PINK FLOYD THE WALL – critique (drame, musical)

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note 8.5
Carte d’identité :
Nom : Pink Floyd The Wall
Pères : Alan Parker
Livret de famille : Bob Gelof (Pink), Christine Hargreaves (mère de Pink), James Laurenson (père de Pink), Eleanor David (femme de Pink), Bob Hoskins (manager), Jenny Wright (groupie), Kevin McKeon (Pink enfant)…
Date de naissance : 1982
Majorité au : 14 juillet 1982 (en salles)
Nationalité : USA, Angleterre
Taille : 1h40 / Poids : 12 millions $

Signes particuliers (+) : Un chef d’oeuvre, drame psychologique musical devenu indissociable de l’album culte qu’il illustre au cinéma par une plongée complexe dans un esprit torturé, brossant au passage de nombreux sujets avec une dureté et une maestria minutieuse impressionnante.

Signes particuliers (-) : Attention, film déroutant.

 

ANOTHER BRICK IN THE WALL OF FAME

Résumé : L’introspection psychologique de Pink, un chanteur de rock tourmenté en pleine déchéance, qui se confronte mentalement aux drames et difficultés de sa vie agitée…

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L’INTRO :

Pink Floyd The Wall est le fruit d’un projet aussi atypique qu’ambitieux, sorte de prolongement presque mégalomane d’une œuvre musicale dantesque signée du non moins mégalomane Roger Waters, leader du groupe de rock progressif culte des Pink Floyd. En 1977, Waters imagine le concept de The Wall, un album complexe traitant de la non-soumission de l’individu à la société aliénante et surtout, de la distance naissante entre son groupe et son public (les prémisses de la dérive personnelle de cet artiste torturé et gêné par la proximité et la folie de la passion des fans, plus dans l’idolâtrie aveuglée que dans l’amour de sa musique), l’idée étant de la matérialiser par un immense mur se construisant progressivement sur scène au fil des chansons dans un show pharaonique et expérimental d’un nouveau genre. Mais Waters n’imagine pas seulement un album et une tournée. Il échafaude également le projet d’un film illustrant sa musique. En 1981, Pink Floyd The Wall est tourné sous la direction d’Alan Parker, brillant cinéaste derrière des succès comme Midnight Express ou Fame. Comme l’album est très passablement autobiographique, Waters envisage dans un premier temps d’y tenir le premier rôle, celui de Pink, un chanteur de rock tourmenté, en proie à la déchéance après avoir sombré dans l’alcool et la drogue et dont on plonge dans la psyché troublée en passant de l’autre côté du mur mental qu’il s’est construit à partir de ses drames et obsessions… Mais Waters finira par céder sa place à Bob Gelof (lui-aussi leader d’un groupe de rock alternatif) dont ce sera l’unique performance cinématographique jusqu’à ce qu’il apparaisse l’année dernière dans Mauvaise Fille de Patrick Mille, et quelle performance mémorable !

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L’AVIS :

Œuvre énigmatique aux nombreuses zones d’ombre qui a été, est toujours et restera à jamais un objet filmique expérimentalo-musical singulier matière à multiples analyses et interprétations, Pink Floyd The Wall est une œuvre conceptuelle, un film psychédélique sans dialogues et entièrement inscrit dans l’interprétation imagée d’une musique envoûtante et férocement dénonciatrice, devenue une référence quasi-indissociable de l’album dont il est tiré. Il est autant impossible de voir le film sans en écouter attentivement sa musique que d’entendre la musique sans en visualiser mentalement les images du film. Cette fusion immatérielle est la preuve de la réussite d’Alan Parker et de Roger Waters (ainsi que toute l’équipe des Pink Floyd et du compositeur Michael Kamen) sur ce projet, qui ont réussi à élever cet essai original au rang de chef d’œuvre du cinéma, de la musique, de l’art en général, couronné au passage, même si cela reste facultatif, d’un étonnant succès commercial (plus de 2 millions d’entrées en France). Etonnant à la vue de sa particularité stylistique déroutante et de sa dureté (le film fut interdit aux moins de 16 ans).

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Monstrueuse et violente illustration complexe d’un album rock culte, fable dure, torturée et poétique bourrée de symbolismes, de références et de sous-lectures, plongeant dans les méandres sinueuses d’un esprit ravagé, aliéné, caché derrière un mur immense (le fameux The Wall) bâtit au fil d’années d’épreuves mentales destructrices, Pink Floyd The Wall est un dramatique délirium psychologique à la double-lecture fascinante. Le « Wall » est-il un mur épais enfermant cet esprit meurtri dans une construction mentale comme une prison de douleur le détenant en captivité dans une arène où il doit faire face à ses propres démons ou est-il un mur construit comme une barrière défensive face au monde dans lequel ce chanteur rock déchu se réfugie ? Deux angles d’approche comme deux perspectives tout aussi passionnantes pour essayer d’appréhender ce magistral essai filmique brossant, à l’image de l’album du groupe, des sujets divers avec comme point de convergence les troubles mentaux d’une construction personnelle confuse. Schizophrénie, mal-être, pression, instabilité, construction de l’enfance chaotique, cruauté du monde adulte, absence de figure paternelle, idéalisation du passé comme protection face au désarroi, manque d’amour, deuil précoce, autodestruction, tentation des abus, drogue et sexe, comme exutoire émotionnel face à une psyché ingérable, douleur de la relation idole à fans, volonté de non-soumission à la société aliénante et formatante… Pink Floyd The Wall est une œuvre dure, poignante, autant qu’elle est déstabilisante. Il n’y a rien pour se raccrocher dans cette expérience unique, film a-linéaire aussi éparpillé que la plongée psychologique dans l’état schizophrène de l’artiste, et par extension de l’homme en général. L’illustration expérimentale d’un esprit malade et ravagé est conduit avec une maîtrise magistrale où chaque choix de plan est le fruit d’une réflexion minutieuse et méthodique tendant vers un tout sinueux et parfois abscons mais en réalité redoutable d’intelligence.

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The Wall le film, met en image l’impressionnant album métaphorique qu’était The Wall le disque, chef d’oeuvre musical et psychanalytique où Waters criait son mal-être, sa déchéance de l’époque, ses angoisses face au statut de l’artiste rock avec une certaine forme d’extrémisme discursif en abordant tout ce qu’il implique au niveau personnel et émotionnel face au public pressurisant (un phénomène qu’il ira jusqu’à le comparer au nazisme). D’un album presque trop personnel, Alan Parker a su tirer une œuvre exceptionnelle d’ampleur artistique (dans le bon sens du terme), une expérience plus qu’un film qui risquera bien d’en laisser pas mal sur le carreau devant sa radicalité introspective et stylistique. Pourtant, c’est bel et bien à un chef d’œuvre d’un genre à part que l’on se retrouve confronté, une odyssée mentale sombre mais animée d’un tel débordement d’idées, qu’une seule vision ne pourra jamais totalement la cerner. Une œuvre immense rendant fièrement à l’écran toute la profondeur et le génie de l’album originel.

Bande-annonce :

Un commentaire à propos de “PINK FLOYD THE WALL – critique (drame, musical)

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