ANNABELLE 2 LA CRÉATION DU MAL de David F. Sandberg : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : Annabelle Creation
Père : David F. Sandberg
Date de naissance : 2017
Majorité : 13 décembre 2017
Type : Sortie Blu-ray/DVD
Nationalité : USA
Taille : 1h50 / Poids : NC
Genre
: Epouvante

Livret de famille : Stephanie Sigman, Miranda Otto, Lulu Wilson…

Signes particuliers : Une suite bien plus réussie que son modèle.

LES ORIGINES DE LA POUPÉE

LA CRITIQUE DE ANNABELLE 2

Résumé : Elle est de retour ! Encore traumatisés par la mort tragique de leur petite fille, un fabricant de poupées et sa femme recueillent une bonne sœur et les toutes jeunes pensionnaires d’un orphelinat dévasté. Mais ce petit monde est bientôt la cible d’Annabelle, créature du fabricant possédée par un démon…

Difficile de passer derrière une purge. C’était pourtant tout le défi du réalisateur David F. Sandberg avec Annabelle 2 : la création du Mal, suite du piètre film d’épouvante de John R. Leonetti, pseudo spin of de Conjuring centré sur la désormais célèbre poupée maléfique qui en avait terrorisé plus d’un dans le chef d’œuvre de terreur de James Wan. Comment redresser la barre ? Comment donner de la crédibilité à un film handicapé par son calamiteux prédécesseur, moqué par la plupart des fans d’horreur qui se respectent ? Il en fallait du talent pour rattraper le coup et heureusement, les producteurs d’Annabelle sont bien tombés. Car s’il y a bien un mec qui sait maîtriser les codes de la peur au cinéma, c’est bien David F. Sandberg, jeune cinéaste révélé avec son court-métrage Dans le noir, transposé ensuite en long avec plus ou moins de réussite. Avec lui aux manettes, Annabelle 2 partait déjà sous de meilleurs auspices. Mais rien n’était gagné. Dans le même esprit, on se souvient que récemment, le talentueux Mike Flanagan s’est bien vautré avec Ouija 2.

Miracle, non seulement Annabelle 2 enterre le piteux premier opus qui l’avait devancé, mais pardessus le marché, il s’impose comme un vrai bon film d’épouvante, peut-être même l’un des meilleurs que l’on ait pu voir en salles en 2017. Parce que Sandberg est un sacré malin dès qu’il s’agit de manipuler les codes de la trouille au cinéma. Et si Annabelle 2 laisse la part belle aux traditionnels jump-scare (impossible d’y échapper), le réalisateur a su les exploiter de manière très astucieuse, jouant avec la durée de ses scènes d’épouvante pour faire tomber le sursaut jamais au moment où on l’attend, n’hésitant pas à gérer le rythme d’une façon différente pour mieux surprendre. Et ça marche. En s’appuyant sur les fondamentaux du genre plutôt que de tenter vainement d’apporter de la nouveauté, et en privilégiant des effets simples aux SFX foireux, Sandberg réussit à orchestrer un savoureux moment de peur, baignant dans une atmosphère sous tension cristallisée par une construction qui fonctionne. A commencer par des personnages auxquels on s’attache, ce dont le néo-cinoche horrifique a bien souvent du mal à se souvenir.

Pour Annabelle 2, Sandberg prend le temps, ce fameux gros mot qui fait fuir les producteurs hollywoodiens d’aujourd’hui ! Il prend le temps de poser son cadre (avec une reconstitution historique élégante), de poser les ressorts du cauchemar qu’il va dérouler, et de poser ses protagonistes. D’emblée, l’attachement que l’on va éprouver envers ces deux gamines orphelines confrontée à leur pire angoisse, va aider à avoir peur pour elles. Tout comme l’on va avoir peur pour certains autres personnages qui parviennent à exister. Si le film ne s’appuie pas sur un scénario ultra-original et si certains clichés ou facilités le traversent, reste que l’essentiel est préservé. On vient voir Annabelle 2 pour la flippe qu’elle peut susciter, on en ressort satisfait, ou à défaut plutôt content d’avoir éviter une énième catastrophe insultant le cinéma de genre. Respectueux et amoureux de celui-ci, Sandberg confirme qu’il pourrait bien incarner son avenir. Comme James Wan, le jeune metteur en scène a cette qualité rare de connaître ses classiques et de les avoir compris. Il a surtout compris que le minimalisme peut avoir bien plus de pouvoir que les grands effets artificiels. Une idéologie au cœur de Annabelle 2, solide divertissement bien troussé et qui remplit son cahier des charges bien mieux que nombre de ses congénères.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

 

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