THOR : LE MONDE DES TÉNÈBRES d’Alan Taylor
En salles – critique (action/fantastique)

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21036684_20130906171612077.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre :
note 4
Carte d’identité :
Nom : Thor, The Dark World
Père : Alan Taylor
Livret de famille : Chris Hemsworth (Thor), Natalie Portman (Jane), Tom Hiddleston (Loki), Anthony Hopkins (Odin), Rene Russo (Frigga), Stellan Skarsgård (Selvig), Christopher Eccleston (Malekith), Idris Elba (Heimdall), Adewale Akinnuoye-Agbaje (Algrim), Kat Dennings (Darcy), Jaimie Alexander (Sif), Ray Stevenson (Volstagg), Tadanobu Asano (Hoggun) et des guests surprises…
Date de naissance : 2013
Majorité au : 30 octobre 2013
Nationalité : USA
Taille : 1h52 / Poids : Env. 200 millions $

Signes particuliers (+) : Beaucoup d’humour assez efficace, il faut l’avouer, sauve cette sequel du naufrage absolu en laissant une infime partie émergée.

Signes particuliers (-) : On espérait voir Thor trouver enfin un film à sa (dé)mesure. Malheureusement, cette suite signée Alan Taylor ferait presque passer le premier de Kenneth Branagh pour un chef d’oeuvre du genre. Bruyant, idiot, sans style, sans vision ni saveur, ce second opus roule des mécaniques en balançant une grosse dose d’action massive foutraque, après s’être complètement égaré dans le travail d’écriture. Les défauts viennent alors s’empiler comme des tranches de mille-feuilles dans un gros cake indigeste et ennuyeux, flanqué d’une direction artistique abominable et de comédiens qui n’ont pas l’air d’y croire eux-mêmes en dehors d’Hiddleston. Un vomi spectaculaire décérébré.

 

ON AVAIT THOR D’Y CROIRE !

Résumé : Après les évènements qui ont ravagé New York et vu tous les Avengers s’unir, Thor se bat maintenant pour restaurer l’ordre dans les 9 royaumes alors que son frère Loki, le responsable de ce chaos, est désormais emprisonné à vie. Mais une ancienne race sous les ordres du terrible Malekith, un elfe noir assoiffé de vengeance, revient des ténèbres dans le but de dominer le monde pour y répandre le mal. Sur Terre, Jane Foster, l’amour de Thor, se retrouve malgré elle impliquée après avoir été au contact d’une étrange substance qui la contamine et que Malekith convoite à tout prix. Thor la ramène sur Asgard pour la protéger et va devoir s’allier à son répudié frère, Loki, pour contrer la menace…

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L’INTRO :

L’univers des films Marvel s’enrichit d’un nouveau membre avec la suite des aventures du demi-dieu du lancer de marteau qui pourrait aisément prétendre à la médaille d’or aux prochains J.O., le bien nommé Thor. On attendait beaucoup de cette sequel au film de Kenneth Branagh (2010), qui avait la lourde tâche de remonter le niveau après le semi-échec de son prédécesseur accueilli tièdement, d’autant qu’avec l’embauche d’Alan Taylor à sa tête, le projet s’octroyait un réalisateur talentueux et très en vue depuis son excellent boulot sur des séries acclamées comme Mad Men, Breaking Bad ou Game of Thrones. Un cinéaste doué, des points à corriger clairement identifiables et identifiés, Thor 2 alias Thor : Le Monde des Ténèbres suscitait de grosses attentes tant côté public que côté studio, Disney espérant capitaliser cette fois sur le récent triomphe mondial des Avengers de l’ami Joss Wheddon, dont cette suite vient s’inscrire dans la droite lignée, reprenant guère après les évènements qui ont ravagé New York City et vu tous les super-héros de l’univers Marvel se réunir face au terrible Loki, frère de Thor et déjà super-vilain du premier opus.

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Côté casting, si le costaud Chris Hemsworth reprend du service dans le costume du super-héros divin à la tignasse blonde, il n’en a fallu de peu pour que la belle Natalie Portman ne soit pas de l’aventure. En cause, le débarquement du projet de la réalisatrice Patty Jenkins initialement prévue et recommandée par la miss Portman, suite à des désaccords artistiques avec la production. Coincée par un contrat de longue durée, la comédienne vedette de Black Swan n’a pas eu d’autres choix que de rempiler, d’autant que son rôle a été revu à la hausse question présence, l’une des faiblesses du premier volet qui avait considérablement maltraité ses seconds rôles. Le nouveau chouchou d’Hollywood Tom Hiddelston rempile dans le rôle du charismatique Loki, Anthony Hopkins retrouve la barbe de la sagesse du roi Odin, et les toute la galerie des troisième couteaux répond présent à l’appel, d’Idris Elba à Stellan Skarsgard en passant par Rene Russo, Ray Stevenson, Jaimie Alexander, Tadanobu Asano et consorts. Plus de présence des personnages, plus de décors, plus de Loki, plus de Portman, plus d’action, plus de richesse narrative et plus d’argent aussi (le budget se situerait aux alentours de 200 millions contre 150 pour le premier), Thor : Le Monde des Ténèbres est un film extra-maousse accumulant les « plus-plus » pour matérialiser des intentions de spectacle démesurées. Le téléaste Alan Taylor se devait d’envoyer le bois et d’assurer à la tête de son premier méga-blockbuster. Et nous, on y croyait. Naïvement, peut-être, mais on y croyait.

