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VERCINGÉTORIX : LA LÉGENDE DU DRUIDE ROI (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Druids
Parents : Jacques Dorfmann
Livret de famille : Christophe Lambert (Vercingétorix), Inès Sastre (Epona), Max Von Sydow (Gutuart), Klaus Maria Brandauer (César), Bernard-Pierre Donadieu (Dumnorix), Yannis Baraban (Litavic), Maria Kavardjikova (Rhia), JP Rives, V. Moscato…
Date de naissance : 2001
Nationalité : France
Taille/Poids : 2h22 – 12 millions €

Signes particuliers (+) : x

Signes particuliers (-) : A peu près tous les défauts possibles sont là. Cheap, ridicule, ringard, mal fichu, mal joué, mal écrit, mal réalisé, mal reconstitué… Et ennuyeux.

 

LE GAULOIS, CE N’EST PAS QU’UN SANDWICH

Résumé : Le récit de la vie de Vercingétorix, jeune gaulois ayant vu son père assassiné sous ses yeux pour ne pas avoir plié devant les Romains et qui va combattre farouchement les troupes impérialistes avec une soif de vengeance alliée à une volonté d’univers le peuple gaulois derrière lui face à l’envahisseur…

Un film avec Christophe Lambert que lui-même renie pour sa nullité ?! Mais dans quel monde est-on ?? Abonné aux nanars des plus infâmes aux plus rigolos, notre Cricri national trouve en 2001 un rôle qu’il espère être l’occasion de le relancer et surtout de ponctuer sa course effrénée vers la classification « acteur de seconde zone ». Lambert pensait vraiment faire partie d’un projet ambitieux, gros péplum de premier plan à la vaste reconstitution historique avec un budget intéressant ouvrant à des possibilités de faire une œuvre de qualité. Mais patatra, tout se gâte bien rapidement.

Ambitieux, Vercingétorix l’était. Grande quantité de costumes fabriqués, un tournage en Bulgarie pour retrouver des décors approchant de ceux de la Gaule du Ier Siècle, supervisés par un chef décorateur de renom, un chef opérateur de talent et un metteur en scène, ancien producteur, qui a travaillé sur des chefs d’œuvre inscrits au panthéon du cinéma français comme La Guerre du Feu d’Annaud, Le Cercle Rouge ou L’armée des Ombres de Melville et encore Nous ne Vieillirons pas Ensemble de Pialat. Et pour couronner le tout, le film, au budget conséquent de 80 millions de francs, est réalisé simultanément en français et en anglais pour conquérir le marché international. Mais l’euphorie est de bien courte durée et non, Vercingétorix ne sera pas le blockbuster français ambitieux prévu mais un nanar complet, qui se retrouvera tour à tour qualifié de série Z, de navet, de ratage comique voire même de « bide du siècle » par un magazine culturel spécialisé (un qui a tendance à ne jamais rien aimé, pour ceux qui comprendront – et pour une fois, ils n’ont pas tort). Au point donc, que même Christophe Lambert reniera le film en lui tirant dessus à boulets rouges pour sa bêtise et le désastre du résultat.

Jacques Dorfmann, auteur de deux films auparavant, signe son dernier film à ce jour (tout métier confondu, de producteur à scénariste en passant par la mise en scène). A se demander si c’est pas un fait récurrent quand on bosse sur un Lambert (une malédiction se cache t-elle là-dessous) puisque Stephen Graham, l’auteur de Beowulf, a lui aussi connu un brusque frein à sa carrière aujourd’hui réduite à… rien. Mais comme l’on ne peut décemment pas imputer toujours toutes les tares au bien piètre comédien qu’est Cricri, il faut reconnaître qu’il n’est pas le seul (ni le principal) responsable du fiasco. Vercingétorix sent le cheap à des milliers de kilomètres à la ronde. Au lieu d’optimiser au mieux les sommes mises à sa disposition, Dorfmann signe un film ridicule au consonance de série B bien peu ambitieuse. Les défauts sont légion. A commencer par l’erreur monumentale de casting qu’est Lambert, sa carrure et son air idiot avec son strabisme, n’aidant pas à l’imaginer dans la peau du puissant et redouté chef guerrier gaulois. Outre le choc détonnant, Dorfmann fait l’impasse sur la direction d’acteur. On sait Lambert peu doué pour la comédie malgré sa filmo mais le reste de la distribution trahit le piètre sens du metteur en scène. Klaus Maria Brandauer, Max Von Sydow, Inès Sastre, Bernard-Pierre Donnadieu, tous sont dirigés avec un sens involontairement comique du jeu d’acteur, définitivement plombé par la présence de rugbymans (?!) en les personnes de Vincent Moscato, Denis Charvet et Jean-Pierre Rives, dont les carrures sont censées personnifier les gaulois massifs qu’étaient nos ancêtres. Tout ce beau monde s’évertue à faire bonne figure dans un désastre qui n’a d’épique que l’ampleur de son ratage. Avec son absence totale de souffle impressionnant, un comble pour un péplum dont c’est censé être la principale force quand il est réussi, Vercingétorix devient le degré zéro du genre, manquant de générosité, chiant comme la pluie, sans le moindre sens artistique ou narratif, le poussant dans le dépotoir du risible.

Bourré d’incohérences, basé sur un script réduit au minimum syndical mêlant dialogues et séquences affligeantes de débilité, réalisé avec des moufles et une paresse sans vergogne, fort d’une reconstitution de pacotille digne du Parc Astérix, Vercingétorix se veut un film au sérieux implacable mais échoue sur tous les tableaux en vrillant vers le nanar même pas drôle si l’échec n’était pas aussi évident, prévisible et navrant pour les sommes englouties qui aurait pu profiter à bien d’autres projets. Le meilleur reste l’anecdote autour du film d’un Figaro Magazine qui annonçait une œuvre énorme et « qui restera ». Ah pour être restée, elle est restée. Mais pas là où c’était prévu. Une épopée estropiée.

Bande-annonce :

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