SPARRING de Samuel Jouy : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Sparring
Père : Samuel Jouy
Date de naissance : 2017
Majorité : 31 janvier 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h34 / Poids : NC
Genre
: Drame

Livret de famille : Mathieu Kassovitz, Olivia Merilahti, Souleymane M’Baye…

Signes particuliers : Formidable Matthieu Kassovitz !

UN VRAI FILM DE BOXE (et même plus)

LA CRITIQUE DE SPARRING

Résumé : A plus de 40 ans, Steve Landry est un boxeur qui a perdu plus de combats qu’il n’en a gagnés. Avant de raccrocher les gants, il accepte une offre que beaucoup de boxeurs préfèrent refuser : devenir sparring partner d’un grand champion. 

Boxe et cinéma ont souvent fait bon ménage. Probablement parce que l’intensité de ce sport aux émotions brutes est follement cinégénique, tout comme ses scénarios à suspens magnifiés par des mouvements brutaux. Si le cinéma américain semble avoir l’apanage du genre avec une longue de classiques dominés par des chefs d’œuvre tels que Marqués par la Haine ou Raging Bull, c’est côté français que la dernière pépite nous arrive avec Sparring, drame sportif à tonalité crépusculaire, dans la lignée de films comme Fat City ou The Wrestler.

Loin de l’archétype classique du récit d’ascension et de chute d’un boxeur de talent, Sparring s’intéresse à une catégorie d’hommes rarement représentés au cinéma : les moyens. Dans ce premier long-métrage de l’acteur Samuel Jouy, il n’est pas question d’une étoile talentueuse ou d’un looser tragique, mais d’un mec du milieu, un boxeur lambda, ni bon ni mauvais, seulement l’un de ces nombreux visages qui alimentent la machine à spectacle. Avec 13 victoires pour 33 défaites, Steve n’est pas ce que l’on pourrait appeler un cador. C’est un anonyme qui boxe parce qu’il aime ça, qui boxe parce que ça rapporte de quoi joindre les deux bouts, et qui boxe sans avoir « le truc » qui en ferait un grand. Il le sait, il fait avec, il continue d’aller de l’avant, et comme il le dit si bien, il faut des mecs comme lui pour que les champions existent. Il faut cette masse de « moyens » pour que le talent de grands ressortent.

Traversant les genre, entre la chronique familiale, le drame social et le pur film de boxe à l’authenticité éprouvée, Sparring prend ses distances d’avec les odyssées spectaculaires clinquantes et boursoufflées, et rend hommage aux passionnés qui ne font pas de bruit, à ces petits sportifs de l’ombre inconsidérés, à ces mecs qui ne sont ni des stars, ni des êtres aux trajectoires extraordinaires, juste des messieurs tout-le-monde qui remplissent les rangs de leur discipline avec une passion et une abnégation qui compensent leur manque de talent. Beaucoup de véracité et de réalisme, un soupçon d’émotion et un zeste d’humour permettent à la mayonnaise de prendre, et à Sparring de donner de l’épaisseur à son récit de départ. Emmené par un époustouflant Matthieu Kassovitz qui trimballe sa carcasse marquée autant par les coups sur le ring que par les difficultés du quotidien, Sparring est a la fois un grand film de boxe sur les oubliés des projecteurs, et une magnifique chronique sur un être ordinaire grignoté par les soucis, par le temps qui passe, et par l’envie d’être un héros pour les siens à défaut d’en être un sur le ring. Un film fort, dont on ne manquera pas de souligner la virtuosité de la mise en scène, inspirée, intime et percutante.

BANDE ANNONCE :


Par Nicolas Rieux

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