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PRISCILLA de Sofia Coppola : la critique du film

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Nom : Priscilla
Mère : Sofia Coppola
Date de naissance : 03 janvier 2024
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h53 / Poids : NC
Genre : Biopic

Livret de Famille : Cailee SpaenyJacob ElordiDagmara Dominczyk

Signes particuliers : Sofia Coppola passe à côté. 

Synopsis : Quand Priscilla rencontre Elvis, elle est collégienne. Lui, à 24 ans, est déjà une star mondiale. De leur idylle secrète à leur mariage iconique, Sofia Coppola dresse le portrait de Priscilla, une adolescente effacée qui lentement se réveillera de son conte de fées pour prendre sa vie en main.

PORTRAIT DE FEMME

NOTRE AVIS SUR PRISCILLA

17 ans après Marie-Antoinette, Sofia Coppola se penche à nouveau sur la vie d’une femme. Cette fois, c’est celle de Priscilla Presley, épouse de feu Le King Elvis, qui lui a tapé dans l’œil après la lecture de Elvis and Me, les mémoires de Priscilla. Un rôle que Coppola a confié à la vedette montante Cailee Spaeny (que l’on retrouvera prochainement dans le Civil War d’Alex Garland ou le Alien : Romulus de Fede Alvarez). De sa rencontre avec Elvis quand elle avait 14 ans à leur séparation en 1972, Priscilla retrace une jeunesse marquée par une passion tourmentée et dresse un portrait de femme cherchant à émettre un propos moderne en regardant le passé.

Ce n’est pas la première fois qu’on le dit, toutes les histoires vécues ne sont pas bonnes à être racontées au cinéma. La jeunesse de Priscilla Ann Wagner en est un bon exemple. Surfant sur le succès du biopic (réussi) Elvis de Baz Luhrmann, Sofia Coppola donne à voir un autre point de vue sur la superstar du rock n’roll. Elle a été la compagne fidèle du King et a supporté avec résilience ses absences, ses colères et ses infidélités. Et ? Bah et pas grand-chose malheureusement, c’est bien tout le problème. Sofia Coppola n’a pas grand chose à raconter… puisqu’il n’y a pas grand chose à raconter. Ou peut-être qu’elle s’y prend mal pour le raconter, autre option possible. Biopic plat comme l’encéphalogramme d’un zombie sous xanax, Priscilla n’est ni passionnant, ni pertinent en tant que contre-regard sur la star, pas plus qu’il n’est un portrait de femme réellement maîtrisé. Priscilla va de son point A à son point B en pédalant dans une terne fadeur, esquissant des idées qui ne sont jamais réellement explorées, évoquant des choses qui restent en surface ou sans réponse, observant avec neurasthénie une jeune captive d’une prison dorée. En soi, l’idée n’était pas tant que de raconter Le King ou sa compagne mais de saisir les contours d’une jeune fille empêchée par les codes sociétaux et le patriarcat dominant de l’époque. Comme pour montrer qu’il fût un passé pas si lointain où la femme était piégée dans un carcan réducteur dont il était impossible de se libérer : celle de l’épouse qui doit rester discrète et à sa place. Sauf que ce fond, Coppola ne le capte pas avec force, déchirement, résonnance ou puissance. De son film, il ne reste rien, ni l’histoire, ni le style, ni la prestation trop effacée de Cailee Spaeny. Et encore moins l’articulation entre ce regard sur le passé pour mieux parler du présent.

 

Par Nicolas Rieux

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