PARANORMAL ACTIVITY 3 (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Paranormal Activity 3
Parents : Henry Joost et Ariel Schulman
Livret de famille : Katie Featherston, Sprague Grayden,Lauren Bittner, Chloe Csengery, Christopher Nicholas Smith…
Date de naissance : 2011
Nationalité : Etats-Unis
Taille/Poids : 1h24 – 5 millions $

Signes particuliers (+) : 25 dernières minutes très tendues et efficace. Quelques pics de flippe parsemés ça et là.

Signes particuliers (-) : Un script d’une rare bêtise. Une réal incohérente. Une première heure manquant de rythme.

 

PARANORMAL ACTIVITY : ORIGINS

Résumé : Retour sur l’enfance des sœurs Christy et Katie et sur les origines du mal qui semble les poursuivre…

Et voilà le retour de la lucrative saga Paranormal Activity (à croire qu’elle est la nouvelle Vendredi 13 de notre temps) qui n’en finit plus d’essayer de terroriser les spectateurs, réussissant à avoir les néophytes autant qu’elle navre les amateurs du genre. Troisième volet, ce nouvel opus suit les logiques commerciales animant Hollywood depuis quelques années. Après un premier épisode à succès, c’est logiquement qu’une suite est mise en chantier puis un troisième volet faisant office de préquelle et revenant sur « les origines » en attendant probablement un reboot et une nouvelle séquelle et ainsi de suite jusqu’à l’usure, afin de sucer la moelle jusqu’à l’os. Et tant que les versions cinéma feront des entrées, on en profite avant de, quand baisse il y aura, basculer la franchise sur le terrain du DTV pour quelques suites supplémentaires à moindre frais, histoire de glaner encore quelques précieux dollars. On la connaît tellement cette chanson.

Si le premier opus était quand même bien médiocre mais « imaginatif », il laissait surtout un sentiment de profonde arnaque reposant sur le néant intersidéral du projet qui tentait d’imposer le frisson par des portes qui claquaient et des pièces vides filmées fixement. Ce vide abyssal fut comblé pour un second volet un brin supérieur car plus dynamique et où l’on avait moins cette impression d’avoir été pris pour des triples buses. Quid du troisième volet à l’heure où des versions locales fleurissent (Tokyo Paranormal Activity, vous êtes sérieux là ?!)

Ce troisième opus se révèle vite hésitant, marchant à la fois sur les traces du premier et sur celles du second. En tout cas, voilà un film de tous les paradoxes. Chiant pendant près d’une heure, intense durant les 25 dernières minutes, voilà un premier paradoxe. Paranormal Activity 3 semble être bien parti pour être une bouse infâme transpirant l’ennui colossal et pourtant, il parvient à nous cueillir dans un final tétanisant et provoquant effroi et coupure de respiration alors que l’on se recroqueville progressivement en position fœtale dans son fauteuil. Basculant enfin de l’ombre à la lumière, Paranormal Activity 3 prend laborieusement son temps mais nous dirige au final vers une terreur espérée mais presque inattendue désormais, devenant enfin efficace. La grande question cinématographique et narrative qui peut se soulever dès lors est la suivante : « Et si c’était justement cette monotonie, ce récit du rien qui rendait ce final aussi palpitant que terrifiant ? ». En somme, si le film s’était montré plus dynamique durant près d’une heure, la fin aurait-elle eu cet impact soudainement brutal, prenant et angoissant au possible ? C’est peut-être la transformation, le changement radical entre deux gestions du temps et de la narration très différentes qui amènent à une telle efficacité dans le ressenti recherché. Car sur ces 25 minutes finales explosives, il n’y a rien à redire, Paranormal Activity 3 se métamorphose en un film sensoriel et immersif façon Rec de Balaguero (toutes proportions gardées, soit). Mais peut-être le talent aurait été justement de parvenir à un meilleur équilibre tout en gardant cette construction maligne.

Sauf que l’ennui n’est presque pas le défaut majeur de ce troisième opus. Si la concordance avec les deux précédents volets est parfois discutable pour une préquelle expliquant les origines du mal poursuivant les deux sœurs/protagonistes, la bêtise est visiblement l’adjectif idéal soutenant l’entièreté du récit conté ici par les cinéastes Henry Joost et Ariel Schulman. Car dans le genre con à manger du foin, P.A. 3 se pose là avec son festival d’incohérences et d’illogismes. Le concept est toujours le même. La maison semble étrange voire hantée, on décide d’y poser des caméras un peu partout pour en avoir le cœur net. On est en 1988, ce seront donc des VHS. Bien sûr, cinéma oblige, la qualité vidéo ne sera pas dégradée, ne poussons pas trop loin l’expérimentalisme. Bien. Partant de ce principe… Pourquoi personne ne croit personne ? Les parents sont-ils complètement abrutis ou le scénariste écrivait-il son film depuis Ibiza entre deux fêtes alcoolisées ? La mère, la sceptique de service, ne croit pas une seconde le père, ne croit pas ses enfants, pensant qu’ils affabulent et que leur imagination leur joue des tours, le père doute parfois… Non mais sérieusement ?! Faudrait songer à rappeler aux personnages que plutôt que douter et s’engueuler sur la véracité des évènements, ils n’ont qu’à regarder ces fichues K7 !!! Elles sont là pour ça, non ? Non visiblement d’après monsieur l’auteur. Notre couple préfère s’engueuler en mode « arrête tes conneries », plutôt que d’allumer leur télé et vérifier les affirmations des uns et des autres. Et puisque nous sommes au rayon des âneries, nous avons à ma droite un père qui visionne chaque jour les images de la veille et à ma gauche, des enfants qui deviennent somnambules la nuit, marchant en équilibre sur les rebords d’escaliers, sautant de trois mètres de haut, dansant sur le plan de travail de la cuisine à 3h du matin ou restant des heures dans l’entrebâillement de la porte de la chambre de leurs parents. Bien… Cela n’empêche pas le père de piquer une crise de panique pour un pauvre fantôme sous un drap blanc (si, si, ils ont osé le coup du fantôme sous un drap blanc façon scooby-doo) mais de ne jamais évoquer ou s’inquiéter des attitudes étranges de ses rejetons.

Bref, quelques exemples à l’appui, Paranormal Activity 3 ne tient pas la route, c’est un fait mais un fait qui ne nous permet pas de condamner la totalité d’un film qui, problème, se réveille lors de ses fameuses 25 dernières minutes tendues et efficaces sur fond de secte satanique usant d’effets horrifiques inventifs et bien sentis pour un final désarçonnant. Un final qui a lui seul vaut presque le coup de se taper un film entier qualitativement aléatoire et pas toujours judicieusement filmé (la caméra rotative, quelle connerie !). Sans être non plus un somnifère à l’image du premier volet, P.A. 3 a juste le tort de se réveiller trop tardivement et d’être bien con mais propose quand même un joli moment d’angoisse. Meilleur que le premier, inférieur au second. Voilà le bilan. On en revient à l’éternel problématique : quand est-ce qu’un Paranormal Activity arrivera à capitaliser que sur ses qualités en évacuant les mêmes défauts qui se répètent d’un film à l’autre ? Sinon, mieux, qu’un montage soit fait des meilleurs moments des trois volets, ce sera plus efficace que se les taper entier.

Bande-annonce :

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