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EMA de Pablo Larrain : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : Ema
Père : Pablo Larrain
Date de naissance : 2019
Majorité : 02 septembre 2020
Type : sortie en salles
Nationalité : Chili
Taille : 1h42 / Poids : NC
Genre : Drame

 

Livret de famille : Mariana Di Girólamo, Gael García Bernal, Paola Giannini…

Signes particuliers : Pablo Larrain déçoit.

 

 

UNE TRANSE CINÉMATO-TRAGIQUE

NOTRE AVIS SUR EMA

Synopsis : Ema, jeune danseuse mariée à un chorégraphe de renom, est hantée par les conséquences d’une adoption qui a mal tourné. Elle décide de transformer sa vie. 

C’est l’un des metteurs en scène les plus passionnants de la génération actuelle. Depuis une quinzaine d’années, le chilien Pablo Larrain n’a de cesse de se constituer une filmographie à la fois très personnelle et follement enivrante. De Santiago 73, Post-Mortem à Jackie en passant par No, El Club ou Neruda, le cinéaste multiplie les coups de maître avec un style caractérisé par une audace fascinante. Ema est son huitième long-métrage. Présenté en compétition officielle à Venise l’année dernière, ce drame aux allures de transe viscérale s’attache aux tourments d’une danseuse (Mariana di Girolamo) mariée à un chorégraphe renommé (Gael Garcia Bernal), hantée par les conséquences d’une adoption qui s’est mal terminée.

Avec Ema, Pablo Larrain essaie de reproduire ce qui a toujours caractérisé son cinéma à savoir une volonté quasi-maladive d’enfermer le spectateur dans une expérience viscérale qui prend aux tripes. Mais encore, on pourrait dire cette fois que le cinéaste va même plus loin qu’à l’accoutumée puisque tout participe dans Ema, à rendre le film escarpé, charnel, hypnotique, le chaos des personnages se transformant en un chaos artistique que Larrain maîtrise à la force de son indéniable talent artistique. Dans Ema, le concret entre en collision avec le figuré, produisant une sorte de flamboyance enflammée remuant la douleur, la colère, l’amertume et la violence contenues des protagonistes. Mais la particularité osée voire radicale du film, est que ces émotions sont attribuées à des personnages indéfendables ou presque. C’est peut-être ce qui surprend et fascine le plus dans cette expérience tragique profondément gonflée. C’est aussi la limite d’un film qui, de fait, peine à nous attacher comme il se devrait à leurs trajectoires émotionnelles. On n’en dira guère plus pour préserver la découverte de ces « anti-héros » mais force est de constater qu’une fois de plus, Pablo Larrain ne fait rien comme tout le monde. Et c’est ce qui achève de rendre son cinéma toujours aussi intéressant.

Malheureusement cette fois, les limites du film vont lui coûter beaucoup. Le problème avec Ema, c’est que l’on a du mal à saisir ce que Pablo Larrain veut nous raconter en fond de son odyssée intimiste visuellement sublime. A moins d’y voir justement un geste volontaire, celui d’un cinéaste qui présente une situation sans prendre parti sur sa moralité, laissant au spectateur le choix d’en faire ce qu’il voudra, le choix du regard qu’il portera. Ambitieux encore une fois mais aussi périlleux car sur le chemin (de croix ?) qui nous mène d’un bout à l’autre du film, Ema traverse des zones de turbulences ponctuées d’instants de grâce. Le brio d’une séquence peut laisser place à l’agacement d’une autre, avec au final une sensation de frustration face à un film qui laisse perplexe, entre immense maîtrise ou erreur de croire qu’il l’est à tort, piégé par une fausse impression de brouillon parfaitement tenu, ou du moins qu’il le croit encore.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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