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SCARY STORIES de André Øvredal : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : Scary Stories to tell in the dark
Père : André Ovredal
Date de naissance : 2017
Majorité : 21 août 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h51 / Poids : NC
Genre : Épouvante, Horreur

Livret de famille : Zoe Margaret Colletti, Michael Garza, Gabriel Rush…

Signes particuliers : Curieuse sortie pour un mois d’août, la période d’Halloween semblait plus propice.

JUMP-SCARE STORIES

NOTRE AVIS SUR SCARY STORIES

Synopsis : Dans un manoir abandonné, un groupe de jeunes trouve un livre qui raconte des histoires terrifiantes. Mais cette trouvaille n’est pas sans conséquence : la lecture du livre permet à ses effroyables créatures de prendre vie… La petite ville va alors faire face à une vague de morts particulièrement atroces, et chacun devra affronter ses pires peurs pour sauver les habitants et arrêter ce carnage.

En croisant la route de ce Scary Stories, deux noms attireront tout de suite l’attention des amateurs de cinéma de genre. D’un côté, le méga sympathique Guillermo del Toro qui officie au scénario et à la production, et de l’autre, André Øvredal, talentueux cinéaste norvégien qui avait signé l’excellentissime The Troll Hunter en 2011 et plus récemment l’horrifique The Jane Doe Identity. Scary Stories, c’est l’adaptation d’un recueil de nouvelles d’épouvante d’Alvin Schwartz sorti en 1984 et qui a souvent fait parler de lui pour avoir été mainte et mainte fois interdit dans les bibliothèques scolaires britanniques. Guillermo del Toro portait ce projet depuis plus de trois ans déjà, rêvant secrètement de formuler une franchise d’épouvante chapitrée, comme un rendez-vous horrifique façon Les Contes de la Crypte au cinéma. Mais pour cela, encore fallait-il réussir le premier opus…

En soi, Scary Stories n’est pas honteux. Le film d’André Øvredal bénéficie surtout d’un scénario pas loin d’être malin et qui trouve habilement le moyen de compiler plusieurs saynètes horrifiques dans un long-métrage cohérent au fil rouge assez solide pour éviter le piège du mauvais film à sketches. Ici, il est question d’une bande d’ados façon Stranger Things ou Ça (petite ville, ambiance rétro, vélo et talkie walkie) qui pénètrent en douce le soir d’Halloween, dans un vieux manoir abandonné du coin, lequel est réputé hanté par l’esprit d’une fillette jadis cachée par ses parents car malade. Ladite gamine aurait tenu un recueil de petites histoires flippantes qu’elle chuchotait à l’oreille des visiteurs. Si vous entendez une histoire, ce sera la dernière de votre vie clame la légende. On vous le donne en mille, la bande de joyeux larrons va dénicher le bouquin, le lire, et hop les histoires macabres qu’il contient vont bientôt s’enrichir de nouvelles prémonitoires… puisque ce seront les leurs !

Parce que Guillermo del Toro a accompagné le développement du film avec attention et parce qu’Øvredal est tout sauf manchot derrière une caméra, Scary Stories va se rythmer de quelques séquences horrifiques plutôt inspirées et bien foutues. Malheureusement, elles ne suffiront pas à compenser l’amoncellement de maladresses qui va s’immiscer dans les fondations d’une série B rendue branlante et ennuyeuse par ce qu’elle a à proposer. A commencer par sa mécanique horrifique elle-même qui ne va pas chercher à faire dans l’horreur adulte (en même temps on baigne dans une ambiance ado scooby-goonies-gang version épouvante pour public PG-13) mais plutôt à se mouvoir dans les codes de l’horreur adolescente d’aujourd’hui à la mode. Traduction, Scary Stories va se résumer à une interminable enfilade de jump-scare épuisants, jump-scare que l’on voit tous venir d’aussi loin qu’une énième faute de français de Franck Ribéry. Si la confection des scènes d’angoisse est parfois imaginative, leur orchestration va alors s’affaiblir sous le poids d’un procédé employé jusqu’à l’usure voire jusqu’au grotesque. Les rares tentatives d’élaborer une tension et une atmosphère gothique s’en trouvent masquées par le dépit, et par un script qui finit par se perdre dans ses incohérences et raccourcis savoureux. D’autant plus dommage qu’à l’arrivée, on a envie d’aimer cette tentative bien lunée jouant avec la mythologie horrifique de l’enfance, avec ses monstres et ses histoires à faire peur dans le noir. De même que l’on a envie de souligner le cœur mis à l’ouvrage, la passion pour le cinéma de genre eighties, la délicieuse ambiance macabre distillée autour d’une approche poético-onirique. Mais les élans de créativité dans l’écriture ou dans la mise en scène sont intermittents et ne vont jamais complètement au bout de leurs idées. Reste l’impression d’une semi-réussite ou d’un semi-échec, selon que l’on préfère voir le verre à moitié vide ou à moitié plein.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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