futur mais la mort de l’un des leurs en a décidé autrement.

FILM « COUP DE COEUR »

NOTRE AVIS SUR LES LENDEMAINS DE VEILLE

On garde (et gardera éternellement) un souvenir ému de notre rencontre cinéphile avec le cinéma de Loïc Paillard, jeune réalisateur dont le premier long-métrage (Les Étoiles Restantes) était une merveille de poésie, de drôlerie et de tendresse. Le genre de petit film « coup de cœur » aux allures d’inattendu cadeau tombé du ciel. Il aurait été dommage qu’il reste fils unique tant le talent de son auteur était évident. Deux ans plus tard, la pandémie est arrivée laissant une partie du monde du spectacle au chômage forcé. Mais pas Loïc Paillard et sa bande d’amis-comédiens. Presque sur un coup de tête (on exagère à peine), le metteur en scène a embarqué toute sa bande dans une maison dénichée à la campagne en mode « allez, venez, on va tourner un film ». L’issue de tout ça aurait pu donner un film brouillon, un truc « torché à la va-vite » dans une improvisation foireuse et fossoyeuse enterrant écriture, artistique et esthétisme. C’est bien mal connaître Loïc Paillard qui signe tout le contraire, un film balancé entre l’échappée vivifiante et le modeste bijou de cinéma. Les Lendemains de Vieille, ou quand le cœur rencontre la beauté.
Sur le papier, Loïc Paillard plonge dans un genre de cinéma que l’on connaît pourtant par cœur : la comédie de potes. Un genre écrasé par des modèles dominants qui, bien souvent, font trop ombrage aux nouvelles tentatives. On pense aux Copains d’abord de Lawrence Kasdan, à Un Éléphant ça trompe énormément d’Yves Robert ou plus récent, aux Petits Mouchoirs de Guillaume Canet. Ces références, Loïc Paillard les a, les connaît, les maîtrise. Mais jamais elles ne le freinent, jamais elles ne plombent son effort qui brille par sa liberté, sa fraîcheur, son énergie. Sans avoir l’orgueil frondeur de renouveler le registre, Loïc Paillard signe un bonbon qui évolue tel un équilibriste entre l’humour savoureux, la tendresse émouvante et l’intelligence du regard sur cette brochette de trentenaires qu’il dépeint avec affection. Un regard très existentialiste sur la vie et son déroulé (il y a les idéaux de jeunesse et la réalité de la suite) où une réelle finesse se cache en creux derrière le rire et l’amusement, sans jamais que la proposition ne sombre dans la prétention pompeuse à l’intellectualisation forcée. La vraie intelligence est celle-ci, celle qui parvient à se faufiler dans les recoins d’un film faussement léger mais réellement agréable, subtilement malin et terriblement pertinent.
Emmené par une galerie de comédiens entre lesquels on sent une alchimie totale qui éclabousse l’écran et confère beaucoup d’authenticité à la virée, Les Lendemains de Veille évite tous les pièges du genre et du simple délire personnel plombé par l’entre-soi. Plaisant, vivant et surtout communicatif grâce à l’universalité de ce qu’il raconte autour des trajectoires personnelles des uns et des autres, le film de Loïc Paillard régale de bout en bout, jonglant entre le rire et l’émotion sans aucun cynisme, cinématographique ou de pensée. C’est d’ailleurs et très probablement cette délicieuse sincérité qui le rend si attachant, si jubilatoire, si intéressant. Il pousse le spectateur à l’introspection de lui-même sans chercher à se prendre pour plus qu’il n’est, à savoir une joyeuse aventure humaine passionnée.

 

Comble de ce petit geste de grâce dont l’humilité bouleverse, il balaie d’un revers de la main l’un des travers récurrent d’un certain cinéma français actuel. Ce n’est pas parce que l’on fait un film « léger » (en apparence ou pas) qu’il faut l’exécuter laconiquement en s’exemptant de toute ambition de réalisation. Une patte est toujours appréciable pour élever un peu les œuvres au rang de « cinéma ». Et celle très énergique de Loïc Paillard est follement séduisante. Si l’on avait déjà décelé un potentiel énorme sur Les Étoiles Restantes, ce second long-métrage confirme qu’il y a beaucoup de cinéma qui habite le bonhomme. Les plans d’une franche beauté défilent de la première à la dernière minute pour soutenir son touchant récit, avec en point d’orgue, une scène de danse enivrante et habitée qui bouleverse autant que celle, si saluée, du Drunk de Thomas Vinterberg. Et puisque l’on parle de danse, impossible de ne pas dire un mot de la bande originale grisante (composée par l’un des comédiens du film), formidablement énergisante et véhicule d’émotions. En bref, Les Lendemains de Veille est le genre de petite pépite à ne surtout pas manquer pour tous ceux désirant vivre un chouette moment de cinéma. Un vrai feel good movie qui fait du bien au cœur et à l’âme.

 

Par Nicolas Rieux

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Close
Première visite ?
Retrouvez Mondocine sur les réseaux sociaux