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LA MAIN de Danny & Michael Philippou : la critique du film

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Nom : Talk To Me
Pères : Danny PhilippouMichael Philippou
Date de naissance : 2023
Majorité : 26 juillet 2023
Type : sortie en salles
Nationalité : Australie
Taille : 1h35 / Poids : NC
Genre : Horreur, Epouvante

Livret de Famille : Sophie WildeAlexandra JensenJoe Bird

Signes particuliers : Terrifiant ! 

Synopsis : Lorsqu’un groupe d’amis découvre comment conjurer les esprits à l’aide d’une mystérieuse main hantée, ils deviennent accros à ce nouveau frisson, et l’expérience fait le tour des réseaux sociaux. Une seule règle à respecter : ils ne doivent pas tenir la main plus de 90 secondes. Lorsque l’un d’entre eux l’enfreint, ils vont être rattrapés par les esprits, les obligeant à choisir : à qui se fier, aux morts ou aux vivants ?

PARLE A MA MAIN !

NOTRE AVIS SUR LA MAIN

Rares aujourd’hui sont les films de genre qui peuvent être vendus sur le nom du studio qui les produit. Il y a Jason Blum et ses daubes en série et il y a A24. Le studio indépendant américain implanté dans le cinéma depuis 2012 s’est fait un nom en produisant quelques réussites prisées de la presse (Spring Breakers ou Moonlight) avant de se forger une bonne réputation dans le cinéma d’épouvante grâce aux films d’Ari Aster (Hérédité, Midsommar) ou de Robert Eggers (The Witch, The Lighthouse). Avec La Main, premier long des frangins australiens Danny et Michael Philippou, A24 sort un peu des sentiers de l’horreur d’auteur pour empiéter sur les plates-bandes de Blumhouse justement, avec un roller coaster d’épouvante moins ambitieux dans l’approche et plus divertissant. A la différence près que La Main est nettement plus terrifiant que la grande majorité des productions bêtes et insipides de l’écurie Blumhouse.

On n’ira pas jusqu’à crier au génie en voyant La Main. La construction, les coutures narratives, les effets ou motifs horrifiques, rien n’est de nature à révolutionner le genre. Un groupe d’amis organise des soirées à frisson dans lesquelles ils jouent avec une main hantée permettant de communiquer avec les morts. Jusqu’au jour où ça dérape par abus et que la frontière définie entre les deux mondes est brouillée.

Dans le flux constant de films d’épouvante destinés à faire frissonner les spectateurs des salles obscures, rares sont ceux qui parviennent à réellement sortir la tête du sac pour s’imposer au-dessus de la mêlée. Trop fade, trop plat, trop quelconque, trop aseptisé, les reproches sont bien souvent les mêmes à l’encontre de ces productions à la chaîne la plupart très éloignées du mot « terreur ». Mais sans être surprenant dans sa méthodologie, La Main a au moins le mérite de réussir à générer de l’angoisse. Il le doit d’une part à l’univers qu’il crée et respecte, et d’autre part à sa redoutable efficacité porteuse de bonnes séquences horrifiques prenantes et stressantes. Premier bon point, les frères Philippou ont fait l’effort (devenu rarissime) d’écrire de vrais personnages, pas seulement des fonctions errant dans le paysage horrifique imaginé. Vecteurs de l’immersion, leurs histoires personnelles sont approchées avec un vrai regard de drame, ce qui offre plus de consistance à l’ensemble et un socle solide sur lequel poser ensuite les fondations d’un pur édifice horrifique. Évidemment, on sent bien que le point de départ a été l’idée horrifique et que le drame a été tricoté autour du concept à sensation (et non l’inverse). Mais néanmoins l’ensemble fonctionne avec harmonie et efficacité. On est autant pris par la trajectoire des personnages que par l’épouvante angoissante qui va les relier, et une petite ribambelle de scènes bien flippantes viennent faire l’effet d’électrochocs réguliers histoire de secouer tout ça. En bref, La Main donne à l’écran ce qu’il vend sur le papier : de la trouille. Pas mal et de quoi le positionner d’emblée au-dessus de la mélasse actuelle incapable de surprendre et de procurer le moindre chatouillement de peur.

Par Nicolas Rieux

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