DEATH WISH d’Eli Roth : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Death Wish
Père : Eli Roth
Date de naissance : 2018
Majorité : 09 mai 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h40 / Poids : NC
Genre
: Thriller, Action

Livret de famille : Bruce Willis, Vincent D’Onofrio, Elizabeth Shue…

Signes particuliers : Eli Roth rate le coche de la bonne vieille péloche grindhouse.

QUEL EST LE CON QUI A VOULU FAIRE CHIER BRUCE WILLIS ?!

LA CRITIQUE DE DEATH WISH

Résumé : Quand il ne sauve pas des vies, Paul Kersey, chirurgien urgentiste, mène une vie de rêve, en famille, dans les beaux quartiers de Chicago… Jusqu’au jour où tout bascule. Sa femme est sauvagement tuée lors d’un cambriolage qui tourne mal… Sa fille de 18 ans est plongée dans le coma. Face à la lenteur de l’enquête, il se lance dans une chasse à l’homme sans merci. 

Fallait pas faire chier Bruce Willis ! Pour son grand retour au cinéma après s’être perdu dans une longue série de DTV d’une nullité abyssale, l’un des patrons du film d’action s’associe à l’un des papes du néo-cinéma d’horreur pour un remake du célèbre Un Justicier dans la Ville, vigilante culte dans lequel Charles Bronson dessoudait du méchant pour nettoyer les rues de sa ville après le meurtre de sa femme. Dirigé par un Eli Roth (Hostel, The Green Inferno) qui quitte les terres de l’horreur sans pour autant délaisser le genre, Death Wish débarque avec la ferme intention de titiller notre fibre amoureuse de ces vieilles séries B old school, qui roulaient des mécaniques en jouant la carte du badass.

En grand amoureux de la culture bis qu’il est, on pouvait faire confiance à Eli Roth pour savoir retrouver la saveur si particulière de ces bonnes péloches d’antan où les punchlines surjouées répondaient à des scènes d’action fondues dans un esprit d’exagération bien caricatural et dont la délicieuse efficacité orchestrait tout l’iconisme de la chose. Fidèle à ses souvenirs de nerd biberonné à la contre-culture, Eli Roth essaie de signer avec son Death Wish, un film tout ce qu’il y a de plus rétro, tellement qu’il en deviendrait presque d’une authentique ringardise dans le décalque d’un style passé devenu culte de nanardise jouissive. Le scénario, qui se résume à un pitch, tient sur un post-it (comme l’original cela dit) mais Death Wish s’en contrebranle et laisse faire le charisme de l’ami Willis pour maximiser son postulat huilé à la graisse d’oie. L’ennui c’est que tout ceci ne mène pas loin si ce n’est à un ressucé d’une recette mitonnée dans une vieille marmite, qui se regarderait d’un œil amusé comme on regarderait une enfumade neuneu à la Taken. Du haut de son côté réac, Death Wish entendait vendre une bonne grosse distraction, sauf que tout va déraper. Car si la nostalgie a du bon, le recyclage de bas étage l’est un peu moins. Et Death Wish recycle beaucoup et bien mal dans son délire de plaisir coupable qui prend soin de ne pas s’aventurer trop loin dans le terrain boueux de la politique où le vaste débat sur la question des armes à feu n’en finit plus de faire rage, à plus forte dans le contexte actuel. De la prudence, Death Wish bascule vers l’absence, absence de point vue affirmé, absence de panache, absence de couilles pour oser quelque chose au-delà du simple bidule vaguement fun porté par un message aussi léger qu’une mannequin anorexique.

Car le principal problème finalement, n’est pas qu’Eli Roth esquive le déploiement d’un propos fort. A la limite, on s’en fout car ce n’est pas ce que l’on vient chercher dans Death Wish. Non, le vrai problème, c’est bel et bien la mollesse et la non-inspiration qui soutient l’édifice. Death Wish prend son temps pour installer son récit, mais il le prend un peu trop et l’envie de voir démarrer le bolide finit par se faire pressante alors que l’ennui s’installe. Derrière, rien ne sera à la hauteur des attentes. Loin d’être aussi nerveux et fun que le promettait sa bande-annonce, Death Wish est une balade sanglante très monotone dont on a vite fait le tour. Mécanique et sans surprise, le film d’Eli Roth déroule en se répétant lui-même au point de lasser, calant des scènes de gunfight de manière métronomique histoire de remplir un quota. Reste Bruce Willis pourrait-on se dire. Sauf qu’à force de se fourvoyer dans des DTV de la pire espèce, Bruce Willis a oublié le concept de « jouer ». Ses deux expressions cabotines le prouvent assez vite. Bref, Death Wish est très décevant et la pantalonnade est loin d’être aussi savoureuse qu’un John Wick.

BANDE-ANNONCE :


Par Nicolas Rieux

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