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THE WAY BACK de Gavin O’Connor : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : The Way Back
Père : Gavin O’Connor
Date de naissance : 2019
Majorité : 28 avril 2020
Type : Disponible en VOD
Nationalité : USA
Taille : 1h48 / Poids : 21 M$
Genre : Drame

Livret de famille : Ben Affleck, Al Madrigal, Janina Gavankar, John Aylward…

Signes particuliers : Un drame très très (très très très) classique.

BEN AFFLECK SOMBRE DANS L’ALCOOL

NOTRE AVIS SUR THE WAY BACK

Synopsis : Une star du basketball a perdu sa femme et sa famille à cause de son addiction. Il a l’espoir de trouver sa salvation en devenant le coach d’une équipe de basketball d’un lycée qui ne compte aucune victoire à son actif.

Face à la pandémie et à la fermeture des cinémas, les distributeurs s’organisent, repensant notamment leurs rapports à la VOD. Ces dernières semaines, nombre de films y ont ainsi trouvé une porte de sortie pour pouvoir connaître une exploitation, ou un semblant d’exploitation. Si dans bien des cas il s’agit d’une solution de repli forcé, ce n’est pas le cas pour tous les films, certains ayant au contraire tout intérêt à profiter de la vague. Récemment, on évoquait L’Extraordinaire Mr Rogers avec Tom Hanks, dont le profil ne correspondait pas trop au public français. On pourrait y ajouter The Way Back, drame avec Ben Affleck dont le côté mineur (et très américain) l’exposait à un bon gros gadin/désintérêt du public en salles. La VOD apparaît ainsi comme la parfaite idée pour diffuser le film sans courir de risques.

Réalisé par l’intermittent Gavin O’Connor, faiseur capable du meilleur comme du pire (l’excellent Warrior, le piteux Mr Wolff ou l’entredeux Jane Got a Gun), The Way Back relève d’un genre que les américains aiment beaucoup, le « drame sportif ». En gros, un drame dans le monde du sport. Aussi simple que ça. En l’occurrence ici, le sport c’est le basket et le drame, c’est celui de Jack Cunningham (Ben Affleck), un ancien grand espoir du basket universitaire qui depuis végète dans son addiction à l’alcool au point d’en avoir perdu sa femme. Et si Jack picole, c’est parce qu’il a perdu son fils d’une terrible maladie il y a quelques années et le paternel ne s’en remet pas. Quand on lui propose d’entraîner l’équipe de gamins loosers d’un lycée catho, Jack va peut-être évidemment trouver de quoi redonner un sens à sa vie.

Rappelez-vous à l’école, quand on se faisait piquer en train de tricher en copiant sur le voisin… C’était zéro pointé et deux heures de colle. Sans parler de la soufflante parentale. On va être clément et on n’ira pas jusqu’à coller Gavin O’Connor au piquet à l’angle d’Hollywood et de Sunset Boulevard avant de lui faire recopier cent fois « je ne pomperai plus sur mes collègues » mais la mauvaise note est méritée. D’autant que le cinéaste ne peut pas se planquer derrière le scénario de Brad Ingelsby (Les Brasiers de la Colère) car c’est avant tout sa manière d’emballer son film qui pose souci. Dès les premières minutes de The Way Back, les connaisseurs auront une vague sensation de déjà-vu. Le sport en toile de fond, une aventure humaine d’abord, un coach charismatique face à des ado-étudiants attachants, une petite musique au piano et le recours à la caméra à l’épaule pour donner de la « véracité » à cette histoire pourtant très artificielle et cousue de fil blanc… Ok, Gavin O’Connor a beaucoup regardé le cinéma de Peter Berg et visiblement, le gaillard est fan de Friday Night Lights, le film comme la série. Parce que de A à Z, The Way Back fait tout pour imiter son (fabuleux) modèle. Malheureusement, il lui manque deux choses, le couple star que forment monsieur Talent et madame Finesse.

Avec des sabots aussi gros que ceux de Nadine Morano quand elle veut « s’exprimer » sur un sujet d’actu brûlant, The Way Back déboule (et déroule) sans vraiment faire dans la dentelle. En mode pachyderme dans un magasin de porcelaine, Gavin O’Connor orchestre tout son récit via une mise en scène très théâtrale derrière ses apparences visant l’authenticité. Les rebondissements sont tellement actés qu’on peut les anticiper une bonne demi-heure avant, l’édification du récit est aussi grossière que simpliste et The Way Back manque d’à peu près tout, d’ambition, d’intelligence, d’originalité. Il n’a pour lui que son inoffensive modestie de film prêt à passer sous le radar. Si le résultat se regarde d’un œil distrait parce que pas détestable en soi grâce à une exécution efficace, reste qu’il est difficile d’y saluer autre chose que la bonne performance (quoiqu’un brin cabotine) de Ben Affleck, pour lequel l’histoire revêtait forcément un écho très personnel. Sans verser dans le People Magazine pour plagiste en mal de lecture, rappelons que Ben Affleck a dû subir une énième cure de désintoxication en 2018 pour soigner l’alcoolisme dans lequel il avait sombré quand son mariage avec Jennifer Garner a battu de l’aile. Le tournage de The Way Back a pu être un petit chemin de rédemption, à l’image de celui du personnage qu’il y incarne. En bref, pas désagréable (surtout pour remplir un dimanche pluvieux) mais 100% anecdotique et oubliable.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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