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THE VIGIL de Keith Thomas : la critique du film

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : The Vigil
Père : Keith Thomas
Date de naissance : 2019
Majorité : 29 juillet 2020
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre : Épouvante

Livret de famille : Dave Davis, Menashe Lustig, Malky Goldman…

Signes particuliers : The Vigil réussit à poser une ambiance effrayante et c’est déjà pas mal !

LE FRISSON DE L’ÉTÉ

NOTRE AVIS SUR THE VIGIL

Synopsis : New York, Brooklyn. Après avoir quitté la communauté juive orthodoxe, Yakov, à court d’argent comme de foi, accepte à contrecœur d’assurer la veillée funèbre d’un membre décédé de ce groupe religieux. Avec la dépouille du défunt pour seule compagnie, il se retrouve bientôt confronté à des phénomènes de plus en plus inquiétants… 

 

Les cuisines de Blumhouse Productions tournent à plein régime sans s’arrêter. Mais parce que le frigo n’est jamais assez plein au goût du big boss, alors on double les rations en achetant à droite à gauche dès qu’une bonne affaire se présente. Comme The Vigil par exemple. En septembre 2019, le festival de Toronto accueille la première de ce petit film d’horreur pas très fortuné mais qui a plutôt fière allure. L’effet fonctionne, le public frissonne et Jason Blum pointera vite le bout se son nez, acquérant la « sensation » pour la distribuer en salles sous la bannière Blumhouse. Premier long-métrage d’un certain Keith Thomas (l’excellent court-métrage Arkane), The Vigil nous plonge dans les coutumes ancestrales des juifs orthodoxes, et s’intéresse à ce que l’on appelle les « shomers ». Quand un membre de la communauté décède, un « shomer » vient pour réciter des psaumes toute la nuit en attendant que les pompes funèbres viennent enlever le corps, le but étant de protéger la dépouille du « mal invisible » qui pourrait en profiter. En gros pour la faire courte, pour protéger l’âme du défunt des démons qui rôdent. On vous le donne en mille, The Vigil va nous raconter le calvaire nocturne d’un shomer confronté à une entité maléfique qui va le torturer tout au long d’une intense veillée cauchemardesque.

Tous les vrais amateurs de films d’épouvante le savent, quand on veut réussir un bon film d’angoisse, imposer une ambiance, c’est 50% du chemin de fait. Tous les plus grands classiques du genre n’ont pas manqué leur rendez-vous avec cette composante aussi essentielle que de la farine pour faire du pain. Et si The Vigil n’est très certainement pas amené à devenir un classique inoubliable, il a en tout cas pour lui d’imposer justement une ambiance, une véritable atmosphère qui, d’inquiétante, devient progressivement tétanisante. Tout n’est pas réussi, on note quelques maladresses (la présentation du trauma du héros par exemple), on remarque des procédés parfois un peu écrasés par les modèles qui les ont inspirés (Insidious par exemple) et l’ensemble n’est pas d’une originalité à toute épreuve, pas plus sur le fond que sur la forme. Mais globalement, Keith Thomas transforme l’essai et livre un film d’épouvante à base de démon malfaisant plutôt convaincant. Autant dire que c’est chose rare tant le créneau semble avoir été ultra-labouré ces dernières années.

Plutôt intriguant de prime abord avec son univers méconnu, The Vigil monte lentement mais sûrement en régime, instillant une terreur bien orchestrée qui ne va faire que se répandre crescendo pour piéger le spectateur dans un interminable cauchemar haletant et surtout flippant, parce que Keith Thomas a pris soin de bien élaborer les bases de son film. A commencer par un personnage solide (indispensable pour que son cauchemar soit communicatif et empathique), lequel est inséré dans une histoire qui tient plus ou moins la route et menant vers un visage horrifique qui fonctionne car bien préparé et amené. Un trio gagnant couronné par l’atmosphère sinistrement menaçante qui n’est pas sans rappeler par moments (toutes proportions gardées bien sûr), celle déployée par William Friedkin dans son inoubliable L’Exorciste.

Au final, on a parfois l’impression d’avoir déjà vu ça plus d’une fois mais Keith Thomas conjugue bien la mythologie juive et les codes du film d’épouvante moderne pour signer un huis-clos prenant à s’en ronger quelques ongles. Le cinéaste se montre plus d’une fois créatif dans sa mise en scène jouant autant avec le mystérieux du hors-champ qu’avec les jump-scare plus faciles, le plan-séquence, la bande-son ou une photo noiro-verdâtre qui donne au film une identité affirmée. En bref, un bon film d’épouvante efficace à défaut d’être un must. Mais c’est déjà pas mal !

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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