30 JOURS DE NUIT : JOURS SOMBRES (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : 30 Days of Night : Dark Days
Parents : Ben Ketai
Livret de famille : Kiele Sanchez, Rhys Coiro, Harold Perrineau, Diora Bird, Mia Kirshner…
Date de naissance : 2010
Nationalité : Américaine
Taille/Poids : 1h32 – 2 millions $

Signes particuliers (+) : Fais l’effort d’être divertissant et pas trop cheap.

Signes particuliers (-) : Sans ambition formelle ou narrative. Visuellement moche. A l’opposé spirituel de son prédécesseur. Poussif et trop téléfilmé.
 
 

UNE FOIS MAIS PAS DEUX

Résumé : Depuis le carnage dans sa petite ville tranquille en Alaska ayant vu une horde de vampire décimer la population, la jeune Stella tente de faire éclater la vérité sur ces évènements évidemment étouffés par le gouvernement. Elle va faire la connaissance d’un petit groupe de victimes de la cruauté vampirique, bien décidé à débusquer la leadeuse de toute leur organisation, Lilith, pour la tuer et mettre fin à ce règne de l’ombre…

Dans le registre horrifique, les films de « vampires » ont toujours été un sous-genre casse-gueule dans lequel il est très difficile de créer, d’innover, tant les codes sont marqués pour ne pas dire figés, importants et bien souvent sacrés aux yeux des aficionados. Il a souvent, dès lors, été difficile de faire bouger un genre qui en est devenu finalement assez rébarbatif et répétitif, coincé par l’ombre écrasante de modèles considérés comme indétrônables (Dracula de Coppola par exemple). Et pourtant, en 2007, le jeunot David Slade, fort de son précédent et formidable Hard Candy, débarque avec une adaptation de comics et lâche un 30 Jours de Nuit resté dans toutes les mémoires des amateurs d’horreur ! A l’image de John Carpenter presque dix ans auparavant avec son cultissime kiff Vampires, Slade parvient à foutre un grand coup de pied dans la fourmilière, à souffler sur le genre pour le dépoussiérer un peu. Très réussie, sa petite merveille appellera forcément des suites. Et c’est là que les choses se gâtent. Car il y a suite… et suite. Il y a les suites ambitieuses, programmées pour le grand écran, cherchant à capitaliser sur les valeurs du modèle originel (souvent avec un succès inférieur d’ailleurs mais pas toujours : voir Blade II de Guillermo Del Toro) et il y a les suites low-cost prévues pour le marché du DTV, pour alimenter purement commercialement les rayonnages DVD. On se souvient des piètres séquelles de Une Nuit en Enfer ou de Vampires ou dans un autre registre, de Starship Troopers. Des horreurs sans nom pour le coup dont on se serait bien passé, indigne de leur « maître étalon ». Autant dire qu’une suite à 30 Jours de Nuit en DTV et avec un budget inférieur, n’avait rien de franchement bandant d’autant qu’à sa tête, ce sera le quasi inconnu Ben Ketai, qui avait officié déjà sur une pseudo séquelle sous la forme d’une mini série télé. Et le pire, c’est qu’une trilogie est prévue. Tout cela rappelle de bien mauvais souvenirs précités…

S’entourant d’un casting très axé séries télé avec Kiele Sanchez (Lost) reprenant le rôle de Melissa George, Harold Perrineau (Lost également), Rhys Coiro (Entourages), Mia Kershner (Vampires Diaries et pas de films il fut un temps, elle, en revanche) et la bandante Diora Bird (Massacre à la Tronçonneuse version Nispel entre autres), Ben Tekai tente de s’extraire du registre de la suite fauchée en DTV pour livrer, malgré ses modestes moyens, quelque chose d’un poil plus ambitieux. Reprenant l’intrigue quelques mois après les évènements du premier opus et la situant à Los Angeles, le vidéaste part d’un postulat semi-foireux (la recherche d’une vampire puissante dirigeant l’organisation tout entière) mais parvient à construire une intrigue tenant à peu près la route. Loin du matériau de base dont Slade avait su capter l’essence et retranscrire la saveur crépusculaire, Ben Tekai prend donc un virage à 180 degrés et d’un univers lointain, sombre et enneigé, on se retrouve plongé dans la bouillonnante et lumineuse Citée des Anges. Esthétiquement, Tekai semble d’ailleurs hésiter, le cul assis entre deux chaises, entre la mégalopole urbaine et la ville désertée, entre les ténèbres de la nuit et le plein jour orangé californien. Toujours est-il qu’il prend ses distances avec le précédent, ça c’est sûr.

Si cette séquelle ne démérite pas, cherchant à proposer un divertissement d’honnête facture, mêlant action, gore et frissons, si Tekai parvient à s’extirper légèrement du minable DTV pour proposer un film à peu près correct sur la forme, il est difficile de réellement adhérer à cette séquelle essentiellement motivée par un but purement lucratif. Exit toute la tension psychologique du premier, exit l’intensité des scènes, la terreur pure qu’instillaient des vampires terrifiants, exit aussi la construction intelligente et la progression dramatique maîtrisée. Tekai se contente de dérouler monotonement et maladroitement son récit façon pilote de série télé avec une direction artistique globalement assez hideuse où tout sonne faux à l’image du sang de pacotille et de ses vampires semi-twilightisés. Basé sur une histoire de quête vengeresse d’un groupe de traumatisés par des attaques vampiriques, les intentions sont plutôt louables. Mais plombé par son budget limité, son 30 Jours de Nuit : Jours Sombres manque d’à peu près tout. Certaines séquences montrent la volonté du cinéaste de faire quelque chose d’honorable mais l’ensemble souffre d’un manque d’ambition inhérent aux bases du projet et d’un jeu d’acteur globalement franchement passable. N’exploitant pas au mieux le milieu urbain, n’approfondissant pas assez son script et ses personnages brisés, développant son intrigue assez médiocre sur le fond en la plombant de clichés, le résultat est à des années lumières de la petite prouesse viscérale que fut le premier volet. Rien de bien original alors sous les cieux du film de vampire si ce n’est un divertissement au rabais de samedi soir moins pire que la moyenne, que l’on voudrait trouver potable pour cette raison mais qui laisse un sentiment de déception et de vide sitôt achevé. Autant rester accroché au souvenir du premier.

Bande-annonce :

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