TRAQUE À BOSTON de Peter Berg : la critique du film
Sortie cinéma

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note 4 -5
Carte d’identité :
Nom : Patriot Day
Père : Peter Berg
Date de naissance : 2017
Majorité : 08 mars 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h10 / Poids : NC
Genre : Drame, Thriller

Livret de famille : Mark Wahlberg, Kevin Bacon, John Goodman, J.K. Simmons, Michelle Monaghan, Alex Wolff, Themo Melikidze…

Signes particuliers : Le récit des attentats de Boston en 2013. Intense, percutant et digne.

AU COEUR DES TRAGIQUES ATTENTATS DE BOSTON

LA CRITIQUE DE TRAQUE À BOSTON

Résumé : Alors que la ville de Boston est sous le choc de multiples explosions, le sergent de police Tommy Saunders rejoint les enquêteurs sur le terrain dans une course contre la montre pour traquer et arrêter les auteurs avant qu’ils ne frappent à nouveau. Croisant les parcours de l’agent spécial Richard Deslauriers, du commissaire Ed Davis, du sergent Jeffrey Pugliese et de l’infirmière Carol Saunders, ce récit sans concession évoque la chasse à l’homme la plus complexe jamais mise en œuvre par la police américaine – et rend un vibrant hommage aux héros du quotidien. 

Der Dienst beim Boston Marathon scheint für Sgt. Tommy Saunders (Mark Wahlberg) auch dieses Jahr ein ruhiger Routinetag zu werden.

C’est une association qui marche et qui fonctionne même à plein régime. Alors que le très efficace Deepwater Horizon est sorti sur les écrans il y a même pas six mois, le cinéaste Peter Berg retrouve déjà Mark Wahlberg, pour une troisième collaboration consécutive (l’excellent Du sang et des Larmes avait été la première), une fois de plus centrée sur une terrible histoire vraie. Traque à Boston remonte le temps de quelques années et revient sur les dramatiques attentats qui ont endeuillé la ville côtière américaine il y a quatre ans, le jour de son célèbre et très prisé marathon. Le 15 avril 2013, Djokhar et Tamerlan Tsarnaïev, deux frères d’origine tchétchène, ont fait exploser deux bombes à quelques secondes d’intervalles, non loin de la ligne d’arrivée de la manifestation sportive. S’en était suivi une cavale sur plusieurs jours, alors que toutes les forces de l’ordre étaient mobilisées pour traquer les deux assassins. A noter que Traque à Boston est le premier des deux films consacrés aux attentats bostoniens, en attendant le futur Stronger, réalisé par David Gordon Green, avec Jake Gyllenhaal.

Dank der Unterstützung von Sgt. Tommy Saunders (Mark Wahlberg, Mitte) gelingt es dem Team um FBI Special Agent Richard DesLauriers (Kevin Bacon, rechts) und Commissioner Ed Davis (John Goodman, links) die Attentäter auf Videoaufzeichnungen ausfindig zu machen.

Traque à Boston était un projet casse-gueule, du genre qui aurait pu facilement sombrer dans la grandiloquence américaniste, empêtré dans un arrivisme nauséabond et un patriotisme exacerbé. Une crainte encore plus justifiée si l’on s’en référait à son titre original, Patriots Day. Mais Peter Berg est le genre de cinéaste capable de changer la donne, capable de glisser quelques relents de patriotisme mais de manière subtile, tout en privilégiant une certaine universalité du propos, couplée à un regard juste, ni trop ni pas assez. Avec Traque à Boston, le cinéaste insiste avant tout, sur les ressentis, sur les zones intimistes qui habitent les entredeux et nourrissent son film entre deux séquences « spectaculaires ». Oui, Traque à Boston met à l’honneur, les modestes héros qui ont combattu le mal en ce mois d’avril 2013, qui se sont battus pour rendre justice à une Amérique, une nouvelle fois attaquée dans son cœur et dans son âme. Oui, il vante surtout l’idée qu’en travaillant tous ensemble, main dans la main, les bostoniens ont su battre le diabolisme qui venait de les attaquer. Mais Peter Berg, aidé par un scénario bien ciselé et par impeccable Mark Wahlberg, lui le bostonien de naissance particulièrement touché par ces actes de barbarie, a su faire preuve de la retenue nécessaire à l’équilibre de son film.

Wie so viele Bostoner können Carol (Michelle Monaghan) und Sgt. Tommy Saunders (Mark Wahlberg) das Geschehene später kaum fassen.

Sur la forme, chaque scène, chaque plan de Traque à Boston ne manque pas de rappeler les fondements du cinéma de Peter Berg. Une caméra qui n’hésite pas à aller chercher ses personnages, à les filmer au plus près, caméra à l’épaule, avec cette éternelle utilisation d’une petite musique aérienne, pour mieux faire ressortir et illustrer les émotions. Comme dans nombre de ses films ou sa série Friday Night Lights. Ici, il s’agit de montrer comment l’horreur a frappé une ville, comment ses habitants ont pris frontalement la géopolitique mondiale en pleine figure, un jour de fête. Comment ses forces de l’ordre se sont senties dépassées par cette brutale irruption du terrorisme, avant de s’unir, avec l’aide de tous les habitants, pour réagir. Mais surtout, Traque à Boston prend de la hauteur par sa propension à humaniser chacune de ses séquences, pour mieux faire partager son universalité relative à l’expérience de l’angoisse palpable face à un danger qui peut venir de n’importe où. Ce que l’on retient au final du film de Peter Berg, c’est bel et bien ce sentiment d’impuissance face à cette nouvelle forme de guérilla insidieuse, et ce sentiment de puissance qui naît ensuite de l’union sacrée. Par le truchement des nombreux personnages suivis, même si celui de l’officier de police incarné par Wahlberg demeure le fil rouge, Peter Berg nous plonge au cœur de cette nouvelle terreur moderne à laquelle on doit tous faire face, et signe un film à la fois stressant, tragique, dynamique et porteur d’espoir.

Für Sergeant Jeffrey Pugliese (J.K. Simmons) ist es eine Frage der Ehre, die Attentäter auch unter Einsatz seines Lebens zu stellen

On pourra toujours s’interroger sur le besoin de faire un film sur des évènements déjà largement traités et commentés par les médias. Chacun aura sa propre opinion sur la question, mais Traque à Boston a en tout cas le mérite d’être une illustration très dense du fléau du terrorisme, sous pas mal de facettes. Si le cinéaste a opté pour le parti pris d’éviter de s’embourber dans une analyse des motivations des deux terroristes pour mieux se concentrer sur le vécu des bostoniens (certains auront tout à fait le droit de le lui reprocher), Traque à Boston n’en est pas moins un film qui secoue en profondeur, dans lequel tension, émotion et dignité sont les trois maîtres-mots qui soutiennent l’entreprise de Peter Berg, toujours aussi efficace et pertinent dès lors qu’il embrasse des sujets et causes importantes, qu’il met ensuite en images avec sa redoutable capacité à projeter l’humain au devant de ses histoires, et à transmettre de l’empathie. Traque à Boston n’est sans doute pas un chef-d’œuvre, loin de là, mais il remue un spectateur plongé dans deux heures très immersives, piégé par la solidité du cinéma de Peter Berg.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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