DOUCE NUIT, SANGLANTE NUIT – critique (slasher)

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note 6
Carte d’identité :
Nom : Silent Night, Deadly Night
Pères : Charles E. Sellier Jr.
Livret de famille : Robert Brian Wilson (Billy), Toni Nero (Pamela), Gilmer McCormick (Soeur Margaret), Lilyan Chauvin (mère supérieure), Linnea Quigley (Denise), Britt Leach (Mr Sims), H.E.D. Redford (Capitaine Richards), Danny Wagner (Billy enfant)…
Date de naissance : 1984
Majorité au : inconnue
Nationalité : USA
Taille : 1h16
Poids : 1 million $

Signes particuliers (+) : Un sympathique slasher eighties qui se redécouvre avec nostalgie d’une époque et d’un style. Son originalité est double, la nature du tueur et le fait que l’on suivre son point de vue. Des meurtres efficaces et correctement orchestrés et un ensemble honorable.

Signes particuliers (-) : Réalisé sans génie, le film est un peu trop mécanique et classique et n’est pas forcément le plus sanglant, palpitant et qualitatif du genre.

 

TU AS ÉTÉ SAGE CETTE ANNÉE ?

Résumé : Billy Chapman est un enfant traumatisé par le sauvage meurtre, sous ses yeux alors qu’il n’avait que 8 ans, de ses parents tués par un criminel déguisé en Père Noël. Devenu un jeune homme de 18 ans robuste, il va connaître une nuit de noël mouvementée lorsque son patron du magasin de jouets où il travaille, lui demande d’enfiler le costume du grand-père barbu…

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L’INTRO :

Douce Nuit, Sanglante Nuit appartient à la communauté des classiques de l’histoire du slasher, un pur produit des années 80 par sa narration ou son apparence visuelle qui, sans être un grand film, s’agrippe fermement à sa petite renommée ayant traversé les âges. Réalisé par Charles E. Sellier en 1984 alors que le genre en était à son apogée, le film doit sa notoriété à son boogeyman qui n’en est pas vraiment un puisqu’il s’agit d’un jeune homme traumatisé dans son enfance par un faux père noël meurtrier qui a sauvagement assassiné ses parents sous ses yeux. Devenu adulte, Billy va alors méchamment péter les plombs un soir de noël où, dans le confortable costume rouge et blanc du grand-père cadeaux, va se lancer dans un carnage sanglant à travers la ville. L’idée n’était pas originale puisqu’elle reprenait un célèbre segment des Contes de la Crypte mais croisée avec le genre en vogue dans les eighties, Sellier va accoucher d’une série B horrifique qui s’imposera comme un incontournable qui connaîtra par la suites pas mal de séquelles (un deux en 1987 par Lee Harry, un trois par Monte Hellman en 1989, un quatre par Brian Yuzna en 1990 et enfin un cinq sous la direction de Martin Kitrosser en 1991). Objet d’un récent remake assez éloigné en 2012 signé Steven C. Miller (le pas trop mal Silent Night), Douce Nuit, Sanglante Nuit se redécouvre toujours avec plaisir même s’il est loin d’être un must du genre.

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Devenu depuis producteur pour la télévision, Charles E. Sellier Jr était alors un metteur en novice au talent très très relatif. Il n’avait signé qu’un documentaire et une médiocre comédie (Snowballing) quand il s’attaqua à Douce Nuit, Sanglante Nuit qui sera par ailleurs, son seul succès et son avant-dernier film puisqu’il n’en tournera que trois au total. Contrairement à nombre de ses confrères, le film ne compte aucune grande star sur le retour et le casting est essentiellement composé de nouveaux venus ou de comédiens ayant tourné dans des séries télé dont Robert Brian Wilson qui campe Billy, acteur qui finira du côté de Dynastie et Santa Barbara. Le seul nom ressortant du lot et qui sera peut-être connus de certains aficionados du genre, est celui de l’actrice Leanna Quigley qui deviendra par la suite une petite scream queam très prolixe dans le cinéma de genre et que l’on retrouvera notamment dans Le retour des morts vivants de Dan O’Bannon.

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L’AVIS :

Comme on le disait, Douce Nuit, Sanglante Nuit est un pur produit du slasher eighties, comprenez par là que le film emprunte un chemin ultra-balisé et ne propose que peu d’originalité si ce n’est celle d’adopter le point de vue du tueur, contrairement à la plupart des autres slashers qui généralement, adopte celui d’une victime qui va vivre le cauchemar jusqu’au bout. Sellier se focalise ainsi sur le basculement psychologique de son tueur comme le ferait un préquel tardif revenant « aux origines ». Mais attention, on n’ira pas jusqu’à parler de film d’horreur psychologique car Douce Nuit, Sanglante Nuit reste quand même très ras des pâquerettes. Du coup, ce parti pris donne lieu à un film construit en deux temps. Une première moitié qui se concentre sur l’enfance (marquée par le drame fondateur) puis sur l’introduction de Billy à 18 ans et une seconde qui démarre aux alentours de la quarantième minute, où la croisade meurtrière et sanglante du titre va pouvoir enfin commencer.

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Assez efficace dans son principe, Douce Nuit, Sanglante Nuit est un slasher d’honnête facture qui se défend bien, notamment grâce à des meurtres sympathiques (pas visuellement très gore mais pour certains bien imaginés et orchestrés) et tous les éléments de base du genre, entre sexe et sang (plus des détails du genre les mères supérieures d’orphelinat sont tarées…). On lui reprochera, comme à beaucoup d’autres, sa structure trop mécanique notamment une fois entré dans sa seconde moitié où le film vire un peu à l’œuvre à sketch, alignant une série de situations meurtrières distinctes les unes des autres et qui ne sont là que pour illustrer la marche du tueur vers son objectif final. Toutefois, l’ensemble reste très correct et même s’il n’intéressera aujourd’hui que les passionnés du genre, on notera qu’il n’a pas aussi mal vieilli que certains voisins. Bien entendu, un peu quand même, n’est pas Halloween ou Black Christmas (preuves que l’univers de Noël et les fêtes en général sont un bon prétexte aux folies psychopathes) qui veut.

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Charcuté de plusieurs minutes à sa sortie face au scandale déclenché par sa présentation sanglante d’un personnage mythique de l’innocence de l’enfance qui a choqué les associations parentales réclamant son interdiction (aidées de certains éminents critiques qui n’ont pas hésité à s’en prendre violement à l’équipe du film en direct à la télé), Douce Nuit, Sanglante Nuit fait partie de ces séries B des années 80 que l’on redécouvre donc avec plaisir aujourd’hui, dans un mélange de tendresse nostalgique et de rigolade fun. Son capital sympathie le sauve de ses nombreux défauts et lui permet de se hisser dans le bon panier, celui que l’on retiendra pour constituer une DVDthèque dédiée au slasher. Même si la première moitié connaît un trou question « horreur », le film de Sellier garde un bon rythme et sa très courte durée (environ 1h15) lui permet de ne jamais être vraiment ennuyeux.  Un papa noël cintré, une hache et quelques défouraillages plus tard, on passe un bon moment devant une bonne vieille péloche qui a ses limites mais qui distrait avec une petite pointe d’ironie de temps à autre.

Bande-annonce :

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