LA FINALE de Robin Sykes : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : La Finale
Père : Robin Sykes
Date de naissance : 2018
Majorité : 20 mars 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre
: Comédie dramatique


Livret de famille : Rayane Bensetti, Thierry Lhermitte, Émilie Caen…

Signes particuliers : La jolie surprise du mois de mars.

UN ROAD TRIP ENTRE HUMOUR ET ÉMOTION

LA CRITIQUE DE LA FINALE

Résumé : Toute la famille Verdi est aux petits soins pour s’occuper de Roland, le grand-père, qui perd un peu la boule ces derniers temps. Tous sauf JB, l’ado de la famille, qui n’a qu’un seul but : monter à Paris pour disputer sa finale de basket. Mais ses parents, bloqués ce week-end là, lui demandent d’y renoncer pour surveiller son grand-père. JB décide alors de l’embarquer avec lui… Pendant ce voyage, rien ne se passera comme prévu… 

Ce fut l’une des grandes surprises du dernier festival de l’Alpe d’Huez où cette année, l’émotion l’aura emportée sur l’humour. Lauréat du Grand Prix au nez et à la barbe de comédies plus ronflantes emmenées par les visages les plus populaires et à la mode du cinéma français actuel, La Finale, premier long-métrage du réalisateur Robin Sykes, a fait sensation auprès d’un public conquis par cette très jolie comédie dramatique réunissant ancienne et nouvelle génération avec un attachant duo composé du jeune Rayane Bensetti et de l’expérimenté Thierry Lhermitte. Deux comédiens formidables qui personnifient avec une émouvante complicité, cette histoire d’escapade rocambolesque entre un adolescent désireux d’aller jouer une finale junior de basket à Paris, et son grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer. À sa découverte, on comprend vite pourquoi le film a été une petite sensation soufflant un peu de chaleur dans la station de ski iséroise. Partagé entre humour et émotion, La Finale a tout de la belle petite embuscade tombée de nulle part, propulsée par un savoureux mélange des tons géré avec beaucoup d’adresse et de sincérité.Sur la base d’un sujet tragique avec ce grand-père qui oublie, les petits riens comme les grands tout, les moments de joie et les moments de peine, ses proches comme sa vie toute entière, La Finale réussit un pari quasi miraculeux. Avec une modestie séduisante et une justesse de chaque instant, Robin Sykes parvient à marcher sur un fil sans jamais tomber. Certes, les coutures sont très apparentes, les facilités nombreuses et le film assez prévisible, mais ça marche. Entre petits éclats de rires et chaudes larmes venues du cœur, La Finale mène sa barque à bon port en désamorçant par le rire, ses moments les plus durs, apportant un peu de légèreté et d’espoir dans ce portrait tristement authentique d’un combat contre cette saloperie d’Alzheimer. Et le plus remarquable dans l’affaire, c’est justement ce portrait dressé de la maladie. Tout en restant « léger » et loin de tout pathos et misérabilisme appuyés, Robin Sykes tombe toujours juste. Pour qui a déjà pu être confronté via un proche, à la terrible maladie qu’est Alzheimer, La Finale est d’un bouleversant réalisme, montrant bien l’horreur de cette mémoire qui s’en va en emportant une vie avec elle, montrant la difficulté de gérer les situations de crise pour les proches, et par-dessus tout, montrant cette étape charnière et abominable, juste avant la défaite finale, où le malade réalise qu’il perd la tête et qu’il ne peut rien y faire. À l’écran, ce road trip chaleureux et poignant est porté par un tandem qui fonctionne au-delà des attentes. D’un côté, un surprenant Rayane Bensetti, dont la spontanéité rend crédible ce jeune ado au touchant égoïsme cher à son âge. Face à lui et récompensé d’un prix d’interprétation mérité à l’Alpe D’Huez, Thierry Lhermitte brille, dans son meilleur rôle depuis très longtemps. Formidable et d’une subtilité frissonnante, le comédien parvient à dégager une émotion incroyable rien qu’à la force d’un geste confus, d’un regard perdu, d’une phrase à côté de la plaque.Plutôt que de rechercher la lourdeur d’une guignolade indécente exploitant par-dessus la jambe les clichés d’une maladie dramatique pour faire marrer, Sykes fait preuve d’une sobriété admirable et signe un film digne, qui tire des sourires au milieu de l’émotion et non l’inverse, qui met son sujet en avant avec courage plutôt que de se cacher derrière lui avec cynisme. Le résultat ne donne pas forcément lieu à un grand film impérissable d’un point de vue purement cinématographique, mais il emporte totalement l’adhésion du cœur.

BANDE ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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