GODZILLA MINUS ZERO de Takashi Yamazaki : la critique du film

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Nom : Godzilla Minus One
Père : Takashi Yamazaki
Date de naissance : 04 novembre 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : Japon
Taille : 2h15 / Poids : NC
Genre : Fantastique, Action

Livret de Famille : Ryûnosuke Kamiki, Minami Hamabe, Yamada Yuki…

Signes particuliers : Inférieur au premier mais impressionnant quand même !

Synopsis : Japon après la Seconde Guerre mondiale, Shikishima Koichi, un ancien pilote kamikaze survit à une rencontre avec Godzilla et souffre de symptômes de stress post-traumatique. Lorsque la créature réapparaît des années plus tard, un groupe de soldats et de vétérans doit s’unir pour vaincre le monstre avant qu’il ne puisse détruire le Japon.

C’EST QUI LE BOSS ?

NOTRE AVIS SUR GODZILLA MINUS ZERO

Il y en a qui remettent l’église au milieu du village comme le dit l’adage, d’autres qui remettent Godzilla au milieu du cinéma. Décembre 2023, alors que l’on n’en pouvait des biduleries américaines monstrueusement nazes (les Godzilla Roi des Monstres ou vs Kong), le Japon sonne la fin de la récré et envoie au front Godzilla Minus One, choc à la fois cinématographique et spectaculaire redorant le blason du célèbre lézard géant. Réalisé par Takashi Yamazaki, Minus One s’était imposé comme le ou à minima l’un des meilleurs blockbusters de l’année. Trois ans plus tard, le même Takashi Yamazaki revient avec Godzilla Minus Zero, la suite directe de son brillant kaiju. Avec des intentions fortes et assumées. Un, garder l’essence et le sel qui ont fait le succès de Minus One. Deux, suite oblige, proposer un spectacle encore plus dément. Trois, respecter l’évolution originelle de la franchise en introduisant de nouveaux monstres. Et pour cette fois, ce sera Ghidorah, sorte de dragon à trois têtes crachant un puissant rayon.

Reprenant plus ou moins là où l’on en était resté, le film démarre dans un Japon qui tente toujours de se relever et d’aller de l’avant après le traumatisme d’Hiroshima et Nagasaki suivi du passage ravageur de Godzilla, lequel a finalement été vaincu. Mais une nouvelle menace apparaît dans le ciel nippon, Ghidorah, un nouveau monstre tout aussi destructeur que son prédécesseur.

Gourmand que l’on est, on en redemandait après le fantastique Minus One. Et si possible, une suite du même acabit, aussi folle visuellement, aussi bonne narrativement, aussi intelligente artistiquement. Et c’est à peu de choses près ce que Yamazaki s’efforce de nous servir. Minus Zero présente les mêmes qualités et les mêmes petites défaillances que Minus One, à la différence que les unes comme les autres sont amplifiées par le fait que cette suite cherche à copier l’idée du premier en maximisant tous ses ingrédients pour paraître plus XXL. Concrètement, en tout point, Minus Zero s’applique à être « plus » que son aîné. Suite oblige disait-on. À ses risques et périls par contre, car si l’idée de pousser les potards fonctionne sur certains points, elle ne fonctionne pas toujours et dessert parfois le film et l’esprit tant apprécié précédemment.

Que retient-on in finé de Minus One ? C’était une tuerie formelle, la mise en scène était folle, c’était un poil long mais tout de même bien écrit et surtout très bien équilibré, le film était intelligent dans son articulation entre regard historique et propos moderne, et il parvenait à faire jaillir de l’émotion au milieu du chaos généré par un spectacle dément.

Minus Zero maintenant. Voir plus grand sans pour autant avoir les yeux plus gros que le ventre, tel était le pari. Cette suite est effectivement encore plus spectaculaire, encore plus belle formellement, encore plus intense dans ses scènes d’action, encore plus étoffée dans son regard sur l’histoire du Japon d’après-guerre… mais elle est aussi moins bien équilibrée, un peu moins bien écrite, et les petites longueurs d’avant cèdent place à des longueurs bien plus pesantes qui impactent davantage le rythme. À cela s’ajoute des personnages rendus plus fades car noyés dans la débauche de spectacle, des dialogues plus répétitifs, des comédiens qui surjouent atrocement, et la quête d’émotion est si forcée qu’elle en devient plus grotesque que poignante.

Au fond, tout pointe vers le même défaut général, Minus Zero pèche dans l’équilibre de sa structure globale, l’une des principales qualités de son aîné pourtant. La volonté (certes hyper-généreuse) d’en foutre encore plus plein la vue rend par exemple moins marquants ses morceaux de bravoure, là où le premier film jouait avec un savant sens du dosage quasi anti-hollywoodien. Sur Minus One, la gestion des apparitions de Godzilla n’était pas pensée en terme de quantité mais de qualité. Sur Minus Zero, entre Guidorah et Godzilla, on a l’impression que Yamazaki s’est lancé dans une course plus effrénée à l’action-spectacle, quitte à perdre une partie de l’âme de Minus One dans cette approche de la surenchère plus classique répondant de trop aux diktats d’un sequel. Bilan, Minus Zero échoue à surclasser son aîné. Mais il n’échoue pas en revanche à être un chouette film. Car fort heureusement, Yamazaki parvient à nous tenir encore une fois grâce à un lot de scènes toujours aussi impressionnantes de virtuosité. Visuellement, on ressort de là bouche bée, et même si l’on soupire poliment dans les scènes dramatiques trop étirée, l’ensemble est quand même au-dessus de la majorité des productions-spectacles américaines par exemple.

 

 

Par Nicolas Rieux

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