UNIVERSAL SOLDIER : LE JOUR DU JUGEMENT (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Universal Soldier : Day of the Reckoning
Père : John Hyams
Livret de famille : Scott Adkins (John), Jean-Claude Van Damme (Luc Devereaux), Dolph Lundgren (Andrew Scott), Mariah Bonner (Sarah), Andrei Arlovski (Magnus), Kristopher Van Varenberg (Miles)…
Date de naissance : 2012
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h54 – 11,5 millions $

Signes particuliers (+) : Des bastons hyper brutales et violentes.

Signes particuliers (-) : Un script catastrophique, nébuleux et pas assez travaillé. Chiant et étonnamment prétentieux par un excès d’ambitions en regard du produit concerné. Raté.

 

UN P’TIT DERNIER POUR LA ROUTE ?

Résumé : Les Unisols Luc Devereaux et Andrew Scott essaient de constituer une armée invincible peuplée des meilleurs Unisols restants, affranchis des ordres du Gouvernement. De son côté, John sort du coma après le massacre de sa famille et voit des images dans sa tête qui le perturbent…

Après le revival de Judge Dredd, celui de Universal Soldier ! Le cinéma musclé des années 90 a décidément le vent en poupe ces temps-ci, sur le marché mondial animé du DTV (ces films ne sortent au cinéma généralement que sur le sol américain). Vingt ans déjà séparent le premier volet signé Roland Emmerich en 1992, de ce quatrième opus essayant de relever le niveau après les purges programmées que furent Universal Soldier : Le Combat Absolu en 1999 (Mic Rodgers) puis Universal Soldier 3 : Regeneration en 2009, réalisé déjà par John Hyams, qui rempile donc pour une nouvelle séquelle trois ans plus tard. Le fils du célèbre Peter Hyams avait déjà fait un boulot assez moyen sur le troisième volet et donc forcément, on peut pas dire que c’était dans un summum d’excitation que l’on attendait la suite d’une franchise qui commence, enfin non, qui continue, à devenir poussive de volume en volume. Car franchement, en dehors de la gentille série B bien bis qu’avait été Universal Soldier I et son mano a mano dantesque entre JVCD et Lundgren, depuis, la saga avait un peu les pieds dans la fange et ça commence sérieusement à atteindre le cou là. Et le pire, c’est que ce nouveau Universal Soldier : Le Jour du Jugement était précédé d’échos pas trop moches, ce qui devenait alors plutôt tentant. La joie a été de courte durée.

Lundgren, Adkins, Van Damme, on croirait relire le casting du dernier Expandables de l’ami Stallone. Mais non, il s’agit donc bien de Universal Soldier 4 qui essaie de déployer un scénario plus original, pas seulement limité aux seules séquences d’action bourrines. En même temps, les mecs s’y sont mis à quatre quand même pour pondre le script de ce nouveau volet qui a intérêt à assurer de ce côté là sous peine de voir ces auteurs passer pour de vrais narvalos. Eh bien, croyez-le ou non, mais c’est mauvais ! Sûrement réunis entre geeks fans de la franchise, les gaillards se sont dits que cette fois, ils allaient surprendre, qu’ils allaient accouchés d’un récit plus intelligent, plus profond, comportant plusieurs niveaux et traversant le drame, le thriller et l’actionner pour se diriger vers une œuvre de qualité. Top, c’est parti, on peut rire maintenant. Universal Soldier 4 est l’exemple typique du film qui essaie d’être intelligent mais qui ne sait absolument pas comment s’y prendre. Alors il fait comme nombre de ses congénères, il fait semblant. De deux choses, soit ça ne se voit pas et avec un peu de chance, ça va marcher, soit ça se voit et là, le résultat est terrible. Et c’est le cas ici puisque le film se fraye un chemin quelque part entre le prétentieux et le ridicule, vacillant des deux côtés, ne sachant pas dans lequel tomber. Alors pour faire simple, il teste les deux. Tour à tour ridiculement nanardesque puis pompeusement prétentieux, Universal Soldier 4 est à la fois un actionner pathétique (seulement sauvé par sa séquence de baston finale et encore, les derniers instants manquent d’épique) et un film de SF ultimement ennuyeux, très porté sur le blabla lent et monotonement inutile, d’autant qu’au final, on comprend pas plus l’histoire. Ce que l’on comprend, c’est surtout que les scénaristes dont Hyams lui-même, tenait une bonne idée, celle de l’inversion des rôles,  mais qui ne se matérialise malheureusement pas à la fin. Qui est gentil, qui est méchant ? Le film s’engouffrait dans une thématique trouble et troublante intéressante mais Hyams dégonfle tout ça comme un ballon de baudruche au terme d’une fin lamentable de bêtise et qui en prime, ouvre le film à d’autres potentielles suites, ce qui fait bien chier.

Avec son casting de tronches patibulaires « mononucléées » et sa réalisation lourdingue, Universal Soldier 4 est une purge qui essaie de ne pas en être une. Visiblement, ça a presque marché puisque le film est apprécié de certains sites spécialisés et de certaines vraies personnes même. Ceci étant dit, il échoue dès qu’il s’agit d’une moyenne globale réunissant plusieurs personnes, voyant sa côte dévisser en flèche. Ni suite, ni séquelle, ce quatrième chapitre (qui recycle une grande partie du casting du troisième volet, y compris ceux qui sont censés être morts) est un grand n’importe quoi. D’un côté, il ne se préoccupe pas de s’inscrire dans la lignée narrative logique des précédents et d’un autre, il implique forcément d’être familier à l’univers des Unisols pour comprendre une intrigue –on ne sait pourquoi- fumeuse et rendue complexe pour rien car elle est en réalité très simple et terre à terre. Enfin si, on devine. C’est parce que Hyams et Moshe Diamant (un fidèle producteur des films de Van Damme qui apparaît ici chauve, peinturluré et gourou-tique) essaye de ménager un suspens d’une connerie à bouffer du foin quand l’histoire commence à se dévoiler, vu qu’il aurait été plus simple de le dire dès le départ car c’est pas non plus la surprise du siècle.

Bref, Universal Soldier 4, c’est mauvais. Le film se veut plus ou moins psychédélique, psychologique, à la limite de l’expérimental par moments, mais il est juste un ratage dans les grandes largeurs que certains repêchent de la noyade, fasciné par, il est vrai, ces combats extrêmement brutaux. La prochaine fois, Mr Hyams fils, assumez ce que vous faites et n’essayez pas d’en faire ce que ce n’est pas. Un actionner bis doit rester un actionner bis et tenter d’en faire une sombre œuvre réflexive, mystérieuse, laissant au spectateur les clés pour comprendre par lui-même, c’est pas une bonne idée. Avec ce genre de produit à petit budget con comme ses pieds, on n’attend pas de la grande SF troublante inspirée d’Asimov mais de l’action bas du front. Ayez au moins le respect de nous donner cela plutôt que de tout foirer par prétention. Reste au moins le carnage final, gros moment de bravoure laissant le champ libre à un déferlement d’action monstrueusement hardcore et qui dépote. On prend du coup un peu de plaisir à voir Adkins devenir une montagne énervée carburant au free fight.

Bande-annonce :

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