MISSIONS : Verdict de la série de science-fiction française à venir sur OCS City
Série télé

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missions_serie_tele Mondo-mètre
note 2.5 -5
Carte d’identité :
Nom : Missions
Père : H. Debeurme, J. Lacombe, A. Cohen
Date de naissance : 2017
Majorité : 1er juin 2017
Type : Diffusion sur OCS City
Nationalité : France
Genre : SF

Livret de famille : Hélène Viviès, Clément Aubert, Mathias Mlekuz, Côme Levin, Jean-Toussaint Bernard, Giorgia Sinicorni, Adrianna Gradziel, Arben Bajraktaraj…

Signes particuliers : Une série de SF française qui ne manque pas de qualités et d’ambitions.

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LA CRITIQUE DE MISSIONS – (série)

Résumé : La première mission habitée vers Mars, financée par un milliardaire philanthrope et l’ESA, est en approche de la planète rouge après 10 mois de voyage. A bord, scientifiques et astronautes de haut niveau et une jeune psy, chargée de superviser la sécurité mentale de cette mission historique. Mais, à quelques heures de lancer la plus attendue procédure d’atterrissage de tous les temps, une autre mission, portée par une gigantesque multinationale de l’informatique et la NASA conjointes et dotée d’un vaisseau à propulsion plasma plus moderne et plus rapide, leur est passé devant avant de perdre le contact. Ceux qui pensaient être les premiers à marcher sur Mars deviennent donc malgré eux une mission de sauvetage de leurs concurrents.missions-serieA défaut d’avoir des moyens comparables aux américains, la production télévisuelle française essaie de compenser avec du talent. Et au milieu des nombreuses fictions alimentaires destinées à vendre du temps de pubs, quelques créations originales s’efforcent d’élever le niveau et de proposer des choses à la fois ambitieuses, intéressantes et valeureuses. A l’exemple de la société Empreinte Digitale, qui se lance courageusement dans un créneau auquel il n’est jamais facile de se confronter : la science-fiction. Créée par Henri Debeurme, Ami Cohen et Julien Lacombe, Missions compte 10 épisodes d’environ 26 minutes chacun, et nous lance sur les traces d’une mission spatiale tentant le voyage vers la mystérieuse Mars, en espérant être le premier équipage à fouler le sol de la planète rouge. Mais sur place, tensions, concurrence, phénomènes étranges et mysticisme vont venir contrecarrer les plans de l’équipée martienne.missions-serie_2D’emblée, on saluera la tentative. Faire de la SF en France n’était pas chose aisée. Faire une série télé de science-fiction, encore moins. Et du haut de leur imagination malgré des moyens limités, le trio à l’origine de Missions s’est bien battu pour se sortir des impasses qui auraient pu condamner leur projet. A l’arrivée, leur mini-série a une certaine allure, des qualités, pas mal de défauts aussi, mais elle est respectable, et c’est déjà pas mal. Première gageure réussie pour Missions, établir une mécanique addictive pour accrocher le spectateur. Passé un pilote pas complètement convaincant et qui révèle tout de suite certains problèmes qui borderont le parcours de la série du premier au dernier épisode, Missions lance réellement son affaire au second et enchaîne plusieurs épisodes au suspens redoutable. Jusqu’au cinquième épisode au moins, la série fonctionne du tonnerre et les bien malins cliffhangers de fin nous contraignent à enchaîner les épisodes sans interruption. Car on veut savoir de quoi il en retourne, on veut avoir le fin mot de l’histoire et comprendre ce qui se cache derrière les nombreux mystères qui s’accumulent sur cette planète Mars qui semble renfermer bien des secrets.missions-serie-3

Pendant toute sa première moitié, Missions est séduisante, captivante, et l’affaire est suffisamment bien huilée pour fonctionner. Les défauts sont nombreux, mais l’arc narratif général parvient à rattraper le coup et à tenir le spectateur en haleine. Les problèmes ? Une direction artistique qui tente avec difficulté de jouer les cache-misères, une crédibilité science-fictionnelle souvent à la ramasse (flirtant parfois avec le grotesque), et enfin des comédiens à la peine, allant du moyen au catastrophique (à l’instar de Côme Gangsterdam Levin). Direction d’acteur en souffrance ou manque de talent des interprètes, toujours est-il que la fausseté permanente du jeu, n’aide pas à pleinement s’immerger dans le récit, qui s’affaire alors à compenser sur la foi de son suspens bien entretenu. Jusqu’à un certain point…Mission-gene-1Car au bout d’un moment, Missions commence à tourner en rond et à avancer plus péniblement. Du cinquième au neuvième épisode, la série devient plus laborieuse, alors qu’elle est obligée de faire avancer son intrigue et de creuser ses mystères. Ce qui était sa force initiale prend ainsi du plomb dans l’aile, d’autant que l’histoire devient fumeuse lorsqu’elle introduit ses touches de mysticisme. La curiosité piquée au vif cède sa place à une certaine lassitude et il faudra attendre la toute fin pour voir l’entreprise relancer un peu son intérêt, lorsque les dernières réponses aux questions tomberont. Malheureusement entre-temps, les défauts évoqués auront fait pas mal de tort. Quand Missions cesse de titiller notre curiosité, ses nombreux manquements jaillissent et font des dégâts. Plus on approche du final, et plus la non-crédibilité risible de l’univers fait sourire, plus les nombreux empreints à tout un tas de classiques de la SF se font ressentir, plus le non-jeu des comédiens perturbe (et amuse tristement), plus les maladresses et les facilités grossières dérangent, et plus la confusion narrative devient pénible. A ce propos, quel dommage d’avoir autant parasité l’intrigue première par quantité de sous-intrigues chiatiques…

Au final ? Au final, on sent beaucoup de bonne volonté et l’espoir de convaincre pour déclencher une saison 2. Pourquoi pas. Missions est une série très imparfaite, lardée de manquements -certains facilement corrigibles, d’autres moins- mais les intentions sont là. Et si l’ensemble n’est pas complètement convaincant dans la maîtrise et d’un point de vue scénaristique, Missions a le mérite de se regarder vite, d’intriguer et de séduire par à-coups.

LES 3 PREMIÈRES MINUTES :

Par Nicolas Rieux

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