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HOST de Rob Savage : la critique du film

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Spectateurs

Carte d’identité :

Nom : Host
Père : Rob Savage
Date de naissance : 2020
Majorité : 24 mai 2021
Type : sortie VOD
Nationalité : Angleterre
Taille : 57 minutes / Poids : Budget NC
Genre : Épouvante

Livret de Famille : Haley Bishop, Jemma Moore, Emma Louise Webb…

Signes particuliers : 100% Numérique, 100% flippant !

 

 

BLAIR WITCH SUR ZOOM

NOTRE AVIS SUR HOST

Synopsis : Six amis engagent un medium pour une séance de spiritisme sur Zoom pendant le confinement. Très vite, la situation dégénère quand ils réalisent qu’ils ont laissé entrer un esprit maléfique chez eux… Survivront-ils à la nuit ? 

La pandémie aura fait beaucoup de mal au cinéma mondial. Mais dans le même temps, elle l’aura aussi pas mal inspiré (et parions qu’elle va encore beaucoup l’inspirer dans les 2-3 ans à venir). Durant ces longs mois de confinement à répétitions, cette situation inédite aura donné des idées à plusieurs pour des propositions qui malheureusement n’ont que très rarement tenu leurs promesses. Le Songbird d’Adam Mason produit par Michael Bay n’avait strictement aucun intérêt, le français Connectés a été une belle daube, (plus lointainement) le Oxygène d’Alexandre Aja s’est avéré un brin décevant. Et on doute fort que le prochain Dany Boon vienne relever le niveau. A la liste vient en tout cas s’ajouter Host et là, enfin, on tient un truc malin. Pourtant, on partait de très loin avec cette modeste péloche horrifique courte sur pattes (1h à peine) dont l’action se déroule intégralement sur Zoom. Sur le papier, le film de Rob Savage (un jeune besogneux passionné de cinéma de genre) n’invente rien puisqu’il n’est ni plus ni moins qu’un croisement entre Paranormal Activity et Unfriended. Pas gagné vendu comme ça, même si des deux références, la seconde n’était pas si inintéressante. Surprise inattendue, ce Host tout droit descendu d’Angleterre, est une petite pépite pour les amateurs d’épouvante à la recherche d’un bon coup de flippe.

Tous les passionnés de cinéma d’horreur le savent bien (et généralement le regrettent), mais à force d’en consommer à gogo, il devient très difficile d’être surpris, et par conséquent d’avoir les chocottes devant un film d’épouvante, qu’il soit bon ou mauvais. Débarqué un peu de nulle part, Host réussit ce pari, malgré des moyens ridicules et des codes que l’on connaît par cœur, de réveiller un peu notre âme de trouillard enfouie. C’est d’ailleurs là où il étonne le plus. On commence à connaître par cœur ces séries B jouant la carte du 50 ou 100% numérique en exploitant les nouvelles technologies ou les réseaux sociaux pour mêler réalité et épouvante. Comme l’évoqué Unfriended mais aussi le Open Window avec Elijah Wood, le thriller Searching – Portée Disparue, partiellement l’inédit Come Play, le navet Friend Request ou encore l’abject Megan is Missing.

Dans Host, une bande de copines confinées chez elles se font une petite session de « spiritisme » sur Zoom sous la direction d’une médium expérimentée. Mais on vous le donne en mille, l’expérience tourne rapidement au cauchemar quand un esprit s’invite à la fête. Mouais, on a l’impression d’avoir vu ça mille fois. Et c’est vrai au demeurant. Sauf qu’étrangement alors qu’il n’accomplit aucun vrai miracle créatif ou narratif, Host réussit à choper au vol une efficacité redoutable que l’on ne voit pas venir. Surtout, il parvient (allez savoir si le confinement y est pour quelque chose) à nous faire accepter son postulat comme si l’on faisait soi-même parti de la réunion numérique. Aux premières loges, on se retrouve spectateur privilégié d’une expérience rigolote qui va se transformer très habillement en calvaire maxi-trouille. Les effets d’ambiance et autres jump-scare marchent là où d’ordinaire ils se plantent et le film parvient à se charger d’une atmosphère qui n’est pas sans rappeler ce qu’a pu être Le Projet Blair Witch à sa sortie en 1999.

Bien noir, focalisé à 100% sur son concept quasi en temps réel (ce qui nous débarrasse de toute mythologie à la con, tentatives d’explications et autres efforts de résolution du suspens), Host finit par capitaliser sur son humilité. Rob Savage et ses deux coscénaristes ne vont pas chercher midi à quatorze heures, ils assument leur bricolage créé avec une poignée d’ordinateurs, quelques comédiens et un peu de ruse et d’habileté. Ainsi, Host n’entend pas faire dans l’innovation, il cherche juste à faire peur en exploitant un contexte d’actualité et des codes à la mode. La blague est ainsi faite. Vu dans de bonnes conditions (genre seul chez soi dans le noir), le film fait son effet parce qu’il est rusé et manipule bien ses matériaux de production, des outils numériques aux effets de sursauts. C’est linéaire, court et efficace et savoureusement terrifiant.

BANDE-ANNONCE (que l’on vous conseille de ne pas vraiment regarder pour garder l’effet de découverte intact) :

Par David Huxley

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