WILD HORSE NINE de Martin McDonagh : la critique du film

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Nom : Wild Horse Nine
Père : Martin McDonagh
Date de naissance : 04 novembre 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : Angleterre, Chili, USA
Taille : 1h58 / Poids : NC
Genre : Thriller, Comédie dramatique

Livret de Famille : Sam Rockwell, John Malkovich, Steve Buscemi…

Signes particuliers : Pas le meilleur Martin McDonagh.

Synopsis : Peu avant le coup d’État chilien de 1973, deux agents de la CIA, Chris et Lee, sont envoyés de Santiago vers l’île de Pâques par leur supérieur, MJ. Au milieu des statues emblématiques de l’île, tandis que ces partenaires de longue date sont confrontés à leur sombre passé et aux complots en cours, Chris noue une relation avec deux étudiantes rebelles qui menace de faire basculer dans le chaos leur séjour dans ce paradis isolé…

 

ILE DE PÂQUES, NID D’ESPIONS

NOTRE AVIS SUR WILD HORSE NINE

Martin McDonagh, un cinéaste que l’on a l’impression de connaître depuis toujours… alors qu’il n’a pourtant fait que quatre films ! Bons Baisers de Bruges, Sept Psychopathes, l’oscarisé Three Billboards et Les Banshees d’Inisherin. Quatre, le compte est bon. Il est même très très bon tant la courte filmographie est quasi admirable. Et quatre ans après le crépusculaire Inisherin, McDonagh signe sa manita avec Wild Horse Nine, son cinquième long-métrage.

Après l’île (fictive) d’Inisherin, le cinéaste prend la direction d’une autre île, bien réelle cette fois, l’île de Pâques en Polynésie. Un cadre curieux, presque mystérieux, pour une sorte de buddy movie permettant à McDonagh d’évoluer dans le registre qu’on lui connaît. Duo de personnages, humour noir, atmosphère de douce mélancolie et réflexion existentielle se partagent le gâteau de cette savoureuse virée emmenée par un tandem complice, John Malkovich et Sam Rockwell.

Présenté à la dernière Mostra de Venise (avec à la clé une Coupe Volpi du Meilleur Acteur pour Malkovich), Wild Horse Nine suit le périple deux agents de la CIA envoyés sur l’île de Pâques en plein contexte de trouble politique au Chili. Vétéran du duo, Chris Carlisle est atteint d’un cancer en phase terminale et souhaite profiter de ce séjour pour enregistrer ses mémoires d’espion. Des documents sensibles que son acolyte, Lee Chesterfield, a pour ordre de récupérer afin que ne fuitent pas quelques secrets compromettants.

Et Martin McDonagh fait du pur Martin McDonagh avec cette nouvelle proposition qui ravira les amateurs de son style si singulier. Le réalisateur réunit tous les ingrédients qui font le sel de son cinéma et signe une tragi-comédie à la fois drôlement mordante dans son humour noir et profondément émouvante grâce à ses personnages truculents, engoncés dans une sorte de crise introspective et existentielle. Le tout bordé par une ambiance de thriller politique alimenté par une drôlerie épinglant le cynisme du gouvernement américain et son rôle dans la crise politique chilienne qui a vu le pays basculer dans un régime totalitaire. L’enjeu de Wild Horse Nine va être de tenir l’équilibre de tout cela, de conjuguer adroitement l’humour, le drame, le thriller. C’est peut-être là où le film est un poil en-deçà des derniers McDonagh. Wild Horse Nine réussit son mariage mais tient un peu moins la rythmique de son récit, souffrant de quelques longueurs et répétitions. Les éclats de rire réguliers permettent de tenir bon dans les creux, le jeu des comédiens magnifie la fable, l’ambiance douce-amère séduit, mais de manière générale, on a surtout l’impression de voir le cinéaste répéter une recette, qu’il maîtrise certes, mais qui commence à s’émousser à force d’être rejouée. À hauteur de sa propre filmographie, Wild Horse Nine paraît réciter une formule très (trop ?) proche de In Bruges ou Les Banshees d’Inisherin, là où un Three Billboards proposait quelque chose d’un peu différent. Néanmoins, ça ne manque pas de charme. On appelle ça la touche McDonagh.

 

Par Nicolas Rieux

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