SEULS de David Moreau : la critique du film
Sortie cinéma

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note 3 -5
Carte d’identité :
Nom : Seuls
Père : David Moreau
Date de naissance : 2016
Majorité : 08 février 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre : Fantastique

Livret de famille : Sofia Lesaffre, Stéphane Bak, Jean-Stan du Pac, Paul Scarfoglio, Kim Lockhart, Thomas Doret…

Signes particuliers : Un film fantastique made in France, qui fait bonne figure.

ILS SONT OÙ LES AUTRES ?

LA CRITIQUE DE SEULS

Résumé : Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu’aujourd’hui, il n’y a personne pour la presser. Où sont ses parents? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu.  Se pensant l’unique survivante d’une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes : Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile… Mais sont-ils vraiment seuls ? seuls_film 2

Il faut toujours une bonne dose de courage et d’inconscience pour s’élancer fièrement dans le vaste no man’s land du cinéma de genre français, zone de combat difficile et périlleuse où les balles critiques fusent souvent bien trop vite au dessus des têtes des quelques téméraires engagés passionnément dans ce combat… malheureusement quasi perdu d’avance. Car plus qu’aucun autre, le cinéma de genre français est souvent victime d’une cabale, imméritée tant il est loin d’être aussi catastrophique qu’on ne veut bien le dire. Au contraire, les réussites sont même nombreuses, mais généralement victimes de la regrettable et stupide équation « C’est français donc c’est pourri« . Une chose est sûre, la chance sourit aux audacieux et les Alexandre Aja, les Maury & Bustillo, les Xavier Gens, les Benjamin Rocher et autre Pascal Laugier ou Éric Valette l’ont prouvé. Autant de metteurs en scène qui ont eu les burnes d’affronter l’impossible, de s’attaquer au cinéma de genre hexagonal, avec l’envie de pondre de bons films de genre made in France, et souvent avec beaucoup d’ambitions. Au milieu du lot, David Moreau, dont on n’a pas oublié l’excellent survival Ils avec Olivia Bonamy.seuls_film 3

Trois ans après sa piètre comédie 20 ans d’écart avec Pierre Niney et Virginie Efira, David Moreau revient au fantastique avec Seuls, adaptation de la célèbre saga de BD éponyme signée Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann. Seuls, ou la belle réussite d’un film fantastique ambitieux, qui plonge un petit groupe d’adolescents au sein d’un cauchemar. Un matin, tous se réveillent dans l’incompréhension : ils sont seuls et livrés à eux-mêmes. Tout le monde a disparu, plus âme qui vive dans une île de France désertée, où seul l’écho de leur voix répond à leurs appels désespérés. Flippant. Le concept d’un réveil brutal dans un monde soudainement vidé de ses habitants n’a rien de nouveau. Rappelons pour l’exemple, les adaptations de Je Suis une Légende, le chef-d’œuvre Le Monde, La Chair et Le Diable, l’horrifique 28 Jours plus tard ou le rigolo Seul Two avec Éric et Ramzy. Avec Seuls, David Moreau s’en empare courageusement et signe une série B qui rappelle, encore une fois, que le cinéma de genre français est capable de bonnes choses, quand on lui donne sa chance, et des moyens.seuls_film

Avec tout son savoir-faire et sa maîtrise des codes du genre, David Moreau surprend avec sa tentative « couillue » dessinant un monde post-apocalyptique terrifiant. Assis sur un solide suspens qui fonctionne à plein régime, Seuls se savoure avec l’humilité qui porte de bout en bout, ses ambitions élevées. Rondement mené, stressant, ménageant bien ses temps forts et ses temps faibles, entre montées d’angoisse, création d’un esprit de cohésion de groupe, action et pointes d’humour, Seuls est une bonne surprise, emmenée par une impeccable distribution, rangée derrière la talentueuse Sofia Lesaffre, dans son premier « premier rôle » au cinéma. Les fans de la bande-dessinée auront sûrement à redire, car comme tout travail d’adaptation, Seuls se voit contraint de retravailler son matériau originel, avec beaucoup de coupes et une substance considérablement allégée. Mais David Moreau s’y prend bien et signe un film de genre haletant, avec ses qualités et ses défauts, mais cherchant sans cesse à tirer le meilleur de ce qu’il tente de proposer. Et à son crédit, on ne manquera pas de souligner sa saisissante mise en images d’une Ile de France désertée, avec une abondance de plans absolument impressionnants.016625.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Alors oui, Seuls n’est pas parfait. De petites longueurs sans gravité, des inspirations très visibles, quelques clichés et facilités scénaristiques, ou encore une fin tellement audacieuse, que sa proposition laisse songeur, entre coup très malin et gestion en demi-teinte (un peu comme le Night Fare de Julien Seri). Mais dans l’ensemble, on pourra tirer un beau coup de chapeau à David Moreau, et à l’ensemble de l’équipe derrière ce Seuls, captivant récit d’une course contre la montre auquel on accroche sans peine. Le cinéaste avait un pari fou, il relève le challenge sans forcément briller, mais avec une honnêteté qui fait plaisir à voir. Clairement désireux d’installer un univers en vue d’une suite, David Moreau risque de devoir lutter contre vents et marée, et Seuls peut d’ores et déjà se préparer à être chahuté par la critique. Nous, on sera là pour l’épauler car au moins, voilà un mec (et un film) qui tente quelque chose, et c’est déjà pas mal en France.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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