HEADHUNTERS (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Hodejegerne
Parents : Morten Tyldum
Livret de famille : Aksel Hennie (Roger Brown), Synnøve Macody Lund (Diana Brown), Nikolaj Coster-Waldau (Clas Grave), Julie Olgaard, Kyrre Haugen Sydness, Reidar Sorensen, Nils Jørgen Kaalstad, Joachim Rafaelsen…
Date de naissance : 2011
Nationalité : Norvège, Allemagne
Taille/Poids : 1h36 – 4 millions €

Signes particuliers (+) : De la folie, de la tension, de l’humour noir, beaucoup d’humour noir. Un régal décalé. Des personnages en or. Une réal maîtrisée, un script bétonné.

Signes particuliers (-) : x

 

UN CHASSEUR SACHANT CHASSER…

Résumé : Chasseur de tête pour le compte d’une grande entreprise, Roger Brown a une activité secrète : il est un voleur de tableaux. Il est doué au point d’être très riche aujourd’hui, ce qui lui permet d’entretenir un train de luxe pour son ménage. Mais il va se confronter à un imprévu. Son dernier larcin touche un ancien mercenaire revanchard…

On a loué récemment le polar à la belge avec le récent Bullhead. Place désormais au cinéma nordique, très expérimenté dans le genre, après avoir vu les triomphes de la saga Millenium ou émerger des cinéastes fabuleux tels que Nicolas Winding Refn plus bas, au Danemark. Headhunters, troisième long-métrage de cinéma de Morten Tyldum, nous emmène avec grâce, légèreté et énergie tel un ballet filmique, dans le sillage de Roger Brown, délicieux personnage de fiction aussi profond qu’attachant. Primé au festival du film policier de Beaune, Headhunters était précédé d’une excellente réputation et répond d’un grand coup de poing sur la table.

Projet fort déjà vendu dans pas mal de pays, Headhunters masque sa malice et son intelligence derrière une apparente simplicité. Virevoltant, direct comme un uppercut, le thriller de Morten Tyldum repose, au-delà de son efficacité indéniable, sur un personnage fort et charismatique. Expert en vol d’œuvre d’art, amoureux épidermique à la dualité passionnante, comblant son déficit de confiance en lui dans sa vie personnelle par une maîtrise remarquable et une assurance à toute épreuve dans sa vie « professionnelle », Roger Brown est un homme plein de contradictions, frustré, complexé par sa petite taille. Il affiche pourtant une classe, une élégance, un charisme envoûtant, autant de qualités bouleversées d’un revers de la main dès qu’il est immergé de sa vie conjugale, sans cesse angoissé, apeuré de tout perdre par complexe d’infériorité. Un complexe qu’il combat par une volonté de briller, par l’argent, par la puissance d’une posture sociale. Jusque-là fort d’une maîtrise de son art régulé par des règles qu’il s’impose, Roger Brown va avoir au choix, un petit pêché de vanité, un fou désir précipité ou une terrible malchance. Dans tous les cas, il va se retrouver plongé dans un enfer qui va lui coller aux basques, détruisant son monde, son organisation millimétrée. Lui habitué à traquer ses proies artistiques, il va devenir l’objet d’une traque acharnée à son tour, violente, radicale, dans laquelle il va être dépassé. Tout va aller trop vite, trop fort, son assurance va s’effilocher à vitesse grand V au point qu’il va perdre pied.

Morten Tyldum emporte son personnage terriblement attachant dans un tourbillon concentré dans lequel il va être ballotté comme feuille au vent. Furieux, dynamique, alliant une efficacité radicale à humour jubilatoire parsemé à merveille au détour de quelques passages décalés avec une douce folie irréelle (le tracteur, les WC), Headhunters est une nouvelle claque confirmant la vitalité du cinoche nordique qui peut proposer autre chose que les (très bons) films d’horreur qu’ils proposent. Affichant une maîtrise formelle épatante qui trouve écho dans une maîtrise scénaristique aux petits oignons où Tyldum gère le déroulement de son récit avec vitesse et folie, Headhunters change de cap sans cesse avec une imprévisibilité emballante, passe du thriller à la comédie noire acerbe, du drame personnel au survival d’action. Mano à mano tranchant entre un extraordinaire Aksel Hennie (quelle révélation !) diminué par la tournure des choses et le comédien Nikolaj Coster-Waldau (vu dans Game of Thrones), implacable artisan du cauchemar présenté, on se régale avec un léger sadisme d’un calvaire d’un oeil compatissant.

Headhunters est une petite bombe venue du grand froid et qui nous réchauffe furieusement. Morten Tyldum livre un film terriblement jouissif parvenant à transcender sa très simple histoire par un protagoniste principal fort, auquel on souhaiterait presque tendre la main. Sans temps mort, voilà un régal qui malheureusement ne trouvera probablement jamais le chemin de nos salles obscures et c’est bien dommage car tout ceci est de très bonne tenue et d’excellente facture pour un divertissement plus qu’agréable.

Bande-annonce :

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