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SIBERIA de Matthew Ross : la critique du film

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Siberia
Père : Matthew Ross
Date de naissance : 2018
Majorité : 26 juin 2019
Type : Sortie VOD
Nationalité : USA
Taille : 1h44 / Poids : NC
Genre : Thriller

Livret de famille : Keanu Reeves, Molly Ringwald, Ana Ularu…

Signes particuliers : Un thriller sans réel intérêt (y compris la présence de Keanu Reeves).

KEANU REEVES PREND FROID EN RUSSIE

LA CRITIQUE DE SIBERIA

Synopsis : Un négociant en diamants tente de vendre des pierres aux origines douteuses à des acheteurs russes. Alors que la vente commence à capoter et qu’il découvre l’univers sombre du commerce de diamants, sa rencontre avec la gérante russe d’un café, dans une petite ville de Sibérie, tourne à l’obsession. 

Et si Keanu Reeves était en train de devenir une sorte de Nicolas Cage en puissance ? On n’espère pas et heureusement que la saga John Wick est encore là pour lui permettre d’être mis en valeur, car le thriller de série B qu’est Siberia couplé à son prochain bidule de SF (Replicas) a de quoi inquiéter et tend à pousser le célèbre Neo de Matrix vers le terrain vague du DTV mineur. Réalisé par Matthew Ross (le dispensable Frank & Lola), Siberia met Keanu Reeves dans la peau d’un négociant de diamants embarqué dans une salle histoire en Russie alors qu’il se retrouve avec des fausses pierres sur les bras et un mafieux russe sur le dos. Le tout sur fond de rencontre avec une belle gérante de café dont il tombe éperdument amoureux (et vice versa) en un claquement de doigts.

Il fait froid en Russie, il fait froid aussi au-dessus du scénario de Siberia, coup de blizzard pas loin de la purée de pois cinématographique. On aimerait trouver des qualités à ce thriller voulu sombre dans lequel le spectateur est amené à devenir un petit poisson pris dans un filet tentaculaire dont il est impossible de s’extraire, à l’image du personnage campé par Reeves qui se débat dans une galère inextricable. Malheureusement, il est des films comme cela où l’on a beau chercher, rien n’en sort. D’un bout à l’autre du métrage, Siberia est une patinoire sur laquelle tout le monde glisse. A commencer par un Keanu Reeves lui-même qui nous sort un monument de cabotinage irréel. En même temps, comment lui en vouloir tant il a si peu à jouer. Siberia repose sur un scénario de maçon qui ne sait absolument pas comment avancer et qui, par conséquent, se borne à enchaîner des lignes de narration avec une finesse pachydermique le rendant aussi risible que grotesque. Comme cette histoire de faux diamants écrite à la truelle et aussi peu intéressante qu’une convention sur le macramé. Ou comme cette romance lunaire amenée avec la délicatesse d’un tenancier de bar viking. « Ca te dit de coucher avec moi ? Comme tout le monde pense qu’on l’a déjà fait, autant le faire vraiment, qu’en dis-tu ? » Sérieusement ? Quelqu’un a vraiment écrit ça ou bien le film a eu besoin de gagner deux semaines de tournage et a pris un « léger » raccourci pour aller plus loin dans le script ?

Mais au-delà de l’aberrante écriture de ce thriller faisandé, le principal problème de Siberia est dans sa dénomination même de « thriller ». Pas besoin de rappeler la définition du terme mais disons que le film de Matthew Ross semble au mieux l’avoir oubliée, au pire ne pas la connaître. Le cinéaste se révèle incapable de générer la moindre tension. Et alors que l’on ne croyait déjà guère à ce qui nous est raconté, le film de s’enfoncer de minute en minute dans un ennui soporifique dès plus gênant. Siberia est mou, poussif, dénué de toute originalité, et incapable d’injecter la nervosité que réclamait à corps et à cri son histoire, pour évoluer dans le bon sens. Le choix d’avoir privilégier un angle plus intimiste et sombre au détriment de l’action aurait pu fonctionner mais encore fallait-il avoir un minimum d’ambition et d’intelligence narrative, et Ross n’a rien de tout cela. Résultat, son Siberia plonge dans les affres de l’anecdotique où il n’y a rien à voir.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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