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LA MULE de Clint Eastwood : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : The Mule
Père : Clint Eastwood
Date de naissance : 2018
Majorité : 23 janvier 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h36 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne, Dianne Wiest, Michael Pena, Andy Garcia, Taissa Farmiga…

Signes particuliers : Pas un grand Eastwood.

EASTWOOD FAIT DE LA RÉSISTANCE

LA CRITIQUE DE LA MULE

Synopsis : À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d’être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s’est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain. Extrêmement performant, il transporte des cargaisons de plus en plus importantes. Ce qui pousse les chefs du cartel, toujours méfiants, à lui imposer un « supérieur » chargé de le surveiller. Mais ils ne sont pas les seuls à s’intéresser à lui : l’agent de la DEA Colin Bates est plus qu’intrigué par cette nouvelle « mule ». Entre la police, les hommes de main du cartel et les fantômes du passé menaçant de le rattraper, Earl est désormais lancé dans une vertigineuse course contre la montre…   A 88 ans, Clint Eastwood retente le pari d’être devant et derrière la caméra, ce qu’il n’avait plus fait depuis Gran Torino il y a dix ans. Avec La Mule, l’acteur-réalisateur s’est inspirée de l’histoire vraie de Léo Sharp, un vétéran devenu horticulteur qui, en proie à des problèmes financiers, s’est reconverti en passeur de drogue pour le compte d’un puissant cartel mexicain.

Les valeurs du Travail, de la Famille et de la Patrie. Pas de doute, on est bien chez Clint Eastwood, cinéaste réac devant l’éternel qui jouit toujours de ce double niveau de lecture qui plaît autant à la gauche européenne qu’à la droite américaine. Car en se saisissant de cette histoire authentique, Clint Eastwood signe un film qui semble autant égratigner un système américain impitoyable, qu’adouber les idéaux nauséabond d’un Donald Trump avec son fameux « mur » barrant la route de l’Amérique pour les immigrés du sud. Mais au-delà de ce que l’on pourra penser et voir dans le sous-texte du film, c’est surtout la petite faiblesse de l’entreprise qui est triste à voir. Eastwood est sur le déclin depuis quelques années et si American Sniper avait été un fabuleux sursaut plus intéressant et nuancé qu’il n’en avait l’air, ses dernières réalisations n’avaient plus la force des Million Dollars Baby, Mystic River et Gran Torino. Ce qui manque vraiment ici et qui sauvait ses films aux yeux même de ses détracteurs, c’était l’émotion qu’il parvenait à insuffler dans des films bien bâtis et bien contés. Et c’est cette émotion qui manque un peu à La Mule, nouveau Eastwood mineur pour ne pas dire un tantinet fade. Un nouveau Eastwood qui n’ennuie jamais pas plus qu’il n’épate vraiment ou prend aux tripes.

Dans le détail, La Mule souffre d’une histoire pas toujours bien écrite et parfois tenue par des ficelles grossières, et d’une absence de propos qui émergerait d’un film dont on ne sait pas vraiment ce qu’il cherche à exprimer. Un constat d’autant plus regrettable que Clint Eastwood avait des thématiques évidentes sous le nez, comme le sort réservé aux anciens qui peinent à joindre les deux bouts et sont obligés de cravacher comme des galériens pour s’en sortir dans une Amérique déliquescente. Mais non, Eastwood passe complètement à côté ou choisit de l’ignorer volontairement, comme s’il n’avait plus la niaque pour dénoncer mais seulement un vieux reste d’énergie suffisant pour emballer un petit film gentiment plat et inoffensif, mais que son seul talent de conteur ne suffit pas forcément à porter. Fort d’une carrière monstrueuse, Clint Eastwood n’a plus rien à prouver et avec La Mule, on sent qu’il ne s’embarrasse pas à le faire. Ce dernier effort est ramené à un strict minimalisme formel et narratif. Certains y verront le génie d’un auteur qui a atteint la pureté absolue de son art, d’autre une pointe de paresse de la part d’une légende fatiguée. Solide sur ses jambes, La Mule est un effort convaincant mais loin des grands Eastwood d’antan.


BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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