LA MORT DE STALINE d’Armando Iannucci : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : The Death of Stalin
Père : Armando Iannucci
Date de naissance : 2018
Majorité : 04 avril 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France, Angleterre
Taille : 1h48 / Poids : NC
Genre
: Comédie

Livret de famille : Steve Buscemi, Simon Russell Beale, Jeffrey Tambor, Paddy Considine, Jason Isaacs, Olga Kurylenko…

Signes particuliers : Une comédie satirico-politique à la férocité délicieuse.

CA NE RIGOLE PAS CHEZ LES RUSSES !

LA CRITIQUE DE LA MORT DE STALINE

Résumé : Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque. Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c’est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée – comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov – la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l’URSS est à portée de main. (Inspiré de faits réels…)

A l’initiative de trois producteurs français, La Mort de Staline est l’adaptation au cinéma du roman graphique éponyme de Fabien Nury et Thierry Robin, par le réalisateur de l’oscarisé In the Loop. Sous l’œil de la caméra d’Armando Iannucci, Steve Buscemi, Jeffrey Tambor, Paddy Considine, Jason Isaacs ou encore Olga Kurylenko s’en donnent à cœur joie pour animer cette comédie satirique à la verve grinçante, qui donne dans la tragicomédie politique pour s’amuser d’un chapitre terrifiant de l’histoire russe, la tyrannie du régime stalinien et la lutte de pouvoir acharnée qui s’est jouée au lendemain de la mort du dictateur, alors que ses anciens ministres se disputaient le pouvoir. A noter que si le film a de solides arguments pour faire rire le monde entier, il est nettement moins bien passé en Russie, où le Ministre de la Culture l’a purement et simplement fait interdire, l’accusant de dézinguer des symboles nationaux russes de manière extrémiste et offensante ! Dictature quand tu nous tiens…

Présentée comme « la comédie de l’année » par certains, La Mort de Staline n’a clairement pas volé sa réputation. Hilarant de bout en bout, cette farce politique mêlant humour noir, cynisme railleur et délicieuse loufoquerie caricaturale, est un petit bijou de drôlerie sur un sujet grave, ou plutôt une pépite d’intelligence se servant d’un humour ravageur pour mieux souligner la gravité du sujet qu’il aborde. Ce sujet, c’est l’effroyable règne de terreur d’un Staline tout-puissant qui avait imposé son pouvoir à la force de la peur, et la bassesse de ses anciens lieutenants au moment de récupérer le « trône » laissé vacant à sa mort. Ainsi, de nombreuses anecdotes deviennent des gags à se tordre de rire dans La Mort de Staline, à commencer par l’inaction de ses lieutenants terrifiés au moment de gérer la mort du Petit Père des Peuples. Anecdotes drôlement ubuesques mais anecdotes 100% authentiques, qui montrent bien la folie d’un régime craint au-delà du concevable. Comme ce concert de musique classique qui a été rejoué une seconde fois car Staline en exigeait un enregistrement, ce qui n’avait pas été prévu ! Dans la joyeuse et horrifiante comédie d’Armando Iannucci, le tragique devient comique sous l’impulsion d’un style « so british » dès plus succulent, qui allie avec talent, cruauté et burlesque, afin d’orchestrer une satire mordante sur les rouages du totalitarisme stalinien et la petitesse des hommes politiques transformés en clown par leur avidité de pouvoir. Et l’air de rien, le film de dépasser ses fonctions, pour glisser un petit commentaire que l’on verrait bien contemporain. Emmené par de formidables acteurs, La Mort de Staline est un régal, dont la précision comique rivalise avec la précision historique.

BANDE-ANNONCE :


Par Nicolas Rieux

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