LIVRE DE SANG (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Clive Barker’s Book of Blood
Père : John Harisson
Livret de famille : Jonas Armstrong (Simon), Simon Bamford (Derek), Romana Abercromby (Janie), Sophie Ward (Mary), Doug Bradley (Tollington), James Watson (Jimmy), Paul Blair (Reg), James McAnerney (Dr Blake)…
Date de naissance : 2009
Nationalité : Angleterre, Etats-Unis
Taille/Poids : 1h40 – 6 millions $

Signes particuliers (+) : Un excellent film d’horreur qui en remontre à toutes les bêtises actuelle. Supervisé par Barker, une splendeur visuelle doublée d’un film terriblement angoissant.

Signes particuliers (-) : x

 

MASTER OF HORROR

Résumé : Une professeur en parapsychologie se rend dans une maison abandonnée avec un de ses étudiants apparemment capable de communiquer avec les morts, pour entrer en contact avec un adolescent assassiné…

Quels sont les points communs entre Hellraiser, Candyman, Le Maître des Illusions et The Midnight Meat Train ? Les amateurs de cinéma d’horreur auront vite fait de répondre à cette énigme facile, c’est Clive Barker et plus particulièrement son anthologie littéraire des Livre de Sang. Six recueils d’histoires horrifiques publiés entre 1984 et 1986 et qui donneront lieu à ces adaptations célèbres et à quelques autres, plus médiocres et pas restées dans les annales, comme Rawhead Rex, la toute première transposition d’une de ces histoires au cinéma. Alors que dans les années 90, il avait été question que les Livres de Sang constituent le matériau de base d’un film à sketches, le projet était tombé à l’eau. Sous la bannière de sa société fondée dans les années 2000, Midnight Picture Show, Clive Barker choisit de superviser lui-même l’adaptation de ses écrits pour en avoir un minium le contrôle. L’excellent Midnight Meat Train sort de ces chaudrons. Mais il est grand temps de s’attaquer à la source du mal, avec la toute première histoire du premier recueil intitulée sobrement et logiquement, Livre de Sang, ce qui deviendra le titre français de la transposition au cinéma dirigée par John Harisson (qui a derrière une solide expérience, notamment à la télé pour avoir travaillé sur des séries comme Les Contes de la Crypte, Histoires de l’autre Monde, Dune, réalisateur du film Darkside, les contes de la nuit noire et compositeur de BO pour Romero sur Creepshow ou Le Jour des Morts-Vivants). The Book of Blood est la nouvelle qui fait office d’introduction aux Livres de Sang et raconte l’histoire d’un malheureux dont le corps fait office de réceptacle aux histoires des morts, sa peau devenant un recueil où ils peuvent écrire leurs histoires terrifiantes. Pour lui donner plus de corps, les auteurs vont la croiser avec la nouvelle Jerusalem Street, présente dans le sixième tome et qui revenait pour un prolongement sur la toute première originelle. Le travail de réécriture sera assuré par Harisson lui-même et un certain (et bien mystérieux) Darin Silverman, sous la supervision de Barker himself.

Et tout de suite les choses d’aller plus droites et bien mieux. Le Livre de Sang est une belle réussite du genre, mêlant univers graphique horrifique splendide (l’une des forces du style Clive Barker), atmosphère angoissante voire tétanisante, thématiques privilégiées de l’auteur/cinéaste (le mélange de sexe et d’horreur notamment, que l’on trouvait déjà dans le premier Hellraiser)… Sur la base d’un film de maison hantée, Harisson déploie un bel imaginaire s’attardant sur la charnière entre les deux mondes, celui des vivants et celui des morts, imaginaire qui prend corps dans des inspirations visuelles fantastiques.

A l’heure où les péloches soit-disantes « flippantes » pullulent et nous poussent de films en plus vers la consternation la plus totale, le maître de l’horreur Barker remet les pendules à l’heure, bien aidé par l’excellent travail de John Harisson qui fait du très bon boulot dans l’écriture et la mise en images de cette adaptation. 1h30 de terreur pure rappelant les meilleurs films du genre, de The Haunting au Prince des Ténèbres et passant par L’Exorciste. Harisson s’applique à faire dans un cinéma à l’ancienne, ne débordant d’effets faciles usités et pathétiques mais au contraire, privilégie une atmosphère, une ambiance d’étrangeté permanente dans laquelle les séquences horrifiques vont surgir comme des coups de couteau assénés par surprise. Cette plongée dans l’univers tortueux et torturé de Clive Barker est un must, pas parfait, la faute à des ambitions limitées par le budget du métrage, mais un film de haut-vol très recommandable pour les amateurs. Du vrai bon cinéma de genre où terreur rime avec horreur, le tout dans une série B qui a du coffre et du relief. Un régal.

Bande-annonce :

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