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L’AVIS :

Saga maudite ou définitivement pas faite pour le cinéma, on commence à sérieusement se poser la question car ce second volet que l’on espérait nettement au-dessus de son prédécesseur, n’est pas un semi-échec mais un échec total, au point de presque faire passer le premier pour un chef d’œuvre du genre. Mais où est donc passé le solide réalisateur des séries télé sus-citées ? Celui dont on pensait qu’il apporterait beaucoup de sa patte et de son savoir-faire question « épique » (c’est l’un des artificiers numéro 1 de Game of Thrones quand même) à la saga ? Peut-être un peu trop débordé par l’ampleur du projet (au point d’avoir dû appeler Wheddon à la rescousse pour une scène dont il n’arrivait pas à se dépêtrer) ou tout simplement pas fait pour le job, Alan Taylor se noie littéralement dans sa tasse qui ne contenait donc pas un doux nectar enivrant mais de la bonne vieille soupe réchauffée. Thor 2 est une purge et pas une des plus élégantes qui soit alors qu’elle avait tout pour mieux réussir, débarrassée des lourdeurs qui handicapaient le volet initial, obligé de composer avec un univers entier à poser (chose souvent compliquée dans une franchise de ce genre) et la préparation du futur Avengers. Des problèmes que n’avait pas le réalisateur qui pouvait donc à la fois se reposer sur le travail accompli par ces deux films qui lui ont labouré le terrain et surtout se concentrer sur son film et lui seul.

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Bourré d’inspirations conscientes ou inconscientes alignées les unes à la suite des autres (Prometheus, Star Wars, John Carter, Game of Thrones, Le Seigneur des Anneaux, Star Trek, voire même le nanardeux Spawn), Thor : Le Monde des Ténèbres est un triste spectacle fade et sans caractère, véritable bouillon tiède et sans saveur qui ressemble plus à une grosse foire bordélique qui s’est oubliée dans l’écriture et qui se contente de proposer un bon gros divertissement pataud, confus et bas du front répétant à plus soif son action non-stop en sombrant progressivement dans un ennui abyssal et mortellement gonflant. Dans ce grille-neurones ambitieux thématiquement et narrativement avec des enjeux dramatiques plus forts (bénéficiant d’un meilleur traitement des difficiles relations familiales tiraillant le personnage), Taylor reproduit le pire du made in Hollywood à travers un blockbuster honteux, bruyant et criard, à la direction artistique plus qu’hasardeuse (voire hideuse), les seuls bons points notables étant un Tom Hiddelston une fois de plus impeccable et assez génial dans son rôle de frère meurtri, une pelletée de références savoureuses, il faut bien l’avouer, au voisin Avengers, une belle brochette de caméo (oui, bon, on fait avec ce qu’on a) et surtout un humour ravageur particulièrement efficace.

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Pour le reste, c’est un néant fourmillant de défauts plus tragiques les uns que les autres, entre un super-méchant irréel d’inexistence caractérisée et une direction d’acteurs proches du désastre (Hemsworth en roue libre se contente d’assurer le boulot, la talentueuse Natalie Portman s’y révèle aussi subtile et expressive qu’un nuggets, comme si elle s’appliquait à bien montrer qu’elle n’avait pas trop envie d’être là), une BO de Brian Tyler particulièrement atroce et quantité de scènes, notamment de romance, pas très loin du risible, filmées avec l’émotion d’un téléfilm fleur bleu de dimanche après-midi pour desperate housewives en manque d’affection… Thor : Le Monde des Ténèbres en vient à ressembler à un gigantesque Rubik’s Cube cinématographique, une grosse démonstration saturée de couleurs, de mouvements et emberlificotée au possible dans un script qui patine avec une terrifiante absence d’idées, doublée d’une totale absence de style et de vision autre que l’efficacité bourrine et simpliste.

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On aurait eu du mal à imaginer pire comme suite aux aventures de Thor que ce gloubi boulga foutraque reposant seulement sur sa mono-accumulation ras la gueule et jusqu’à l’indigestion, de séquences gonflant les muscles pour impressionner et épater la galerie. Thor : Le Monde des Ténèbres n’a pas retenu une leçon pourtant de plus en plus évidente et démontrée en matière de gros cinéma de divertissement : le public devient plus exigeant et réclame un peu de qualité et de tendresse bordel, comme dirait l’autre ! Sans arguments crédibles à avancer pour prétendre à quoique ce soit, ce second Thor boit le calice jusqu’à la lie et Alan Taylor n’a pas su concrétiser la confiance qu’on avait mise à l’intérieur de lui, pour reprendre une célèbre tagline publicitaire. Il nous livre un effort vainement profond dans ses thématiques mais réellement superficiel, sans nuances ni intelligence, avançant seulement avec comme moteur sa fougue d’en mettre plein la vue. La « Phase 2 » de l’univers Marvel préparant le prochain Avengers : Age of Ultron, commence vraiment mal après un Iron Man 3 pas franchement folichon et ce second exercice en-dessous de tout en terme de relief. Dense oui (trop même), et pourtant si creux dans le même temps. Ah, et sinon, avant d’en finir, on est chez Marvel donc pensez bien à rester jusqu’à la traditionnelle séquence post-générique qui participe de préparer la suite du monde marvelien avec une jolie surprise.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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