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LE VOYAGE DU DR DOLITTLE de Stephen Gaghan : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Dolittle
Père : Stephen Gaghan
Date de naissance : 2019
Majorité : 5 février 2020
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h42 / Poids : NC
Genre : Aventure, Comédie

Livret de famille : Robert Downey Jr., Antonio Banderas, Michael Sheen…

Signes particuliers : Alerte, accident industriel. Alerte, accident industriel. Alerte…

UN VOYAGE… PUIS UN NAUFRAGE

NOTRE AVIS SUR LE VOYAGE DU DR DOLITTLE

Synopsis : Après la perte de sa femme sept ans plus tôt, l’excentrique Dr. John Dolittle, célèbre docteur et vétérinaire de l’Angleterre de la Reine Victoria s’isole derrière les murs de son manoir, avec pour seule compagnie sa ménagerie d’animaux exotiques. Mais quand la jeune Reine tombe gravement malade, Dr. Dolittle, d’abord réticent, se voit forcé de lever les voiles vers une île mythique dans une épique aventure à la recherche d’un remède à la maladie. Alors qu’il rencontre d’anciens rivaux et découvre d’étranges créatures, ce périple va l’amener à retrouver son brillant esprit et son courage. Au cours de sa quête, le docteur est rejoint par un jeune apprenti et une joyeuse troupe d’amis animaux, dont un gorille anxieux, un canard enthousiaste mais têtu, un duo chamailleur entre une autruche cynique et un joyeux ours polaire, et enfin un perroquet entêté, le plus fiable conseiller et confident de Dolittle. 

Véritable bouillon qui a fondu comme un cube Maggi dans une casserole d’eau chaude lors de son arrivée en grande pompe sur le box-office américain, Le Voyage du Dr Dolittle a couté une fortune (180 patates hors frais marketing) et s’annonce d’ores et déjà comme l’un des premiers gros fours de 2020. Dur pour Universal qui avait déjà terminé l’année passée avec le drapeau en berne devant l’échec XXL de la comédie musicale Cats. Pourtant, avec un personnage bien connu issu de la littérature jeunesse, un côté comédie d’aventure familiale, le populaire Robert Downey Jr en vedette et un super casting vocal pour l’accompagner, tout était réuni pour espérer casser la baraque. Mais la mayonnaise n’a pas prise et le bouche-à-oreille ne devrait pas aider. Car avouons-le, le film de Stephen Gaghan (Syriana, Gold) est une énorme catastrophe errant entre l’affligeant et l’embarrassant.

Dire que tout est raté dans cette nouvelle adaptation des aventures du célèbre docteur capable de parler avec les animaux est un euphémisme. Les mignardises vintage avec Eddie Murphy ou Rex Harrison n’étaient déjà pas franchement brillantes (euphémisme encore) mais là, on touche vraiment le fond. Un peu plus et du pétrole risque de jaillir. L’idée d’avoir voulu traîner le film du côté de la grande aventure familiale trépidante façon Disney n’était pas mauvaise en soi, et aurait même pu équilibrer le côté kitsch du postulat d’un film où un ornithologue british cause avec des animaux numériques. Malheureusement, la magie visuelle de l’aventure va vite prendre l’eau. Parce que ce Voyage du Dr Dolittle est honteusement en roue libre, jamais écrit, à peine mis en scène, pas loin du passe-plat fonctionnel frappé d’ennui par son déroulé mécanique. Les scènes s’enchaînent sans cohérence ni fluidité, aucune âme ou magie n’habite la morne frénésie de la chose, et même Robert Downey Jr cabotine l’air vitreux en ayant l’air d’en avoir strictement rien à cirer de rien (Jim Carrey à sa grande époque aurait pu être tellement génial dans le rôle).

Visuellement loin d’être abouti (décidément, euphémisme encore), Le Voyage du Dr Dolittle reste sans cesse cantonné au strict minimum syndical sans effort, sans inspiration, sans folie ni excentricité. On l’espérait au moins drôle mais il n’est que gêne ultime. A moins d’avoir envie de voir Robert Downey Jr se faire péter à la figure par un dragon constipé qui a une cornemuse coincée dans le cul (sic – mais véridique), il ne reste qu’une chose à faire pour sauver les meubles : fuir dans la direction opposée. Parions que d’ici quelques années, cet accident industriel pourrait même devenir un « nanar culte » de la filmographie de son glorieux comédien vedette. Bon sinon, rien à voir, mais si Robert Downey Jr devient Dr Dolittle, est-ce qu’Eddy Murphy peut devenir Iron Man ?

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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