127 HEURES (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : 127 Hours
Père : Danny Boyle
Livret de famille : James Franco (Aron), Amber Tamblyn (Megan), Kate Mara (Kristi), Clémence Poésy (Rana), Lizzy Caplan (Sonja), Kate Burton (la mère d’Aron), Treat Williams (le père d’Aron)…
Date de naissance : 2010
Nationalité : États-Unis, Angleterre
Taille/Poids : 1h34 – 18 millions $

Signes particuliers (+) : Il fallait bien tout le génie de Boyle pour tenir à ce point en haleine dans un film « statique ». Brillant, énergique et quelle prestation de James Franco !

Signes particuliers (-) : x

 

C’EST QUI LE CON QUI M’A LANCÉ UN CAILLOU ?

Résumé : L’histoire vraie d’Aron Ralston, américain tout ce qu’il y a de plus normal, passionné de sport en plein air, de randonnée, de VTT, d’alpinisme… Alors qu’il est parti pour la journée sans prévenir personne dans une zone qu’il connaît par cœur, l’improbable va se produire. Un morceau de roche se détache et tombe sur son bras alors qu’il se trouvait dans une crevasse, loin de tout. Aron est coincé et personne ne peut l’entendre…

Sortant de son médiatique et triomphal Slumdog Millionaire auréolé de nombreuses récompenses mais au tournage éreintant et complexe question logistique avec une délocalisation en Inde pour plusieurs semaines, le cinéaste Danny Boyle, toujours partant pour des expériences nouvelles, se lance dans la production d’un film plus intimiste, plus « statique » et moins ambitieux, toujours à budget réduit (Slumdog avait coûté 15 millions, 127 heures en aura coûté 18 mais en comptant le cachet de sa star), mais pourtant bien plus casse-gueule et compliqué qu’il n’y paraît. 127 Heures se base sur le récit d’une histoire vraie, celle d’un américain moyen passionné par la nature dans laquelle il aime se ressourcer et se couper du monde. Aron Ralston y pratique VTT, alpinisme, randonnée. Bref, Aron Ralston vit pour ces moments uniques auxquels il s’adonne pleinement et qu’il attend avec une impatience folle après sa semaine de travail. Mais ce jeune homme va vivre un calvaire, un jour d’avril 2003, lorsque l’un de ses week-ends idylliques tourne au cauchemar après un stupide accident. Au détour d’un étroit canyon, un rocher paraissant stable à première vue, se déloge sous son poids, l’entraînant dans sa chute. Coincé au milieu de nulle part, seul, sans téléphone portable et n’ayant prévenu personne de sa destination du jour, il va devoir survivre plusieurs jours durant, le bras bloqué et écrasé sous une pierre de plusieurs centaines de kilos, espérant sans cesse que ses appels à l’aide ne soient entendu.

L’histoire d’Aron Ralston, qui aura fait le tour du monde, a tout du drame très cinématographique et qui aurait presque des allures d’histoire improbable si elle n’était véridique. Et c’est logiquement qu’Hollywood va s’emparer de la chose, bien des années après ce fait divers. Pour Boyle, cet intense récit a tout du parfait sujet de cinéma pour un thriller atypique intense en mode série B à concept façon Frozen ou Buried. Une idée forte soutenant tout un projet. Mais la complexité de l’entreprise était double. Premièrement, la nécessité de trouver un comédien capable de supporter sur ses épaules, le poids de tout un film dont il sera quasiment le seul protagoniste omniprésent. Deuxièmement, et la difficulté est encore pire, réussir le pari de tenir tout un film sur ce maigre postulat en évitant la redondance, le « statisme » (non pas physique pour le coup) et l’ennui une fois la tragédie dépassée. Car l’interrogation se pose : comment tenir 1h30 sur un mec coincé dans une crevasse sans pour autant passer les deux tiers du film à raconter l’avant événement ?

Eh bien, en s’appelant Danny Boyle tout simplement. A l’inverse d’un Frozen ou Buried, Boyle attaque son scénario sous un angle moins narratif et linéairement classique. De l’intrigue même, le cinéaste ne va conserver que le strict minimum, sans chercher à multiplier les éléments de tensions rapportés ou imaginés, les aventures et ou les dérives fictives pour dynamiser son récit par de l’action sans rapport avec la réalité de l’anecdote. Pour cela, le réalisateur va capter l’essence même de la situation en se penchant sur l’état psychologique de la victime au cours de cet évènement incroyable. Comment un homme peut-il bien vivre une telle situation, se sentant progressivement condamné, sentant la mort poindre au fil des jours passant, sans solutions, sans échappatoires ? En se basant sur les récits racontés ou écrits par Ralston depuis sa tragique mésaventure, Boyle va s’attacher à dépeindre comment la folie peut-elle gagner lentement un homme coincé, seul face à lui-même et à son funeste destin annoncé. Littérairement parlant, tout est faisable. Mais la retranscription en images d’émotions aussi vives que douloureuses est une autre paire de manches. Mais Boyle va trouver la solution via un brillant montage, s’introduisant ainsi directement dans le cerveau de son protagoniste, par un savant mélange entre séquences actuelles, passé remontant à la surface pour combler l’ennui et tuer le temps filant comme davantage de chances de s’en sortir et futur halluciné/imaginé d’un homme en proie à la peur, à la détresse ultime.

Cet enchevêtrement fabuleux va apporter à ce 127 Heures, un dynamisme incroyable de vivacité, un dynamisme renforcé par l’énergie folle dépensée par un extraordinaire James Franco, au sommet de son talent, l’acteur compliquant sérieusement la donne des futurs Oscar à venir par sa véritable prouesse d’acteur. Grâce à sa réalisation nerveuse, Boyle va réussir à transfigurer son huis clos immobile pour au final un monument de stress sur grand écran, à l’efficacité indéniable, se muant au passage en belle leçon sur l’espoir et la volonté de survivre. Un vrai beau tour de force.

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